S. Vcl, l. c
S. Vel n'a pas remarqué qu'à la Martinique le climat apportât chez les femmes aucune modification dans la quantité du flux menstruel ^ Sans doute^ si Ton observe, chez les Européennes, soumises à l'influence débilitante d'un climat chaud et souvent malarien, une plus grande abondance de l'écoulement menstruel , quelquefois même une véritable métrorrhagie, il faut l'attribuer à Tétat anémique ou peut-être à l'irritation spécifique de l'agent paludéen, à une sorte de dérivation de l'infectieux sur l'organe utérin, comparable à celle qui détermine l'avortement au cours d'une grossesse. Tout organe dont la fonctionnalité est momentanément accrue, et qui devient le siège d'une circulation plus active, semble en eff'et accumuler sur lui l'efibrt principal de l'infectieux mala rien, et traduit, par ses manifestations locales, l'imprégnation subie par l'organisme. 11 n'est pas rare, dans les régions insalubres de l'Afrique occidentale, d'observer des cas de fièvre pernicieuse hémorrhagique ainsi localisée dans l'appareil utérin, et, tout récemment, le docteur Bestion en a rapporté deux exemples". Il est probable qu.e les faits signalés par Blumenbach et peut-être la fièvre éphémère qui accompagné les premières menstruations chez les négresses de Sierra Leone,
J. s. Vel. ï. c, 403. -
2. Bestion, Etude sur le Gabon {Arch, deméd. »ar.,XXXVI,372).
d'après Stormont, ont une origine de cette nature. Dans les climats tempérés, l'âge de la ménopause oscille entre quarante et cinquante ans : il serait plus retardé dans les climats froids, plus avancé au contraire dans les pays chauds. — '- S. Vel n'admet pas cette opinion que la menstruation cesse vers trente-cinq ans dans les pays chauds : aux Antilles, il a vu des femmes réglées au delà de cinquante ans, et il pense que la ménopause s'établit comme dans les pays tempérés *. A Sainte- Lucie, Pugnet a aussi reconnu que la menstruation cessait, chez les femmes, entre quarante et cinquante ans. — Chez la Chinoise^ d'après Morache, la menstruation se prolongerait c jusqu'à quarante ans au plus ». Mais, en Indo-Chine, Mondière a trouvé que l'âge moyen de la ménopause était de quarante-six ans et sept mois pour la Minhuong, de quarante-six pour la Cambodgienne et de quarante-quatre ans et neuf mois pour l'Annamite. — Dans l'Inde, certains légistes disent que la mens truation « cesse après la cinquantième année > ; et Webb cite des exemples de femmes indigènes encore réglées bien au delà de ce terme, à soixante, à soixante-cinq, à soixante-huit et même à quatrevingts ans(?) — Chez les Arabes, rien ne démontre que la femme entre en ménopause dès l'âge de vingt-cinq ou de trente ans. — Ce qui a fait croire
à la suppression prématurée des règles dans quelques races, c'est la précocité de l'apparence sénile chez un grand nombre de femmes. Mais l'apparence sénile n'est pas fatalement corrélative de l'état de ménopause, et, de ce qii'une femme est usée de bonne heure par les fatigues et les privations de toutes sortes, par des grossesses multipliées et consécutives à des unions hâtives, il ne s'ensuit pas qu'elle ne soit plus réglée. Dans l'Inde, où la femme est décrépite à vingt-cinq ans, nous avons vu qu'elle continuait à être réglée jusqu'à un âge très avancé. Il en serait de même chez la femme arabe, si Ton s'en rapporte à certains passages des commentateurs, t Selon le pays et le climat, dit Si Khelil, l'écoulement des menstrues est plus ou moins prolongé. Avant Tâge de cinquante ans, le sang qui s'écoule des parties génitales est sans aucun doute du sang menstruel; à soixante-dix ans, ce sang ne peut plus être menstruel... La femme de soixante ans et au delà est assez âgée pour ne plus devenir enceinte *. »
Dans un grand nombre de pays, principalement dans ceux qui réunissent les conditions des climats chauds ou torrides, l'état menstruel est considéré comme impur, et il impose à la femme des obligations rigoureuses. Elle doit se tenir à