L'auteur suppose que la femme est de haute caste
se laver aucune partie du corps, ni pleurer. Elle doit bien se garder de tuer des insectes ou tout autre être animé. Il lui est interdit de monter à cheval ou sur un éléphant, ou sur un bœuf; d'aller en palanquin, en doly ou en voiture; de se frotter la tête d'huile, de jouer aux dés ni à d'autres jeux; d'user de sandal, de musc ou de parfums d'aucune espèce; de coucher sur un lit ; de dormir le jour; de se frotter les dents et de se laver la bouche. Le désir seul de cohabiter avec son mari serait un péché grave. Elle ne doit penser ni aux dieux, ni au soleil, ni aux sacrifices et aux adorations qui leur sont dûs. Elle est dispensée de saluer les personnes d'un haut rang.
« Si plusieurs femmes qui ont leurs règles se trouvaient réunies dans un même lieu, elles ne doivent pas s'adresser la parole ni se toucher les unes les autres.
« Une femme dans cet état ne peut pas s'approcher même de ses enfants, ni les toucher, ni jouer avec aux.
« Après avoir été ainsi séquestrée pendant trois jours, le quatrième elle quitte les toiles dont elle était revêtue, et on les donne sur-le-champ au blanchisseur pour être mises à la lessive. Elle se couvre ensuite d'une toile propre, en met une seconde par-dessus, et va à la rivière pour se purifier par le bain... »
b. Nubilité et mariage, fécondité et stérilité. —
Si la première apparition des règles marque chez la femme l'aptitude à la conception, elle n'implique pas, chez elle, l'aptitude à la maternité. La maternité comporte en effet des devoirs en rapport avec un développement moral et intellectuel que la femme pubère ne saurait atteindre d'emblée; elle connaît son rôle dans l'acte de la reproduction, bien avant de pouvoir remplir celui de mère, cet acte une fois accompli. 11 ne faut donc pas confondre la nubilité^ c'est-è-dire l'époque où la femme acquiert les facultés nécessaires pour conduire à bonne fin l'élevage d'un premier enfant, avec la puberté, c'est-à-dire l'époque où elle possède simplement le pouvoir de s'unir à l'homme pour procréer. Chez presque tous les peuples, cette confusion a cependant été faite, et même, chez plusieurs, la nubilité, entendue de l'âge consacré par la seule coutume et où la femme est autorisée à s'unir à l'homme, devance l'époque de la puberté ! Nous avons dit que, chez les Hindous, la jeune fille était souvent mariée dès l'enfance, que la loi faisait un devoir aux parents de la livrer à un époux avant l'apparition des premières règles : sans doute, le mari n'approche pas ordinairement de sa femme avant que les menstrues se soient manifestées; mais il le peut faire, cependant, et il use plus d'une fois de cette latitude. Ces rappro-
chements précoces peuvent avoir les conséquences immédiates les plus graves : Webb cite le cas d'une Hindoue mahométane, mariée trop jeune, qui succomba à une hémorrhagie consécutive aux violences %â(temen/ exercées sur elle, dans l'accomplissement des premières copulations; l'autopsie permit de constater la déchirure du périnée et d'une grande étendue du conduit vulvo-vaginal, le développement incomplet de l'utérus et de ses
annexes \
D'après Mondière, les femmes indo-chinoises auraient leur premier enfant : la Chinoise, à dixhuit ans et dix mois; la Minhuong, à vingt ans et neuf mois; l'Annamite, à peu près vers le même âge; la Cambodgienne, à vingt-deux ans et six mois.
Il serait certainement très utile de connaître avec exactitude le degré de fécondité des unions, dans chaque race et sous les divers climats. Mais nous ne pouvons réunir à cet égard que des documents incomplets. Sans doute , l'augmentation progressive d'une population semble corrélative d'une heureuse fécondité dans les mariages. Mais elle peut être la conséquence d'un abaissement de la mortalité par rapport à la natalité, celle-ci se maintenant d'ailleurs au-dessous de ce qu^elle est dans une autre nation, chez laquelle la léthalité