‹ La mère et l'enfant dans les races humainesChapitre 18 sur 107 · L, c,f p. 285f obs · texte numérisé non relu

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est considérable ou chez laquelle une restriction malthusienne, la pratique dissimulée de l'avortement et de l'infanticide, s^ôpposent à Tapprécialion de raptitudè reproductrice. On pourrait cependant la prendre comme base d'évaluation suffisamment approximative, si, pour tous les peuples, il existait des tableaux statistiques, comme il s'en publie en Europe et aux Etats-Unis. Mais, ces tableaux demeurant limités à une étendue très minime de la surface du globe, nous sommes forcés de n'émettre que des considérations très générales sur la fécondité des unions dans les diverses races.

Actuellement, les racés européennes dont la fécondité eât le mieux accusée appartiennent au rameau germanique (Allemands et Anglo-Sâxons), Néanmoins, la fécondité se maintient â un degré assez élevé dans plusieurs fractions du rameau italo-celte : les grossesses gémellaires sont communes en Irlande; dans ce pays, comme dans nos départements bretons, les naissances sont nombreuses, et elles prédominent assez sur les décès pour assurer un développement dé la population â peu près égal à celui des nations plus favorisées. La race française tend chaque jour à s'amoindrir vis-à-vis des autres races, dont l'accroissement proportionnel est beaucoup plus considérable. Mais faut-il voir en ce fait si regrettable le résultat

d'une influence ethnique, la preuve d'une dégénération fatale et irrémédiable? Nous hésitons à le croire, quand nous voyons-, au Canada, les familles françaises avoir communément six ou sept enfants ; nous sommes plutôt portés à attribuer la décroissance de notre population à un état de mœurs latentes, contre lesquelles il serait grand temps que les législateurs réagissent^ s'ils ne veulent mériter plus tard le reproche d'avoir été les complices inconscients de l'annihilation de la patrie * I La fécondité des imions reste débattue chez les Hindous et chez les Arabes, où certaines influences que nous aurons à mentionner tendent à l'p^moindrir. Elle serait très remarquable dans la race juive et chez les Chinois; ces derniers ne limitent pas le nombre de leurs enfants, et ils en ont « tant que leur femme peut en mettre au monde ». De là l'exubérance de cette race, qui sufflt non seulement à peupler un immense territoire, mais encore à fournir des travailleurs aux pays les plus lointains. En Indo-Chine, Mondière estime que la fécondité a été surfaite : en six années, il a relevé, dans les provinces françaises, 153 174 naissances (soit 1 sur 54 habitants, lorsqu'en France la proportion est de 1 sur 26) ; les naissances gémellaires sont

1. Consulter : Arlicle FrancBi Did. encycl. des se. méd., et Statistique humaine de la France (J. Btirtillon), Bibliothèque utile, Paris,

rares, et on les observerait surtout dans Tarrondissement de Bentré. Variable est la fécondité dajis la race nègre. De Rochebrune accorde aux Ouoloves une grande fécondité, mais il ne considère pas comme fréquentes, chez elles, les grossesses gémellaires ; Thévenot fixe à 6 le nombre moyen des enfants par mariage, en Sénégambie *. Au Bénin, les voyageurs du dernier siècle signalaient « la multiplication de l'espèce comme fort abondante ». Sur toute la côte des Esclaves, Féris a noté une grande fécondité chez les femmes et l'extrême fréquence des grossesses gémellaires ^ Mais en de trop nombreuses localités, au contraire, on a depuis longtemps reconnu une limitation fâcheuse des naissances, comme à Ardra, où « Tair n'est pas favorable à la propagation de l'espèce humaine et où il est race qu'une femme ait plus de deux ou trois enfants^. » Chez les Océaniens, la fécondité est ordinairement très restreinte : en Nouvelle-Calédonie, les naissances gémellaires sont à peu près inconnues (Patouillet) *.

Quelles influences sont favorables ou nuisibles à la fécondité dans les races? C'est une question bien complexe et bien difficile à résoudre, dans

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