‹ La mère et l'enfant dans les races humainesChapitre 19 sur 107 · Hist. gén. des voy., XV · texte numérisé non relu

Hist. gén. des voy., XV

4. Patouillet, Trois ans en Nouvelle-Calédonie, Paris, 1873, 94.

riilut |ircseal de aos coanaissances. Nous en indiquerons seulement les principales lignes.

La fécondité serait plus grande dans les pays froids, où les ardeurs génésiques demeurent pondérées et où les constitutions sont en général vigoureuses, que dans les pays chauds, où les sollicitations sexuelles, souvent factices, provoquent des rapprochements multipliés, engendrent la fatigue et le libertinage, l'affaiblissenient du corps et de Taptitude procréatrice dans les deux sexes (Bajon) *. — L'influence climatique se double fréquemment d'une influence endémique. La malaria, qui détermine une lente dégénération des populations sur lesquelles elle sévit, amoindrit la fécondité, comme elle prédispose h Tavortement au cours de la grossesse \

La forme des unions semble avoir les conséquences les plus opposées relativement à la fécondité. — L'abus des rapprochements sexuels diminue la fécondité chez la femme : c'est peutêtre en vue de limiter, par ce moyen, le nombre de }eurs enfants, et de maintenir leur population dans certaines conditions d'adaptation avec les ressources du milieui que divers peuples encouragent la prostitution chez les jeunes filles. Dans quelques tribus sahariennes, a la fille, avant de

i. Mém, sur Cayenne, I^ S8.

'i. DuliOUé, Db VimpaludUme^ 126.

su mûrier, doit gagner par la prostitution le j)rix qu'elle a coûté à sa famille, et elle est d'autant plus recherchée en mariage qu'elle a eu plus de succès dans ce trafic. » (Letourneau *.) Mais, d'un autre côté^ l'accroissement de la population est remarquable en Chine et au Japon, où les filles du peuple ont toute liberté de se prostituer avant le mariage. (Let. *.) — Les mariages aux trois quarts, qui permettent à la femme de dis^ poser de. sa personne un jour sur quatre (Arabes Hassiniyeh), la polyandrie, qui la soumet aux exigences de plusieurs maris (Thibétains) % équivalent pour elle à une sorte de prostitution j mais il est impossible d'établir quelle influence exercent sur la fécondité de pareils systèmes matrimoniaux. ^-^ La polygamie et la monogamie coexistent avec un développement très variable de la natalité; si la fécondité des femmes arabes et persanes est assez restreinte, celle des femmes, chez les Mormons, passe pour considérable; dans nos sociétés monogames, nous avons dit combien était différente la fécondité, chez les nations ger* maniques et italo-celtes.

Plus nette est l'influence du degré de la parenté dans les unions, La consanguinité entraîne l'affai-

blissement de la fécondité *. Au début des sociétés, elle est une conséquence fatale du petit nombre des familles, et le moyen limitateur par excellence de la communauté, dans une région qui ne peut fournir à l'homme que des ressources très restreintes. Cependant, la nation péruvienne, chez laquelle les mariages se faisaient toujours entre parents, paraît avoir atteint à un très haut degré de développement.

La précocité dans les unions n'est pas favorable à la fécondité. Elle met en jeu des organes qui ne sont pas encore adaptés à leur fonction; elle épuise leur activité avant qu'ils aient produit ce qu'on en devait attendre. Le nombre des naissances ne semble pas très considérable dans les familles hindoues et dans les familles arabes, et les femmes cessent d'enfanter de très bonne heure. Peut-être la précocité des mariages expli* que-t-elle la dépopulation des pays musulmans, bien plutôt que l'institution polygamique. Mais il est probable que les deux influences se combinent pour diminuer la fécondité, car, chez les Chinois, où les unions sont souvent très hâtives, mais où la monogamie existe de fait (Let. '), les mariages sont très féconds; les unions entre jeunes gens au-dessous de vingt ans demeurent,

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