Desc. du roy. Tîiai, I
puerpérale, puisque le début de cette complication est marqué par des frissons (symptôme que des populations ignorantes ne peuvent expliquer que par un refroidissement et interpréter que comme la came des manifestations consécutives) ?
Chez les Hindoues, l'accouchement est, en général, facile. Il ne laisse pas cependant que d'être parfois très laborieux et d'entraîner des suites dangereuses, en raison de l'extrême jeunesse d'un grand nombre de primipares et de l'ignorance des sages-femmes *. D'après notre collègue, le D*" Aymé, qui a eu l'occasion d'assister à Taccouchement de plusieurs femmes hindoues, abord d'un navire d'émigrants, la femme se tiendrait accroupie pendant les douleurs; elle se lève parfois dans leur intervalle ; mais elle ne quitte plus sa position première quand l'expulsion devient imminente. Une matrone aide les contractions de la matrice par un énergique massage de l'abdomen, et, si les douleurs sont par trop pénibles, elle reporte ses manœuvres sur la région lombosacrée. La délivrance est abandonnée à la nature et elle s'effectue rarement au-delà de 10 à 15 minutes : le cordon n'est lié et coupé qu'après la sortie du placenta. Mais les matrones', dès que la
1. Roberton, Sur les accouchementg dès femmes de l'Indouskm{Edifèb. med. and sur. joum,, 1S46); Huillet^ Hygiène des blancs^ des mimkf et des Indiens à Pondichéry, Pond., 18()7; Wabb, l. c.
parturition ne marche pas à leur gré, tourmentent de mille manières leur patiente. « Elles lui font prendre les positions les plus bizarres, exécuter les mouvements les plus extraordinaires, et enfln^ quand cette gymnastique ne réussit pas, elles ont recours au grand moyen, qui est de la faire sauter plusieurs fois au-dessus d'un morceau de bois, le plus souvent le grand pilon du mortier à riz, suspendu à un pied environ du sol. » (Huillet *.) Les matrones font aussi usage de remèdes propres à stimuler les contractions de la matrice, et en particulier du cumin noir, remèdes qu'elles utilisent fréquemment comme abortifs *.
Pendant que la femme est soumise aux douleurs de l'enfantement, le mari, au moins dans la caste brahmane, « doit se trouver auprès d'elle et être attentif à noter le quantième du mois, le jour, rétoile du jour, le youga, le carna, l'heure et le moment où l'enfant vient au monde ; et, pour ne rien oublier de tout cela, il le met par écrit. » (Dubois ^) L'accouchement terminé, la femme est placée dans une petite pièce sombre, mal ventilée, sans autre ouverture que la porte, qui reste ordit nairement fermée, et enfumée par les feux de bois qu'on y entretient. Condamnée à l'isolement, dans