Voir plus loin. Attentats contre la vie de Venfant
une atmosphère étouffante, elle est en outre soumise, pendant les trois premiers jours, à une abstinence complète de nourriture solide ou liquide : elle doit prendre une poudre composée d'épices excitantes, telles que le poivre long, le poivre noir et le gingembre, et, pendant les trois jours qui suivent, avec quelques aliments, les mêmes substances bouillies dans de Teau et sous forme de pâte (Webb *). Au onzième jour seulement, la femme commence à vivre à peu près de la vie commune dans la famille; mais elle ne. sort pas avant un mois.
En pays musulmans, la pratique obstétricale est encore abandonnée aux matrones, et des plus grossières. — En Egypte, Larrey a pu constater les résultats de l'intervention des* sages-femmes, et les choses n'ont guère changé, au sein des basses classes de la population, depuis, l'époque où l'illustre médecin a rédigé ses mémoires '. On se servait d'une espèce de fauteuil, sur lequel l'accouchée appuyait ses ischions, en se tenant presque droite, et, dans cette position fatigante, elle subissait fréquemment des déchirures du périnée. — Bertherand nous a tracé la terrifiante image de ce que peut être un accouchement chez les femmes arabes. « On ne saurait s'imaginer, dit-il, les tor-
2. Rel, hist, et chir, de l'expéd. de tarmée d'Orient, 1803, p. 415.
lures que les matrones font subir pendant l'expulsion du fœtus. Les unes, ne voyaiît dans le produit de la conception qu'une masse inerte, qui tarde toujours trop à quitter la cavité utérine, suspendent la femme par les bras à l'un des bâtons delà tente et lui étreignentla taille avec des haiks, de manière à forcer le fœtus, quelle que §oit sa position, à s'engager dans le détroit périnéal. D'autres massent fortement le ventre de haut en bas, pour solliciter les contractions et la prompte sortie de l'enfanl. Ici, on place une planche ou un* grand et large plateau en bois (pour faire le couscous) sur la région ombilicale de la mère, et des femmes montent dessus, afin d'exercer une pression suflSsante • pour déterminer l'expulsion. Là, ce sont de petits moulins portatifs pour moudre Torge^ sorte de deux grosses rondelles en grès, que l'on place dans ce même but sur le ventre de la malheureuse. La présentation paraîtelle mauvaise? la mère est soulevée par les pieds ou bien roulée à terre dans tous les sens. Dans le Sud algérien et à Biskra, on m'a assuré le fait, tes matrones brûlent sous le nez de la femme en couche des poils pris à la région occipitale du lion ; et l'odeur de cette substance est tellement infecte, que les nausées surviennent aussitôt avec une violence qui favorise la sortie du fœtus. Des marabouts profitent largement des vertus infaillibles de
ce remède et parcourent les tribus avec de jeuneslions, au moyen desquels il* exploitent avantg^^ geusement pour eux la confiance et la crédulité publiques. Dans des tribus, on provoque le vomissement en présentant brusquement des matières fécales ou des substances en putréfaction. — Certain nombre de gabela (accoucheuses) se permettent la manœuvre des versions {teqlib),; elles les prartiquent quand les eaux de l'amnios (seter) se sont échappées et lorsque l'enfant se présente mal ou tarde à paraître. — La femme reste-t-ella longtemps dans les douleurs, on jettera du fumier de vache sur des charbons ardents, et elle expo sara les parties génitales au-dessus de ces vapeurs. ... — Quand le fœtus a enfin franchi la vulve, on déchire le cordon.... et la femme se couvre l'abdonaen avec des chiffons en laine, dans quelques tribus avec une peau de mouton. On ne s'occupe pas le moins du monde de la sortie du délivre {khelos) ; elle est toujours abandonnée à la nature *. » A Tanger, chez une iaraélite, accouchée depuis quatre heures et non délivrée, te D* Gastex a vu se produire un renversement complet de la matrice, à la suite d'ejSbrts intempestifs exercés sur le cordan par une matrone indigène. Il ne put réduire l'organe, qui, étranglé par son propre orifice, formait, en dehors de la vulv^»
une masse turgescente^ grosse quatre fois comme le poing. Une matrone mauresque obtint la ré* duction par le procédé suivant : « Deux hommes vigoureux, saisissant la patiente par les pieds, la maintinrent suspendue la tête en bas; alors la matrone versa sur la tumeur une bouteille d'huile; quelques pressions manuelles sur le globe utérin firent le reste. Il n'y eut pas d'accidents consécutifs *. » La femme arabe ne sort pas avant Tentière cessation de l'écoulement lochial.
L'accouchement donne quelquefois lieu à de singulières coutumes : en Perse, dès qu'une femme ressent les premières douleurs, on prie les maîtres de donner congé à leurs écoliers et on lâche des oiseaux, jusque-là tenus renfermés dans des cages; au Maroc, on va chercher à l'école cinq petits garçons, qu'on envoie courir par les rues tenant un drap aux coins duquel sont attachés quatre œufs, et sur lequel les grandes personnes crachent et jettent des bouteilles ; ailleurs on se réunit avec des chaudrons et des marmites, et l'on fait un vacarme épouvantable pour mettre en fuite le diable et les mauvais esprits, etc. '.
Comme la parturition implique l'idée d'une souillure, on soumet la mère et l'enfant à certaines obli-