‹ La mère et l'enfant dans les races humainesChapitre 41 sur 107 · Berth., /. c · texte numérisé non relu

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retire... Par cette cérémonie, qui se nomme djatacarma, toute trace de souillure disparaît; mais l'accouchée ne recouvre son parfait état de pureté qu'au bout d'un mois; jusque-là, elle doit vivre dans un lieu isolé et n'avoir de communication avec personne du dehors. » (Dubois \) Encore aujourd'hui, dans nos campagnes bretonnes, la femme, à peine relevée, va se faire bénir la tête par le prêtre. En Bretagne aussi, nous trouvons l'usage de soumettre l'accouchée à une boisson stimulante (vin chaud fortement additionné de cannelle.)

La plupart de ces coutumes, inspirées à leur origine par une hygiène très louable, ont fini par dégénérer en pratiques superstitieuses et sans utilité.

D. — Conduite dans le cas d'obstacle insurmontable

à la sortie de Venfant.

Si l'enfant ne peut être extrait par les voies naturelles, doit-on, pour le sauver, ouvrir le ventre de la mère? On sait que, dans l'antiquité, l'opération césarienne était pratiquée sur la femme morte ; elle devrait même son nom, d'après quelques auteurs, à ce qu'elle aurait servi à mettre J. César

au inonde. Mais il ne semble pas qu'elle ait été exé^ cutée sur la femme vivante avant le xvii* siècle *. On doit peut-être le maintien et l'extension de cette opération sur le cadavre aux efforts du clergé catholique, qui ne voyait d'ailleurs en elle qu'un moyen d'assurer le baptême à un nouvel être ; mais il n'est pas vrai de dire qu'à aucune époque les prêtres aient été autorisés à ouvrir le ventre de la mère avant son dernier soupir. Gangiamila et Tabbé Dinouart, dans leur Embryologie sacrée^ recommandent au contraire expressément aux curés « d'attendre que la femme soit réellement et naturellement morte ». Toutefois, cette recommandation est quelque peu atténuée par une autre : « Il faudrait raisonner différemment dans le cas où, l'impossibilité d'accoucher naturellement étant évidente, on ferait l'opération autant pour le salut de la mère que pour celui de l'enfant '. » C'est laisser croire à une personne ignorante des choses médicales qu'elle a autorité pour ordonner l'opération ou l'entreprendre elle-même sur une femme encore vivante, et l'exposer à une bien lourde responsabilité... au moins devant la loi civile !

En dehors de nos sociétés chrétiennes, qui la

1. Simon, Hech, sur Vopération césarienne {Mém. de VAcad, rcy. de chirurgie).

2. Abrégé de l'embryologie sacrée, par Tabbé Dinouart. Paris, 1775.

prescrivent dans un but religieux, et des grands centres d'instruction européenne, qui la préconisent, sur la femme vivante comme sur la femme morte, comme une opération logique, scientifiquement déduite d'indications précises, et réglée en ses procédés, nous ne rencontrons guère des traces de Thystérotomie que chez les Arabes.

Larrey dit que l'opération césarienne était pratiquée par les matrones égyptiennes, dans certains cas d'accouchement contre nature, mais qu'entre leurs mains elle était presque toujours mortelle *.

Bertherand ne croit pas que les Arabes aient jamais recours à cette opération sur la femme viviinte; son exécution sur la femme morte est litigieuse, pour les autorités les plus versées dans l'étude de la loi musulmane. El. Lakhmi et d'autres légistes autorisent l'opération, si la femme est enceinte d'au moins sept mois et s'il y a espoir de sauver la vie de l'enfant : « Il faut pratiquer l'ouverture... au niveau des hanches, sur le côté gauche si l'enfant est du sexe féminin, et sur le côté droit si l'enfant est mâle. » (C'est subordonner l'opération a une question de diagnostic bien difficile à résoudre !) Mais, d'autre part, le moudaouefiicK (articles de lois réunis en code) ne veut pas qu'on ouvre le ventre d'une femme

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