‹ La mère et l'enfant dans les races humainesChapitre 50 sur 107 · Jj, c · texte numérisé non relu

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passif, pendant la parturition la plus laborieuse ; il supporte la douleur, en échappant à l'ébranlement nerveux, à la terreur et aux appréhensions qui accablent la femme; aussi, malgré la fréquence de ses portées, résiste-t-il à un acte qui, fréquemment, compromet les jours de celle-ci ou détermine sa mort.

C'est une erreur de croire qu'en certaines races humaines l'accouchement soit toujours facile, exempt de douleurs, de fatigue et de suites fâcheuses. Parce que nous savons que les Américaines et les négresses se livrent à leurs occupations habituelles aussitôt après leur délivrance, nous adoptons cette conclusion que, chez elles, la parturition s'accomplit plus heureusement que dans les races civilisées. Mais nous ignorons quelles sont les. conséquences ultérieures d'un acte pour lequel c6s peuples réclament bien rarement l'assistance d'un médecin. Lorsqu'on les peut suivre, elles sont loin de répondre toujours à l'opinion commune. Clarke et Daniell * affirment que, chez les négresses de la côte de Guinée, la parturition et ses suites ne différent guère de ce qu'elles sont chez les Européennes. La femme est partout la même; seulement, sa fonctionalité est un peu modifiée sous l'influence des conditions climatiques et sociales. Il y a, chez elle, des degrés plus ou moins appré-

ciables dans la manière de répondre à un iraumar tisme, jamais soustraction absolue à Tébranlement qu'il entraîne.

D'une manière générale, on peut dire que, dans raccouchement, la réaction est en raison inverse de l'élévation thermique du milieu et de l'élévation sociale de la race ou des individus. Mais, en dehors des modalités purement climatiques, il faut tenir compte des influences endémo-épidémiques, et, en dehors des modalités.idiosyncrasiques ou ethniques que crée, chez la mère, l'éducation sociale, des influences relatives aux soins et aux obligations que la coutume impose à la femme au cours et à la suite de laparturition.

Dans les pays chauds, les traumatismes sont ordinairement accompagnés d'un moindre ébranlement nerveux et tendent plus aisément à la guérison que dans les pays froids; il semble qu'une température élevée amoindrisse l'excitabilité du système cérébro-spinal, modère par là l'intensité des réactions, et maintienne les tissus lésés dans l'état le plus favorable à leur réparation. Aussi, quelle que soit la race, les accouchements sonl^ils ordinairement plus faciles et plus favorables entre les tropiques que dans les zones tempérées ou froides. Bajon a constaté ce fait à la Guyane, chez les Européennes, comme chez les créoles et les femmes de couleur : en douze ans , il n'a pas eu à

appliquer plus de trois fois le forceps ; il a toujours observé la délivrance exempte de complications, à moins de tiraillements intempestifs sur le cordon, les suites de la parturition éminemment bénignes, surtout chez les mères nourrissant leurs enfants ; la médiocre abondance et la courte durée des lochies, souvent arrêtées dès le troisième ou le quatrième jour, sans qu'il en résultât le moindre accident *. Mais, à côté d'une influence bienfaisante, les climats chauds ont parfois une action pernicieuse. Ils favorisent le développement de l'anémie, et alors l'amoindrissement des réactions devient morbidité, la femme est exposée à périr d'épuisement au cours d'une parturition laborieuse, si les secours de l'art n'interviennent rapidement pour la terminer, ou d'hémorrhagie, pendant et après l'accouchement. L'humidité rend plus sensibles les moindres changements de la température, et l'organisme, ébranlé par un traumatisme quelconque, peut, sous une pareille influence, éprouver l'atteinte du tétanos (Dazille) '.

Plus redoutable^ sont les influences endémoépidémiques, et les dangers qu'elles font courir à la femme sont en rapport intime avec la susceptibilité que la race ou l'idiosyncrasie conservent visà-vis d'elles. — Aux colonies, les Européennes ont

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