‹ La mère et l'enfant dans les races humainesChapitre 66 sur 107 · Mém. cité · texte numérisé non relu

Mém. cité

mentionnée que par de Rochebrune. « Jusqu'au huitième ou dixième jour, les cheveux restent ce qu'ils étaient à la naissance, c'est-à-dire légèrement onduleux ; à partir seulement de cette époque, ils commencent à s'enrouler, à se recroqueviller et à offrir l'aspect laineux qu'ils conservent par la suite » * .

Ces changements s'accomplissent-ils sous l'influence de la caloricité lumineuse? comme le pense Simonnot, qui assimile le pigment à la chlorophylle, et les modifications de couleur de la peau du jeune nègre à celles de la jeune feuille, d'abord rosée ou jaune , puis d'un vert plus ou moins intense ^7 L'enroulement, à l'air et à la lumière, d'une mèche de cheveux coupée sur la tête d'un nouveau-né de race noire, semblerait indiquer que la caloricité lumineuse joue un certain rôle dans les changements que nous étudions. Mais, d'autre part, il est difiBcile d'attribuer à cette influence une action isolée sur le développement du pigment tégumentaire , s'il est vrai, comme l'affirme Thaly, que les enfants mort-nés ne noircissent pas avant de se décomposer. Il conviendrait alors de rapporter les changements

i. L. c. Il y aurait aussi à rechercher si, à la coupe, le cheveu du nouveau-né présente, avec autant d'évidence que chez l'adulle, la forme plus on moins ovale de la race.

2. Color. de la peau des noirs [Bul. Soc. d*anthrop.j mars 1869.)

de coloration à l'activité fonctionnelle de l'appareil pigmentaire dans la race, ainsi que l'a fait de Rochebrune : « A la naissance, la couche pigmentaire est à peine colorée, les cellules polyédriques contiguës aux papilles ne contiennent que de rares granulations de piigment; or, au fur et à mesure de Taccroissement, le pigment diffus du noyau s'augmente, et vient colorer le corps de la oellule elle-même, le dépôt granuleux de matière

colorante s'effectue dans l'intérieur de l'élément^ s^accroît peu à peu, et atteint insensiblement le degré voulu, pour imprimer à la surface cutanée sa coloration spéciale. »

Une particularité moins connue, chez les enfants de race nègre, c'est l'absence du cri au moment de la naissance. Le D' Ghassaniol, qui nous a garanti, d'après sa longue expérience, Texaclitude de ce fait, l'explique par la différence minime des températures entre le milieu maternel et le milieu extérieur : le nouveau-né ne serait pas péniblement impressionné au sortir des voies utéro-vaginales. Mais pourquoi le cri existe-t-il chez le nouveau-né des autres races intertropicales?

A mesure que l'enfant croît en âge, il présente davantage les caractères propres à son groupe; . ethnique. Le crâne tend vers le type dolichocéphale ou brachycéphale. La face prend un plus

grand volume, et, comme cet accroissement se fait surtout par l'appareil maxillaire, l'angle facial augmente et le prognathisme se dessine. (Top.)

Dans toutes les races , le développement du nouvel être s'accomplit suivant des lois uniformes. Prenons pour type celui de Tenfant européen *. — Pendant la première année, Tenfant augmente en poids et en taille suivant une progression bien définie : il gagne, en poids, de 20 à 25 grammes par jour dans les six premiers mois, de 10 à 15 seulement dans les six derniers, et, dans les douze mois, acquiert en longueur josqu^à 2 décimètres. Les premières dents, les incisives moyennes inférieures, apparaissent à six mois; vers le dixième se montrent les incisives moyennes supérieures. Les sensations s^éveillent, et déjà pointent les sentiments , ceux de la jalousie et de la colère bien plutôt que ceux de la sympathie humaine ; si l'enfant sourit à sa mère, ce n'est pas encore par amour, mais par satisfaction égoïste des soins dont elle l'entoure ^. Entre

1. Boiichut, De Vaccroissement dans l'état physiologique : TraHidn maladies des nouveaux^s ; Bernard Ferez, Les trois preinières annéti de l'enfance {Revue scientifique ^ 2 nov. 1878) ; Gh. Darwin, Esq. WtfJd*un petit enfant {Revue scientifique, 14 juillet, 1877).

2. A la fin de la première année, les Annamites, d'après une tradition chinoise, jii<^ent les instincts assez développés chez i'enfnotpoar le sijumeltpe à Vépreuve des jouets {toai-ban ou autoï-toï) : elle consiste à lui offrir un plateau chargé de différents objets, tels que livres, bonbons, poupées vêtues en femme, pièces de monnaie, etc. ; VevUxA prend ce qui lui phdît le plus, et l'on conjecture son caractère selon

quatre et huit mois , Tenfant franchit Tintervalle qui sépare la motilité de la locomobilité (B. Pérez); « à deux mois, il commence à soutenir sa tête; à quatre ou cinq mois (qu'il soit assis ou porté sur les bras) , il est capable de mouvoir le tronc et de se tenir droit; à un an, il peut marcher. » (H. Roger) *. — Dans le cours de la seconde année, la croissance est de moitié moins rapide; mais les sensations se perfectionnent, Tintelligence se dessine , et, peu à peu , l'enfant passe du langage mimique aux premiers essais du langage articulé. Vers le seizième mois apparaissent les incisives latérales inférieures; vers le vingtième, les incisives latérales supérieures; et, du vingt-quatrième au vingt-sixième, les premières petites molaires : là se terminerait (très arbitrairement) la* première enfance, d'après quelques auteurs. — Du trentième au trente-deuxième mois se montrent les canines; au vingt-huitième, les secondes petites molaires inférieures; au trentième, les secondes petites molaires supérieures (Magitot) : l'enfant possède alors vingt dents temporaireSy qu'il conservera jusqu'à l'âge de cinq à six ans. Dans cette période, dite de la deuxième

le cboîx qu'il fait : s'il prend le livre, c'est qu'il sera savant; si c'est l'argent, ce sera un av ire ; si c'est la poupée^ il aimera beaucoup les femmes, etc. {Desc. du pays de Gia dinh).

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