Tb. inaug., Paris
découvert et exposé à de continuels frottements s'émoussait en sa sensibilité, ce qui rendait nécessairement la copulation plus longue, et aussi la jouissance des sens ! Singulière opinion d'un appréciateur émérite , à opposer à ceux qui prétendent que la posthotomie a sa raison dans un but de moralisation ; à saint Jérôme, lorsqu'il avance que l'ablation du prépuce, en diminuant les sensations voluptueuses, préserve l'homme du trop grand abandon aux plaisirs sexuels ; à Moïse, lorsqu'il vise à prévenir par cette opération les écarts d'une imagination trop ardente!
La circoncision est exécutée, en pays nègre, avec un couteau ou un rasoir, et, pendant tout le temps que réclame la cicatrisation, les sujets sont astreints à une surveillance sévère, sous un costume particulier et souvent bizarre, ainsi qu'à des soins de propreté rigoureux et à des lotions fréquentes avec un liquide astringent (à Boké, on lave la plaie avec un savon à l'huile de Jatropha curcas). Sur les garçons, l'opération est exécutée par un marabout; chez les filles, par une matrone, et loin de tout regard profane, quelquefois au plus profond des bois. La partie retranchée est brûlée, enfouie ou bourrée dans un fusil qu'on décharge en l'air; le D' Chassaniol nie qu'à Madagascar elle soit jamais avalée par un des pa*
rents. — Chez les filles, la circoncision peut consister en plusieurs sortes d'opérations :
1"* L'excision simple du clitoris : elle se pratique ordinairement entre quatre et neuf ans, à la côte de Guinée, d'après Daniell; dès la première apparition des règles, au vieux Galabar, d'après Her- Van. Daniell nous raconte ainsi l'opération, qu'il a eu la bonne fortune de voir faire unefois : la jeune fille est placée sur les genoux d'une femme, les jambes bien écartées, la vulve bien entr'ouverte; le clitoris est recherché avec soin (car, dans le jeune âge, son faible développement le rend difficile à découvrir), et, une fois reconnu, saisi entre deux morceaux de bambou disposés en forme de pince, tiré en avant et sectionné d'un coup de rasoir; on laisse l'écoulement sanguin s'arrêter de lui-même, on lave les parties alternativement avec de l'eau chaude et avec de l'eau froide, et la fille -est maintenue couchée.
2® L'excision des nymphes : toutefois, d'après Daniell, cette opération ne serait guère pratiquée que dans un but chirurgical, pour remédier à une hypertrophie ou à une dégénérescence, maladies auxquelles les négresses sont sujettes.
3^ L'excision des nymphes et du clitoris : elle se pratique sur les adultes et sous l'influence d'une tradition qui la considère comme une garantie de la chasteté , à la demande de la femme,
ainsi fière de fournir un témoignage de sa vertu ; souvent aussi d'office sur de jeunes esclaves, pour prévenir toute atteinte à leur virginité (ailleurs, on arrive plus sûrement à ce but par rinfibulation).
4«> L'excision d'une portion des grandes lèvres, seule ou combinée aux précédentes opérations.
Gbez les Hottentots, vers l'âge de neuf ou dix ans, on pratique, sur 1^ garçons, Vablatian (i'iif» testicule. « Le jeune homme, après avoir été frotté de graisse fraîche de mouton, est étendu à terre, sur le dos, les pieds et les mains liés ; ses amis se couchent sur lui pour le rendre comme immobile. Dans cette situation, l'opérateur lui fait, avec ua couteau, une ouverture au scrotum, d'un pouce et demi de largeur. Il fait sortir le testicule et met à la place une petite boule de la même grosseur, composée de graisse de mouton et d'un mélange d'herbes pulvérisées; ensuite, il recoud la blessure avec un petit os d'oiseau qui est aussi pointu qu'une alêne, une artère de mouton sert de fil. Cette opération se fait avec une adresse qui survendrait nos plus habiles anatomistes, et jamais elle n'a de suites fâcheuses. Lorsqu'elle est achevée, l'opérateur recommence les onctions avec de la graisse du mouton qu'on a tué pour la fête. Il tourne le patient sur le dos, sur le ventre, comncie un cochon de lait qu'on se disposerait à rôtir;, enfin, il urine sur toutes les parties du corps et le
frotte soigneusement de son urine. Après cette monstrueuse cérémonie, le jeune homme se traîne dans une petite hutte, bâtie exprès pour cet usage. Il y passe deux ou trois jours, au bout desquels il sort parfaitement rétabli... » Cet usage serait fondé sur la crainte de procréer des jumeaux avec les deux testicules! Cependant, dans la même race, la naissance des jumeaux n'est regardée comme fâcheuse qu'autant que les deux enfants ou l'un seulement sont du sexe féminin (Kolben)*.
Chez les Australiens, il existe une coutume non moins extraordinaire et qui a pour but de limiter le nombre des sujets reproducteurs dans la population mâle : c'est la mika opération^ consistant « dans l'incision de la paroi inférieure de l'urèthre, de Torifice au scrotum, en sorte que le pénis, dépourvu de canal fermé, ne présente plus qu'une rigole : dans l'état d'érection, la verge opérée doit être très large et plate, et, dans l'éjaculation, le sperme doit s'écouler en dehors du vagin. » (Zaborowski, d'après Miklucho-Macklay ".)
D'autres fois, les mutilations sanglantes sont moins sérieuses. Elles consistent en piqûres ou en incisions, pratiquées sur diverses régions du corps, dans un but de distinction ethnique ou hiérarchique (enfants des chefs), ou de préservation contre