Déformations du crâne
levé à ses parents et isolé du reste de la population. Au Cambodge, tout enfant difforme ou albinos est la propriété du roi, dans le palais duquel il vit renfermé *. Dans TAnnam et dans l'Inde, Talbinisme inspire une crainte superstitieuse, empreinte d'un tel dégoût (peut-être en raison de sa ressemblance avec les décolorations lépreuses), que les sujets qui en sont atteints sont réduits à fuir loin des villes et des villages et à demeurer cachés dans les bois*. Ajoutons que, dans les pays peu civilisés, le manque des soins , qui , chez nous, peuvent assurer l'existence à beaucoup d'êtres contrefaits, entraîne la mort de ces malheureux dès les premières années. Il est donc bien difficile d'établir entre les races d'Europe et les autres races aucun rapport proportionnel dans la fréquence des monstruosités et des difformités congénitales qu'elles sont susceptibles de présenter. Mais, par l'observation des cas isolés, on doit admettre que toutes les anomalies qu'on rencontre chez les premières peuvent aussi se rencontrer chez les secondes ^
1. Cette coutame a sans doute pris naissance sous l'inspiration de la religion boudbique : elle sauvegarde de pauvres êtres contre l'aversion ou les préjugés des parents. Dans le même pays, et pour alléger les charges de la famille, les jumeaux appartiennent également au roi.
2. Dans l'Inde, l'albinos est désigné par l'épithèle mépris inte de Kakrelak, nom de la blatte, l'insecte le plus repoussant des pays chauds. Dub., l. c, I, 448.
3. De récentes observations sembleraient établir la fréquence parti-
Maladies infantiles. — La pathologie infantile est en rapport très étroit avec les conditions d'hygiène que les habitudes sociologiques imposent au jeune âge. Elle est aussi en rapport avec les modalités climatiques, qui engendrent les endénies et les épidémies, et avec les modalités ethniques, qui se traduisent par une résistance ou une aptitude spéciales vis-à-vis de certaines maladies*,
En Europe, la mortalité du premier âge est considérable : en France, c'est à peine si 15 ou 20 enfants sur cent parviennent à atteindre la fin de la première année ^ , et, parmi ceux qui franchissent
culièrement remarquable de Talahun congénital et de certaines anomalies de même sorte, chez plusieurs peuplades océaniennes. Voici la note que M. le D' Guyol a bien voulu nous remettre à cet égard : « Les insulaires océaniens (Nouvelle-Calédonie, Panaupa, îles Gilbert) qui m'ont présenté des types d'aïahun avaient tous, au moment m,ême de la naissance, un ou plusieurs doigts ou orteils amputés spontanément en des points divers. De plus, les sujets atteints des lésions caractéristiques de Taïnhum offraient des déformations congénitales manifestement dues à la même affection constitutionnelle, et consistant surtout en syndactylie plus ou moins étendue. Cette syndactylie est codstituéc par de larges replis cutanés, tantôt par un cordon délié, unissant entre elles les phalanges des doigts voisins. Les segments ainsi solidarisés sont parfois entiers et ont un développement presque normal ; mais, le plus souvent, leurs extrémités périphériques manquent ou n'existent qu'à l'état rudimentaire. » (Voir obs. in Arch, de méd. navale, 1819 et 1880, et in Progrès médical, numéro du 7 mai 1881).
1. Pour rétude des principales maladies exotiques que nous aurons l'occasion de mentionner, nous renvoyons aux Eléments de pathologie exotique de Maurice Nielly, Paris, 1881. Voir aussi les articles de GÉOGRAPHis MÉDICALE^ dcs doctcurs Rey et Mahé, dans le Dict» prat* des se. méd. et dans le Dicl. encyclop. des se. méd.
2. Anner, Rech. sur Vinfanlicide, 1872 ; Bouchut, Des lois de la mortalité des enfants {Hygiène de Venfance, 438).
cette période, un grand nombre succombent dans les âges suivants. Quelle doit donc être la mortalité de l'enfance dans les régions insalubres et dans les races à demi civilisées, où tant d'influences pathogènes se réunissent contre le nouvel être, si chétif encore et si dépourvu de protection I On ne peut savoir ce qu'est la mortalité des petits enfants parmi les nègres : beaucoup meurent dès les premiers jours, par suite d'hémorrhagies du cordon et consécutivement à la mauvaise application de la ligature, ou de tétanos, sous l'impression du froid et de l'humidité contre lesquels aucune vestiture ne les défend. Au Darien, où l'insouciance des parents se combine à l'action d'un climat pernicieux pour amoindrir et ébranler la santé des enfants, il y a des familles qui, sur douze enfants, n'ont pu en conserver un seul; les survivants ont tous les membres grêles, couverts de cicatrices et de plaies; leurs jambes fléchissent sous le poids d'un ventre monstrueux (A. Reclus) . En combien d'autres pays on retrouve un aussi navrant tableau! En Chine et au Japon, la mortalité infantile est véritablement effrayante ; il faut toute la fécondité de ces puissantes races pour maintenir leur population en l'état prospère qu'elles présentent. A Pondichéry, c'est-à-dire dans un milieu soumis à l'influence bienfaisante de l'autorité française, sur cent décès, la moitié est
fournie par des enfants au-dessous de cinq ans (Huillet ').
Voyons quelles maladies viennent assaillir l'enfance, dans les diverses régions du globe.
1° Maladies diaihésiques et constitutionnelles. — Le rachitisme n'est pas commun dans les pays
1. L. c, à Pondichéry, sur 1323 décès enregistrés par Huillet, il y en a 314 d'enfants de sexe masculin et 313 d'enfants de sexe féminin : suit une totalilé de 627 décès infantiles, qui ont été déterminés par les maladies suivantes :
Tétanos
Choléra
Dysenterie....
Fièvres
Mort-nés
Fracture.
Variole 3
Mort accidentelle. 2
Phthisie 3
Hydropisie 1
Lèpre 1
Nous empruntons à l'étude du D' H. Rey, sur la mortalité à Rio, un tableau qui met en relief les causes habituelles de décès, parmi les enfants, dans la capitale brésilienne :
Maladies
auxquelles succombent
les enfants
de à 4 ans.
Maladies de Tinteslin.
Convulsions.
Tétanos des nouveau-nés..
Tubercu'es mésentériques.
Faiblesse congénitale.
Autres causes.
Total
Année
moyenne ;
décès :
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Combien de décès de à 4 ans
pour 1000
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chauds et dans les races qui les habitent. — En est-il de même de la scrofule? Jusqu'en ces dernières années, Ton a cru à l'excessive rareté, même à l'absence de cette affection, entre les tropiques et dans les races colorées. Une plus rigoureuse observation a fait justice de cette opinion. La scrofule est l'un des fléaux d'un grand nombre de nations océaniennes, et, chez plusieurs, elle favorise le développement d'une maladie plus redoutable encore, la lèpre, comme chez les indigènes des îles Hawaï \ Divers médecins de la marine Font signalée chez les Néo-Galédoniens, où, fréquemment, elle se transmet par la voie héréditaire. « Les caractères de la diathèse n'ont rien de spécial dans la race : même aspect de la face et de l'ensemble du corps, même fixité, mêmes tendances hypertrophiques et ulcéreuses, même siège (systèmes tégumentaire , lymphatique et osseux), mêmes localisations dans les poumons, les ganglions mésentériques, et enfin même marche lente, progressive, entrecoupée de temps d'arrêt, que partout ailleurs... » (Delas ^) La scrofule existe chez le noir africain : nous avons rencontré ses manifestations ganglionnaires, extérieures et mésentériques, sur de jeunes enfants, à la côte occi-