‹ La mère et l'enfant dans les races humainesChapitre 74 sur 107 · Rev. d'anthrop., 1881, p · texte numérisé non relu

Rev. d'anthrop., 1881, p

tués à vivre, les uns au grand air des montagnes, les autres dans une atmosplière chaude et sèche, ils ont peu de chance d'offrir des constitutions entachées d'adénopathie, surtout dans le bas âge. Quelques individus peuvent apparaître, çà et là, avec une apparence de lymphatisme exagéré ; mais, de deux choses l'une : ou ces chétives santés seront de bonne heure décimées par les privations de toutes sortes et les influences délétères de toutes natures, ou bien, avec la croissance, elles se raffermissent et se modifient avantageusement. Dans toutes les villes mauresques, au contraire, l'influence des écrouelles, comme prédisposition à la phthisie, est à noter. . . Les Arabes et les Maures combattent la maladie en entourant le cou avec des feuilles de ronce bien pilées, ou avec un mélange d'écorce de grenade et d'orge mondée, le tout bien pilé et bouilli ensemble. » (Berth. *)

Convient-il de rapporter à ]a scrofule la maladie observée sous le nom de tonga parmi les indigènes de plusieurs îles océaniennes? Le D"" Barthe semble incliner vers cette opinion, tout en reconnaissant que les lésions ont quelque chose de particulier. Le tonga se rencontre surtout chez les adolescents de l'un et de l'autre sexe. Il consiste en « vastes ulcères sur les parties latérales du cou, vers la région mastoïdienne, rouges, saignant au

moindre attouchement, à bords renversés, recouverts de quelques croûtes crevassées dans divers endroits, et donnant issue à un ichor purulent, sanieux *... » D'après Delas, qui en donne une description analogue, la maladie serait contagieuse (?), et elle réclamerait une médication à la fois iodique et mercurielle. Faudrait-il donc voir en elle une manifestation à la fois scrofuleuse et syphilitique? Nous verrons plus loin que, sous le même nom, d'autres médecins ont décrit le pian. Les manifestations infantiles de la syphilis doivent être bien communes et bien graves dans les races incivilisées,, aujourd'hui envahies par la maladie. Nous devons déclarer, cependant, que nous n'en avons pas rencontré parmi les populations noires au milieu desquelles nous avons vécu : c'est qu'elles ont échappé à notre observation, d'ailleurs plus spécialement concentrée sur des sujets adultes, en raison de nos fonctions, ou qu'elles enlèvent si rapidement les nouveau-nés que le médecin trouve rarement l'occasion de les étudier. En Algérie, également, plusieurs médecins ont pu croire à la rareté des accidents syphilitiques chez les indigènes, parce que les hasards de l'observation les ont mal servis; mais d'autres, plus heureux, ont constaté que les Arabes « nais-

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