Voir Levacher, l. c
enfin son enveloppe se détache, laissant à nu une cicatrice lisse, de niveau «vec les téguments, tranchant par sa coloration légèrement ronge sur les parties voisines. Cette cicatrice est très rarement vidense, ne présente ni bride ni dépression, et reprend à la longue la coloration noire. Il devient impossible, avec le temps, de distinguer le siège de Téruption... Sous cette forme, le pian est éminemment contagieux. Jamais cependant je ne l'ai vu se communiquer au blanc *... »
La plupart des médecins regardent le pian conune une forme particuUère de la syphilis. Si la fréquence de cette maladie, chez l'enfant, vers l'âge où il devient pubère, peut à la rigueur s'expliquer par la précocité de rapprochements sexuels souvent très impurs, il nous paraît plus diflScile de rapporter le pian à la syphilis, quand on l'observe chez des sujets de deux à six ans, à moins qu'on ne fasse intervenir la multiplicité des attouchements contaminateurs, suivis d'inoculations accidentelles, car les manifestations de la syphilis héréditaire ne sont pas aussi tardives. Nous pensons qu'on s*est un peu trop hâté d'amettre la nature syphilitique de l'aflFeotion d'après sa contagiosité ; celle-ci n'est pas absolument démontrée, elle est niée par quelques médecins, et d'ailleurs
1. Quelques mots sur la syphilis à la Réunion et à Sainte-Marie de Madagascar. Th. Montpellier, 1873.
on retrouve ce caractère en d'autres maladies cutanées qui n'ont pas un/e origine syphilitique. La similitude du pian et des plaques muqueuses indiquerait, d'après Grenet *, une origine commune à ces deux afiFectLoms ; mais en quoi la première, qui si^e sur la peaaii, présente toujours un aspect croûteux et doiane lieu ultérieurement à des ulcérations parfois très profondes, ressemble-t-elle à la seconde, qui siège sur les muqueuses, n'oflPre jamais- de croûtes et n'aboutit pas à l'ulcération , du moins à l'ulcération profonde? Peut-être la coïncidence fréquente ou habituelle du pian avec d'autres manifestations franchement syphilitiques a-t-elle été la véritable cause de la théorie étiologique émise à son sujet. Sans nous prononcer catégoriquement sur cette question, nous croyons donc qu'elle doit être réservée.
Dans son remarquable rapport sur la station du Brésil et de la Plata, le D^ Bourel - Roncière a décrit, sous le nom de boubas, le pian, tel qu'il Ta observé dans l'Amérique du Sud. 11 combat Tassimilation de la maladie à une syphilide. Tout récemment, le D' Bestion a donné une excellente étude du pian, chez les Gabonais, sous le nom d''abouk(nié % et il apporte un sérieux appui à l'opi^ïiion de Bourel-Roncière. Les caractères sympto-