‹ La Mère-institutriceChapitre 13 sur 224 · TOUTES · texte numérisé non relu

TOUTES

Ali! qu'il est joli, ton dessin, qu'il est bien fait!

CLARA

Mais critiquez donc au Heu de me flatter ; VOUS voyez bien, mesdemoiselles, que ces chères petites m'adorent.

{Elles se mettent à rire.) CLOTiLDE, bas à Pauline.

Comme Clara est en belle humeur aujourd'hui!

PAULINE

Pourvu que cela dure.

(Madame Valerey entre ^ suivie du projesseiir, ) ■- -*..i;ij aii:,;

MADAME VALEREY.

Nous venons décider avec monsieur Levasseur celle d'entre vous, mesdemoiselles, qui fera le jour des prix le tableau d'histoire.

.j;/ï F. •) CLARA. ,1;

Moi, madame, n'est-ce pas? :A

MONSIEUR LEVASSEUR, riuilt.

Vous, mauvaise tête ; et si, comme l'année dernière , vous prenez la mouche la veille, et que vous nous laissiez dans l'embarras ? »j CLARA, piquée.

Eh bien! mettons que je n'ai rien dit.

MADAME VALEREY.

Il vaudrait mieux promettre de ne pas avoir d'humeur.

CLARA, qui s'est remise à son dessin qu'elle retouche à grand revers de bras.

Merci, madame, je ne veux pas m'en charger.

MADAME VALEREY.

Ma chère enfant, nous nous passerons de vous.

CLARA

Il sera plaisant de voir un premier prix d'histoire céder à une autre le droit de parler sur l'histoire.

MONSIEUR LEVASSEUR

Eh bien ! donc, faites-le, ce tableau.

CLARA

Madame ne veut pas.

MADAME VALEREY'.

Ne la priez donc pas, monsieur Levasscur. Pauline, c'est vous qui ferez le tableau.

PAULINE, tremblante.

Moi, madame? Mon Dieu! je ne pourrai jamais parler haut; je me trouverai mal. Je vous en prie, ne m'y forcez pas.

MONSIEUR LEVASSEUR

Allons donc, mademoiselle Pauline, plus de vigueur, plus de coufiance en vousmême, que diable ! Quand on est instruite comme vous, il ne faut pas avoir peur.

3 essaierai, mais je ne vous réponds pas de réussir.

CLOTILDE

Madame, voulez-vous que je m'exerce aussi ? Et si la force manque à Pauline, je tâcherai de la remplacer.

MONSiEtTE LEVASSEUR, frappant sur l'épaule de Clotilde.

Voilà une bonne élève; jamais d'humeur, toujours prête à tout ce qu'on souhaite d'elle, pas suffisante, mais sans vaines terreurs; elle est sans peur comme sans reproche. Mesdemoiselles Clara et Pauline, apprenez d'elle ce qui vous manque pour être parfaites.

(^Pauline sourit} Clara dessine toujours sans

répondre.)

MADAME VALEREY.

Voilà qui est entendu; Pauline et Clotilde vont travailler à un t;tbleau de l'Italie moderne comparée à l'Italie ancienne. Si d'autres veulent s'exercer aussi, nous aurons plus à choisir.

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