VACANCES
Notre premier numéro indiquera le travail qtie les jeunes personnes devront faire pendant les vacances qui vont s'ouvrir. Nous aurons soin de classer les devoirs suivant l'âge et la capacité.
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Ils furent puissants et redoutés ces Spartiates dont le nom n'éveille plus aujourd'hui que des souvenirs. Leur ville détruite a laissé si peu de traces que le voyageur a quelque peine à croire que ce sont là les faibles restes de l'altière Lacédémone qui donna des lois à la Grèce, qui vit Athènes humiliée, et dont trois cents guerriers suffirent à porter l'e'pouvante dans l'armée innombrable de Xercès. Mais avant d'obtenir cet empire, que de sang répandu ! que de pleurs versés! que de mères et d'épouses plongées dans le deuil et dans les larmes! Que sont donc tant de chants de victoire auxquels viennent se mêler tant de chants funèbres ? Et parmi ces peuples asservis ne méritez-vous pas d'être distingués, vous, nobles Messéniens, que votre courage et la résistance vigoureuse que vous apportâtes à la tyrannie a couverts de gloire? Et vous, Aristomène, dont le bras fut si longtemps fatal à vos ennemis et qui survécûtes à la' ruine de votre patrie pour apprendre ses malheurs aux peuples éloignés, ne méritez-vous pas un souvenir de la postérité?
Après une lutte aussi longue qu'impuissantecontre ses farouches adversaires, Messène vaincue courbait la tête sous le joug de Sparte; car c'était en vain que les dieux avaient vu l'encens fumer sur leurs autels, que de nombreuses victimes avaient été immolées, et qu'Arislodème avait plongé dans le cœur de sa fille une main parricide. Mais trente-neuf ans d'une paix honteuse n'avaient fait qu'envenimer les hiiines , qu'exalter les courages. Ce repos forcé, c'était celui du lion qu'une blessure profonde a condamné à l'inaction, et qui, à peine guéri, fait entendre de nouveau ses terribles rugissements.
A ristomène était du sang des rois, on le choisit pour le libérateur des Messéniens. En apprenant cet effort sublime, les Spartiates en sont troublés, on consulte l'oracle, il faut un général athénien pour les conduire, et ils seront vainqueurs.
Athènes, jalouse déjà de sa rivale, envoie Tyrtée...
Si un pareil général se fût présenté devant les Athéniens les sarcasmes et les railleries n'eussent pas manqué de l'assaillir ; mais le peuple grave et silencieux que Lycurge avait formé le contempla longtemps sans proférer im seul mot.
Tyrtée paraissait dans la force de l'âge. Sa taille était au-dessous de l'ordinaire ; ses cheveux crépus et en désordre ainsi que sa barbe dérobaient une partie de son visage. Mais il eût été difficile de ne point remarquer ses yeux qui, en s'animant, ressemblaient à ceux de l'aigle; on y voyait l'empreinte d'un génie sublime et audacieux.
Tyrtée n'avait pas ceint la longue et redoutable épée ; le bouclier pesant ne chargeait point son bras. Rien en lui ne révélait le guerrier qui devait vaincre un peuple armé par la haine, la vengeance, l'amour de la patrie et de la liberté. Au lieu de ces instruments de destruction , il tenait à la main une lyre.
Les Spartiates crurent que les Athéniens avaient voulu les insulter, et méditaient peut-être de sanglantes représailles, quand Tvrtée prit sa lyre et fixa leur irrésolution par ses mâles accords. Alors, tous les soldats devinrent des héros, et quand Aristomène se présenta au combat , la Messénie cessa d'exister.
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