‹ La Mère-institutriceChapitre 150 sur 224 · SALLES D'ASILE · texte numérisé non relu

SALLES D'ASILE

(sociétés maternelles.)

Dans les professions où les ouvriers sont obligés de travailler hors de leur logis , lorsque les mères ont des enfants en bas âge, il faut qu'elles les laissent seuls à la maison durant le jour, et qu'ils y restent en quelque sorte abandonnés , ou bien qu'elles les confient, moyennant une rétribution coûteuse , à d'autres femmes qui se font gardes d'enfants, La plupart du temps, ces dernières femmes, dépourvue, de sentiments élevés et n'éprouvant nulle tendresse pour les petits êtres qui leur sont livre'sjles gardent sans attention, sans soins, sans pitié.

Quelques personnes généreuses ont conçu la pensée de créer des établissements soutenus par les contributions volontaires des amis de l'humanité, pour recevoir les petits enfants des ouvriers, les tenir en des locaux bien chauffés et bien aérés , leur procurer des surveillantes douces , patientes , affectionnées, instruites, qui puissent leur donner des soins délicats, et veiller à ce que les premières impressions sur leur moral et sur leur intelligence réunissent à la fois les exemples de la raison, du bon ordre et de la vertu.

Tel est l'esprit, tel est le caractère des établissements formés depuis peu d'années dans les principaux quartiers de la capitale , sous le nom de Salles d'asile. Il y en a déjà huit, où l'on élève ainsi quinze cents enfants choisi^ parmi les familles les plus nécessiteuses dans les classes ouvrières.

II ne suffit pas de soulager ainsi les familles indigentes à l'égard de leurs enfants en bas âge. C'est au moment où ces enfants viennent au monde, où la mère est incapable de travail, où tant de besoins nouveaux assaillent l'humble ménage , c'est alors qu'il est nécessaire de venir au secours de l'humanité souffrante. Tel est l'objet vraiment sublime des Sociétés maternelles établies dans les principales villes de France, sous la protection illustre d'une mère de huit enfants, d'une reine, que la vie privée réclamerait avec orgueil , et que toutes les mères auraient porté sur le trône si les plus touchantes vertus avaient eu besoin d'un suffrage.

Charles Dupin.

Page 1