MADAME VALERET
Cela suffit : voilà quinze jours que Clara occupe la maison par son humeur et ses caprices; il est temps que tout ceci finisse. Clara recevra la récompense due à son travail, c'est juste; mais elle doit être privée de toute distinction. Clotilde, vous lirez le tableau.»
A ces mots prononcés avec calme, mais
sevcrllé, (..L.ra jiàlif, car elle vil que maintenant tout était dit; et la douleur lui arriva, car, vaniteuse et suffisante, ce devait être un triomphe pour elle que les éloges, les applaudissements du public, et elle s'en voyait privée. Elle viendrait, comme tant d'autres, recevoir ses prix, mais n'attirerait pas l'attention d'une manière particulière ; tout serait pour Clotiide. Clara sentit s'évanouir sa fi.erté; elle pria madame Valerey, mademoiselle Desprès inutilement; la sentence était irrévocable. Elle devait comprendre enfin qu'il ne suffit pas de pouvoir bien faire, qu'il faut encore pour réussir une volonté ferme et une certaine souplesse de caractère qui fasse écouter les avis.
Le jour des prix, les plus unanimes bravos furent pour Pauline, proclamée l'élève
la plus sludicuse"; la ]tuis parfaite de la maison; elîe eut la blanclie couronne donnée au nom des compagnes à celle dont la bonne conduite ne s'est pas démentie dans l'année. Les autres prix qu'elle obtint firent connaître que la douceur chez elle n'excluait pas les moyens. Clotiide ravit tout le monde par la simplicité et la netteté de sou récit, par sa mémoire facile et sa mine ouverte et franche.
Quant à Clara, qui depuis la veille pleurait et se désolait, elle vint chercher ses prix les yeux rouges, la figure altérée, et ne produisit pas le moindre effet. Elle fit en ce jour de sages réflexions, et nous espérons qu'elle les aura mises à profit l'année suivante.
M" ViCTORINE COLLIN.