‹ La Mère-institutriceChapitre 169 sur 224 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le mot reconnaissance présente l'expression d'un senliraent qui ne doit jamais se manifester qu'avec le ton vrai qu'il insj)ire à l'égard de celui de qui on tient un bienfait. En cherchant toutes les occasions de manifester sa reconnaissance, on devrait montrer au bienfyiteur le désir de lui en donner des preuves certaines. II ne faut point confondre ce sentiment noble et pur avec une adulation servile.

Les branches d'un arbre rendent à la racine la sève qui les nourrit; les fleuves rendent à la mer les eaux qu'ils en empruntent. L'homme reconnaissant rappelle à son esprit les services qu'il a reçus, il chérit la main qui lui fait du bien, et, s'il ne peut le rendre, il en conserve précieusement le souvenir.

liC mot gratitude vient ajouter à celui de reconnaissance, car on emploie souvent celui-ci comme une expression générale , quand il n'y a point de distinction à faire. Le mot gratitude sert à caractériser le sentiment délicat d'une âme pénétrée et reconnaissante.

La reconnaissance est due au bienfait, la gratitude l'est à la bienfaisance. Service pour service, c'est la reconnaissance ; sen-

(r) Exîrait de l'ouvrage intitulé: le Psyché des Jeunes Personnes, 2 vol. in-12. Prix: 6 fr. — Eymery, éditeur de la Bibliot. univ, d'Educ, quai Voltaire, 1 5 ; — et cher M. Lévi.

liment pour sentiment, c'est la gratitude. La gratitude est pour le don gratuit désintéressé. La reconnaissance, dans ce cas, doit être profonde, délicate ; elle doit partir de l'âme et durer toujours. La pratique des devoirs d'un cœur reconnaissant est douce à remplir. Elle n'est point pénible comme celle des autres vertus, elle est au contraire suiviedet.Tnt déplaisir qu'une âme noble s'yabandonnerait toujours avec joie quand même elle ne lui serait pas imposée par les bienfaits reçus; elle est la mémoire du cœur.

J.-J. Rousseau dit que la reconnaissance est un devoir qu'il faut rendre et non pas un droit qu'on puisse exiger, et Shakspeare : que la reconnaissance est un noble et digne salaire pour les âmes généreuses, et le seul trésor du pauvre.

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