AUDITION
En quoi consiste l'audition, et sous quel point de vue faut-il la considérer?
L'audition consiste dans la perception dès vibrations sonores. Pbiir concevoir de quelle manière elle peut s'opérer, on doit d'abord examiner la nature du son, coiilment il se produit et se propage; tonnaîli'e l'organisation de roreille destinée à le recueillir; examiner enfiriles efTéts du Son sur cet organe, et cortinlent, pat- son entremise, il peut parvenir jusqu'au cerveau.
Donnez- nous quelques généralités sur le son ?
Le son est l'effet des vibrations des corps. Tous sont susceptibles de ces mouvements oscillatoires qui, devenant perceptibles dès qu'ils s'effectuent 32 fois par seconde, se pro])agent au loin moiris ])romptement que la lumière ; l'air eii est le véhicule; les couches atmosphériques qui entourent le corps en vibration se déj)loient en ondes circulaires qui diminuent d'intensité à mesure qu'elliss'éloignenf, et se rcflérhiàsent quand elles rencontrent un ohst.icle, en imprimant à ce corps qu'elles ne peuvent dépasser un mouvement vibratile qui augmente le son primitif. Le son réfléchi à une distance assez considérable pour être perçu une seconde fois d'une manière distincte, coDStilue l'écho.
Le bruit est un son confus ou le mélange de .sons divers qui produisent une perception indistincte. Enfin analysé par l'oreille et divisé en sept tons, le son sert à former l'échelle musicale connue sous le nom de gamme, avec laquelle on peut figurer les innombrables modifications dont il est susceptible.
Quelle idée peut- on se faire de l'organe de Vouïe et du mécanisme de l'audition ?
UdreiUê, où réside le nerf acoustique, organe essentiel de l'audition , a été divisée en trois parties principales: une externe, une moyenne, une interne.
L'oreille externe, composée dti pavillon et du conduit auditif, a été cohiparée à un cornet acoustique, destiné à rassemble!' les rayons sonores et à les réfléchir dans la cavité intérieure. Un fibro-carlihige, recouvert d'une couche cutanée, constitue l'auricide, contournée en divers sens, de manière à présenter des saillies et des enfoncemefi's bien propres, selon Boe/have, à la colleclion des sons qui vont se réunir dans le conduit auditif, cou)me dans un foyer comnlun. Cet apj)endice n'est pas néanujoins d'une graiule importance; enlevée dans certains cas, l'.iudilion , d'abord un peu dure, reprend bientôt sa délicatesse premièrct
Les rarons sonores, rassemblés en un faisceau au-devant delà conque, s'introduisent dans le canal de communication , qui est la partie extérieure de l'oreille à sa partie moyenne.
Oreille moyenne. Parvenus au fond du conduit auditif après un trajet de 9 à 12 lignes, ils frappent la membrane mineure et transpareute, tendue au-devant de la caisse du tympan; les frémissements se communiquent à la chaîne des osselets qui traversent cette cavité. L'air qui les environne, renouvelé sans cesse par la trompe d'Eustache, entre en vibration; le son va retentir dans les cellules mastoïdiennes , et la membrane de la fenêtre ovale, convenablement tendue ou relâchée par l'étrier, dont le muscle se contracte plus ou moins, oscille à son tour et va transmettre ses mouvements à l'oreille interne. Il est probable que 11 membrane de la fenêtre ronde, pareillement ébranlée, vient aussi contribuer à la perception des sons.
Oreille interne ou labyrinthe. Les vibrations des deux membranes que nous venons de nommer se communiquent à la lymphe de cntugno. Ce liquide, dans lequel flotte la substance pulpeuse du nerf acoustique , remplit les cavités osseuses et sonores du labvrinthe ; répandu dans le -vestibule, suivant les contours du limaçon et des canaux demi-circulaires, il porte aux filaments des nerfs auditifs la moindre oscillation, qui, fidèlement recueillie , va avertir le cerveau du son produit.
Quel degré d'utilité l'expérience assigne aux différentes parties de l'organe de l'audition?
L'oreille externe, nous l'avons déjà observé , n'est point essentielle à la perception des sons; on peut enlever le pavillon sans qu'il en résulte des dérangements notables; pourtant est-il vrai de dire que l'application d'un cornet acoustique facilite l'auditiou chez les individus qui ont l'oreille dure.
L'entière obstruction du conduit auditif^ soit par du cérumen ou un corps quelconque , produit la surdité complète.
Une perforation légère de la membrane du tvmpan ne semble pas entraîner d'inconvénient; cependant l'oreille qui en est totalement privée paraît moins apte à recueillir les sons faibles et lointains.
L'interruption ou la destruction de la chaîne des osselets ne cause point la surdité, mais les sons ne sont plus aussi distincts ; il est même probable qu'on cesserait de les entendre, si l'étrier et les membranes des fenêtres ovales et rondes étant détruites, la Ivmphe de cotugno venait à s'écouler.
La trompe d'Eustache sert à renouveler l'air de la caisse; un vide serait le résultat de sou oblitération. Alors les vibrations, seulement transmises par les osselets , ne devaient produire qu'une sensation obscure. Certains auteurs ont prétendu que le conduit guttural servait encore de rayons sonores; mais cette opinion, fondée sur ce que, quand on écoute attentivement, on tient la bouche entr'ouverte, peut être combattue en disant que celte position a pour but d'agrandir la capacité des conduits auditifs par l'abaissement des condyles de la mâchoire, comme chacun peut en faire l'expérience par l'introduction du petit doigt dans l'oreille au moment où l'on exécute le mouvement.
La liqueur qui remplit l'oreille interne semble avoir une autre importance. Sans elle, les nerfs auditifs, dépourvus de leur mollesse , se trouveraient incapables de percevoir et transmettre les sons; ils ne seraient plus frappés par les mouvements ondulatoires qui doivent l'agiter sans cesse. C'est à son absence que des écrivains célèbres rapportent la surdité sénile, lorsque la vie étant presque éteinte , toutes les sécrétions paraissent s'épuiser.
Enfin la paralysie de la portion molle de la septième paire anéantit sans retour la sensation de l'ouïe.