POESIE BIBLIQUE
La Bible , le Livre par excellence, le premiei' et le plus précieux des livres, et par sa date et par les merveilles qui y sont renfermées, la Bible porte le cachet de l'Esprit- Saintquil'a dlctét'.
Impossi]>le de méconnaître cette divine inspiration; elle éclate, elle se manifeste à chaque verset de cette œuvre sublime si
bien appelée le Livre des livres. On a comparé Homère à un grand fleuve auquel viennent s'abreuver à l'envi poètes, peintres, sculpteurs, hommes d'éiat, guerriers. Si l'Iliade et rOdy,-,sée ressemblent à un fleuve dont les flots coulent à pleins bords, que dira-t-on de la Bible? Quel océau que ces pages où se reflètent et le ciel et la terre, et
Dieu et l'humanité' ; Dieu avec ces mystères, la ferre avec ses hiirmoiiies? Que diia-t-on de ce livre qui a une leçon pour tous les âges et y)Our les mille circonstances de la vie, qui embrasse les destinées de l'univers, en partant du cliaos pour arriver à l'cternité, et que prophètes, légibla^eurs, rois, apôtres, ont écrit tour à tour pendant un espace de seize siècles?
Voilà bien l'immense Océan où sont venues s'abreuver toutes les intelligences! Voilà bien l'arsenal où tous les peuples, tous les cultes, tous les poètes, tous les philosophes, tous les artistes, ont pris des armes, armes d'une trempe divine, dont rien ne peut aliérer l'éclat et la pureté !
Etnousneparloiis iciquedela supériorité poétique, que des trésors d'inspiration qui ruissellent à cha(]ueverset,quederéIévation des images, de la hardiesse desex])ressions. A tant de mérites il faut encore joindre la profondeur des vues morales, politiques, historiques, l'intérêt du drame, la fidélité des descriptions, le relief des mœurs, le modelé des physionomies, le luxe (blouissant des couleurs, la vérité des observalionsscientifiques, confirmée par des découvertes modernes. Devant cette réunion on ne peut qu'admirer et fléchir le genou ; nous le répétons : impossible de méconnaî're 1 inspiration divine, le souffle de l'Esprit-Saint.
Comme tout ce qu'on est convenu d'appeler poésie pâlit au contact de la Bible! Et les richesses des dialectes de la Grèce et de rionie, harmonies ensemble par le génie créateur d'Homère, et les formes pures de l'hexamètre virgilien, si bien trempé au feu des muses, que tout cela est terne auprès du verset des livres sacrés, se déroulant librement, sans les sa van les cond/maisons de la prosodie et les gracieux enlacements des spondées et des dactyles!
Ce verset avec son allure vagabonde, ses formes heurtées, la conjonction c( souvent répétée, ce verset ne s'amuse pas à caresser l'oreille ; il entre dans le cœur, il façonne à son gré le langage des hommes, il le graAdit
à des proportions surnaturelles. Cet effet, rtous le ressentons à travers des traductions imparfiilesjdes traductions qui ne sont que la copie de la copie. Heureux aussi celui qui peut lire la Bible dans la langue hébraïque! pour celui-là la poésie prend un corps.
Ouvrez la Genèse; quel tableau que celui de la création du monde !
« Au commencement, Dieu créa le ciel « et la terre.
n Mais la terre était stérile et vide, les « ténèbres voilaient la face de l'abîme, et « l'esprit de Dieu voguait sur les eaux.
« Et Dieu dit : que la lupaière soit ! et la « lumière fut. »
A ce langage si mâle, si austère, on entre dans un monde nouveau, dans le monde des miracles et des réalités. Que deviennent les fables d'Hésiode et d'Ovide ? Le chant de la Théogonie ne peut égaler l'imposante grandeur du tableau de Moïse. H est vrai que Moï^e, indépendamment de l'inspiration divine, éclipse les plus hautes figures de l'antiquité.
Israël était opprimé en Egypte; car peuples et rois avaient également oublié les immenses services rendus par Joseph à la terre des Pharaons. Sous le règne de Rhamsès-Méiamoun les souffrances des enfants de Jacob devinrent intolér.Tbles ; contre eux s'élevaient îles préjugés nationaux, contondant les Hébreux dans la haine qui frappait les Hycos, les anciens conquérants «le l'Éi^yptc.
Rhamsès-Méiamoun ne se contenta point d'emplover les Israélites aux gigantesques constructions dans lesquelles se plaisait sa vanité, il voulut atteindre ses victimes jusque (i.ins leur avenir, et anéantit" un peuple dont le rapide développement lui faisait ombrage; il ordonna d'étouffer, au moment de leur naissance, tous les enfants mâles des Hébreux en n'épargnant que les filles. Cet ordre ne fut pas exécuté; alors il prescrivit à ses sujets de jeter dans le
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Nil les fils d'une race proscrîfe. C'est dans èes circohs'ances que Jocabed , la compagne cl'Amram, de la tribu de Lévi, accoucha sec j élément d'un fils.
Pendant trois mois ses parents le dérobèrent à tous les regards, miis le moindre •vagissement poiiviiit les trahir. L'esprit de Dieu inspira Jocabed; elle a déposé l'enfant endormi dans une nacelle de jonc enduite de bitume; elle le porte au boi-d du Nil, et le laisse sous la garde de sa fille Marie; la sœur veille au salut du frère. La fille du roi, la princesse Thermutis, "vint pour accomplir de pieuses ablutions; elle aperçoit la nacelle , la beauté de l'enfant , touche son tœur ; elie l'adopte, et la mère devient la nourrice de son fils, qui reçoit le nom de Moïse (sauvé des eaux).
Moïse grandit dans le palais des rois; la protection de Thermutis le défend contre tous les périls qui menacent son enfance; il jiai ticipe aux lumières d'une civilisation avancée, il s'abreuve aux sources de la science, étudie les secrets ressorts qui font mouvoir la société égvptienne. Mais tout en admirant les merveilles de l'agriculture et de riudus'.rie de ce peuple quia conquis un royaume sur la mer et sur le Nil, tout en appréciant la haute sagesse de ses institutions, le jeune Israélite sent le néant de l'homme réduit à ses seides forces, privé du souffle inspira'eur de Dieu.
Pour manifester les sentiments qui l'animent, il n'attend qu'une occasion; le spectacle de la détresse d'un de ses frères, accablé de coups par un guerrier égyptien, le remplit d'indignation ; il s'élance entre la victime et le bourreau; celui-ci lire son glaive; Moïse saisit sur le sol une branche de nopal, le frappe et le tue.
Le lendemain Moïse sort de l'Egypte, et se réfugie en Arabie, dans le pays de Madian, non loin du mont Sinaï.
Auprès du pui's du palmier, le voyageur défendit les filles de Jéthro,du prêtreroi de Madian, dont il devint ensuite le gendre par soa mariage avec Séphora.
Pendant une lougue série d'années, il vécut tranquille au désert, et il semblait y être fixé pour toujours, lorsqu'en conduisent le trou[)eau de son beau-père sur le mont Horeb, il aperçut un buisson embrasé qui projetait une grande clarté; mais la flamme brillait sans que le buisson lui servît d'aliment et se consumât. IVIoîse s'avança pour pénétrer la cause de ce phénomène.
Une voix se fit entendre, la voix du Seigneur qui parlait du buisson, et dit: «Moïse! Moïse! — Me voici, répondit-il.
— N'approchez pas ainsi. Otez vos sandales, vous foulez une terre consacrée. Je suis le Dieu de votre père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'isaac, le Dieu de Jacob. »
Moïse cacha son visage dans ses mains, n'osant pas contempler la splendeur de Dieu.
« J'ai vu le deuil de mon peuple qui gémit en Egypte, j'ai entendu le cri de détresse que lui arrache la cruauté des intendants des monuments, et connaissant sa douleur, je suis descendu pour le tirer de cette terre hostile et le conduire sur une terre amie et spacieuse, terre où coulent des ruisseaux de lait et de miel, au pays des Chananéens, des Hétéens et des Jébuséens. Le cri des enfants d'Israël est monté jusqu'à moi, el j'ai vu leur affliction sous le joug oppresseur des Égyptiens. Mais venez; je vous enverrai f.uprès de Pharaon, afin que vous tiriez de l'Egypte mon peuple, les enfants d'Israël. »
Moïse répondit à Dieu:« Qui suis-je, moi, pour aller auprès de Pharaon, et pour conduire les enfants d'Israël hors de l'Egypte?
— Je serai avec vous ; et vous aurez un signe de votre mission. Lorsque vous aurez conduit mon peuple hors de l'Egypte, vous offrirez à Dieu un sacrifice sur celte montagne.
— J'irai donc vers les enfants d'Israël, et je leur dirai : « Le Dieu de vos pères m'a envoyé vers vous. » S'ils me demandaient quel est son nom, que leur répoudrai-je ?»
Dieu dit à Moïse : « Je suis celui qui suis. Vous répondrez aux enfants d'Israël: Celui qui est m'envole auprès de vous.»
Dieu dit encore à Moïse : << Vous parlerez ainsi aux eufants d'Israël : >( Le Seigneur, le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham , d'Isaac et de Jacob , m'a envoyé vers vous. Le nom de Jéhovah est celui que j'ai de toute éternité ; c'est aussi le nom qui perpétuera mon souvenir daus la suite des siècles. »
« Allez, assemblez les anciens d'Israël, et dites-leur : Le Seigneur, le Dieu de vos pères m'est appnru, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jncob , me disant : Je suis venu visiter votre infortune , et j'ai vu tous les maux qui vous ont accablés en Egypte.
« J'ai mnrqué le terme du deuil, l'heizre de la délivrance. Vous irez résider sur la terre de Chanaan, sur cette terre qu'arrosent des ruisseaux de lait et de miel.
« Ils écouteront vos paroles ; avec les anciens d'Israël , vous vous présenterez au roi d'Egypte, et lui direz: Le Seigneur notre Dieu nous appelle; nous devons nous avancer à trois journées de marche dans le désert pour offrir un sacrifice à l'Eternel.
« Mais le roi d'Egypte ne permettra point ce départ sans l'intervention d'une main puissante.
« J'étendrai donc ma main, et je fra])perîii l'Égvpte de toutes sortes de prodiges, accomplis en présence des habitants qui vous jiermettront alors de partir.
« Mon peuple trouvera grâce devant les Egyptiens, et il ne sortira point les mains vides :
« Car les femmes d'Israël demanderont à leurs voisines, à leurs hôtesses, des vases d'argent et d'or, de riches vêtements; de ces vêtements elles couvriront leurs fils et leurs filles, et l'Egypte sera dépouillée. »
Moïse dit alors : « On ne me croira point, on n'écoutera pas mes paroles; mais on me dira : Dieu ne t'est pas apparu. »
Dieu lui demanda : -i Que tenez-vous à la main ?
— ■ Une verge.
— Jetez-la sur le sol. » Il obéit, elle se changea en serpent, A cet aspect il s'éloigna vivement comme pour fuir.
Mais le Seigneur : « Etendez la m;iin , et saisissez la queue de ce serpent. » Il le fit ; la verge reprit sa première forme.
«Maintenant ils croiront que le Seigneur vous est apparu. IMettez la main dans votre sein. » Lorsqu'il la retira, elle était couverte d'une lèpre blanche comme la neige. n Mettez de nouveau la main dans votre sein. « Cette fois il la sortit nette et pure.
« S'ils ne croient point au premier signe de votre mission, dit le Seigneur, ils croiront au second. Si cela ne suffit pas , s'ils n'écoutent pas votre voix, prenez de l'eau du fleuve, répandez-la sur le sable, elle se ciiaiîgera en sang. »
Mais Moïse : « Seigneur, je ne suis pas éloquent, et depuis que vous m'avez parlé ma langue est encore plus lente et plus rebelle.
— Qui a fait la bouche de l'homme , et le muet et le sourd, et le voyant et l'aveugle, n'est-ce pas moi ?
« Allez donc. Je serai daus voire bouche et je vous inspirerai vos paroles, u
Moïse s'écria : « Je vous en conjure, Seigneur, envoyez un homme digne de cette mission. »
Irrité contre tant de refus, le Seigneur dit: « Votre frère Aaron, de la tribu de Lévi, est éloquent; il viendra au-devant de vous à votre arrivée en Egypte, et votre aspect fei'a tressaillir son cœur de joie.
« Parlez-lui donc, et mettez mes paroles dans sa bouche. Je vous inspirerai tous deux; je dirigerai toutes vos actions.
« Il parlera potirvousau peuple; il sera votre organe; vous serez, vous, son guide dans toutes les choses qui concernent Dieu.
« Prenez en même temps cette verge qui vous servira à opérer des prodiges. »
Désormais le rayon de feu est descendu sur le front de Moïse; il reiourne en Egypte, délivre ses frères, les guide vers la terre
promise, fait jaillir l'eau des flancs du rocher, pose les bases d'une législation qui brave les efforts du temps, et après avoir écrit la Genèse, V Exode, le Lévilique^ les Nombres, le Deutéronorne, s'endort dans le seia de Dieu.
Certes, voilà le véritable poète ; car la poésie ne réside pas seulement dans l'arrangement des mots, elle est surtout dans les ])ensées, dans le but, dans l'utilité. Il ne faut pas qu'on puisse lui demander comme ;.ux sonates : Poésie, que me veux-tu ?
Jamais on n'adressera une semblable question aux sublimes ouvrages de Moïse; il suffirait de les méditer sans cesse pour devenir meilleur. En saisir quelques lambeaux, se colorer d'tau reflet, c'est atteindre d;ln^ les arts à la gloire de Michel-Ange, d.ius les lettres à la poésie de Millon, à l'éloquence de Bossuet.
^laintenunt est-il facile de définir cette élona.ii'ite supériorité? Non, il n'y a que (les citations qui puissent en donner une idée. Mais la traduction ressemble à un voile lareinent diaphane. Le moyen de rendre dnns nos langues uîodernes l'impétueuse énergie de la langue hébraïque, brûlante des feux du désert, agrandie par la parole des prophètes, toute palpitante de l'inspiration divine !
Ce qu'il y a surtout d'étonnant dans la Bible, c'est cette adorable simplicité, celte naïveté de mœurs et de descriptions qui vous transportent comme par enchantement sous la tente nomade des patriarches, au pied des pvraniirles de l'Egypte, en face :ie l'arche d'alliance, aux bords du Jourdain, sur les terrasses des maisons de Jéruhaleiii ou au milieu des splendides monuments de Babyloiie, alors que, puni de ses erreurs, Israël captif suspendait ses harpes aux saules de l'Euphrate.
Aujourd'hui même, le voyageur en traversante désert, a l'aspect d'un camp arabe, retrouve ies tableaux de la Bible; et cette fidélité si profonde ne se borne pas seulement aux usages , aux traditions, aux as-
pects des sites, à la coupe des monuments ; l'homme moral, avec ses instincts, ses passions, ses désirs, ses rêves, ses projets, est aussi fidèlement reproduit. Point de sentiments forcés, rien qui dénote l'exagération ; dans le bien comme dans le mal chaque caractère est pris sur le fait. La meilleure étude psychologique que l'on puisse faire se trouve dans la Bible.
Précisément cette réunion constitue l'essence de la poésie ; et comme au fond de tous les tableaux domine la figure de Dieu, les moindres détails s'ennoblissent. Grâce à cette imposante figure, les mœurs bibliques fout bien pâlir les mœurs homériques. Ces dernières pourlant r.<: manquent ni de dignité ni d'inlérêî. A.chillp , préparant de ses mains le repus de l'I; ,spi!alité, appartient à une époque primitive d'héroïsme et de poésie ; on aime à voir de pareils travaux occuper les mains qui dévorent les lionimes; on sent que le sceptre du roi n'était la veille encore qu'un bâton ])as!oral ; mais Abraham est bien plus grand lorsque, dans la vallée de Mambré, il invite trois vovageurs, trois anges du ciel, à entrer dans sa tente.
A mesure que la civilisation hébraïque se développe, la poésie de la Bible subit de nombreuses modifications. Bien différent des autres peuples chez les([uels l'esjjrit de critique et de doute de l'âge mûr détruit les inspirations chaleureuses de l'adolescence et de la jeunesse , bien différent de la plupart des peujdes dont on a dit que la poésie était assise à leur berceau, la philosophie à leur tombeau, la même puissance de génie se manifeste à toutes les pages de la Bible.
Pourlant, il faut le (^ire, quelque chose de plus entraînant, de plus poétique, te révèle dans le Pentateuque , dans Job , dans Isale, dans les Psaumes Ae. David, le Cantique de Salomon, les Lamentations de Jérémie, et dans les chants des autres prophètes qui, sans soulever les mêmes flots de tristesse que Jéréraie, ont si profondemeot
creusé les mystères de la nature humaine.
L'espérance, la foi dans l'avenir, reposant sur les promesses de Dieu, sur les souvenirs de la vocation d'Abraham, la perspective du Messie, voilà ce qui caractérise les livres saints des Hébreux, ce qui leur donne un cachet spécial ; au premier aspect, la poésie arabe semble offrir de nombreuses analogies. Il s'agit aussi d'une nation qui remonte à Abraham, d'une nation qui professe le culte des ancêtres, qui se compliît dans la noblesse de ses généalogies, qui, au moyen d'une langue richi', sonore, pompeuse, décrit toutes les merveilles du désert, et la vie pastorale, et le camp nomade, et les rivalités de tribus , et le courage des scheiks, et la course rapide des chevaux dévorant l'espace.
Mais les traditions d'un Dieu créateur, et les préceptes de la religion naturelle se sont effacés sous la tente de l'Arabe, et sa poésie n'a qu'une grandeur stérile et mo-
notone. Là point de retentissement; on sent
qu'à ce luxe de métaphores, qu'à cet éclat de couleurs, qu'à cette harmouie de sons, manque ce qui fait la profondeur des livres saints des Hébreux, la foi dans l'avenir, le nom de Jéhovah, et celte mystérieuse terreur qui se mêle dans la Bible à tous les enchantements de l'espérance.
Mais le moment est venu , les prophéties vont s'accomplir; le Messie, annoncé par tant de voix inspirées, est né dans une étable; il a revêtu les infirmités de l'homme sans cesser d'être Dieu; il vient souffrir avec nous; il vient nous sauver par le grand sacrifice du Golgotha.
Ici commence une ère nouvelle; l'inspiration poétique reçoit une sublime modification; plus de terreur, plus de lamentations; c'est un chant de bonheur à peine interrompu par le grand cri que pousse la divine victime, cri qui annonce le salut du genre humain.