MOEURS DES ARABES
En Europe, les villes forment la force et la puissance des Etats, les campagnes n'en sont qu'nn accessoire dans leur dépendance. C'est tout le contraire en Afrique. Les villes dans l'ancienne régence sont rares, et à l'exceprion d'Alger, r.mcienne place d'armes des Turcs, le dépôt de leurs rapines sur mer et sur terre et le siège de leur gouvernement, elles sont en général petites, chéfives, remplies de mauvaises petites maisons entassées sans ordre, entourées d'un mur eu pisé, .sans fossés. Les Musulmans qui les habitent, connus sous le nom de M.iures, sont la ])lupart marchands ou artisans; plusieurs possèdent des jardins arrosés, sons la protection des murs de 1 1 ville, qu'ils foulculiivcr p.ir leurs esclaves; rarement la culture s'étend plus loin. On y trouve aussi quelques fauùllesjuivcs. Dans quelques-unes des princip.iles villes, on voit en outre des Coulouglis; cette race croisée, issue des Turcs et de»- femmes maures, formait une milice à la solde des beys ou gouverneurs des provinces. Maintenant les Coulouglis, en butte aux a'taques des tribus arabes et à la haine des M.iures, sans appui et sans point de réunion, traînent une existence précaire.
Quant aux Maures, ils se mettent bien à l'abri des ravages habituels des nomades des campagnes derrière les murs de la ville; mais iorsfpje ceux-ci se présentent en force, citadins timides et peu aguerris, ils sont incapables <le se préserver de leurs attaques et du pillag''. Réduits à implorer la ])rotection du bey ou d'autres chefs nomades, ils végètent dans la crainte et le mépris, courbés sous le sabre du plus fort. Le bey de la province fait construire une citadelle et V laisse une garnison pour dominer toute Id ville qui en vaiit la j)fine. Les Maures comptent à peine dans la population du
pays, dont ils ne forment qu'une très faible