‹ La Mère-institutriceChapitre 182 sur 224 · QUI SE TROUVENT RUE DE LILLE, NO I · texte numérisé non relu

QUI SE TROUVENT RUE DE LILLE, NO I

I" Année i83i. — L'Utile et l'Agréable, in-8° . r. 2 fr. 5o c.

1" Année i83a. — L'Utile et l'Agréable, in-8° 2 5o

3 Année i833. — L'Utile et l'Agréable, in-8° a 5o

4' Année 1 834. — La Mère-Instilutrice ou l'Utile et l'Agréable, in-4°. 10 »

5* Année i835. — La Mère-Institulrice, in-4"\ 10 »

6* Année i836. — La Mère-Institutrice, in-4'' 10 »

7*^ Anuée 1837. — La Mère-Institutrice, in-4° 10 »

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LA MORT D'UiN JUSTE.

Pour fêter un élu les cieux se sont ouverts, Et les anges là-liaut comnienccnt leurs conceris : Un grand saint, un grand juste abandonne la terre : (Jalme et majestueux sous la main de la mort, Avec ce front si pur qu'aucun trouble n'altère, Après son long voyage il a touché le port.

Et partout c'est un deuil immense!

Et chacun se regarde, et chacun fait silence : Le peuple désolé le pleure à deux genoux ; Le prêtre se demande : Où sera ma lumière ? L'orphelin crie au ciel: Qui me rendra mon père? Et le pauvre : Qui donc aura du pain pour nous?

Et le jeune homme aussi, dont l'ame faible penche (Jomnieun lierre proscritdont on brisa la branche; Il a perdu le cœur où pleurait son émoi: Il tremble de penser qiie"^ dans son plus jeune âge,

Il manque une sublime page

A son beau livre de la foi!

L'église n'aura plus sa brilianlp. auréole : Elle n'entendra plus celte voix qui console, Celte voix qui savait plaindre, toucher, punir: Celte morale à lui, qui vers la confiance Uameuait le pécheur, lui rendait sa croyance, Et qui convertissait à force de bénir!

Oh! disait-il souvent à celte jeune foule : Regarde/., mes enfaus, le ruisseau qui s'écoule. Au milieu de ses prés, au milieu de ses Heurs , N'est-il pas plusheureux que ce torrent qui gronde. Qui, parmi les écueils des rochers et de l'onde. Va se perdre, gonflé de débris et de pleurs?

SoyoD: bons, mes enfans ; cela fait bien à l'ame : C'est un charme profond, un céleste dictame* Que gagne le mauvais à suivre ses penchans? Pour lui sont les remords qui dévorent la vie, "La, fatigue du mal de haine poursuivie ; Les malheureux sont les méchans!

La roule vers le ciel est fleurie et facile : Dieu conduit par la main son élève docile: Le front que Dieu «oulictil n'est jamais abattu:

Aux bons le calme, même au sein de la souffrance ; Aux bons le sommeil pur doré par respérauce : Car le bouheur, c'est la verlu !

11 répétait : Aimez! et Dieu vous fera croire : Tout ce qu'il enseignait de la divine liistoire. C'est l'amour du Sauveur mort d'amour sur la croix : Quand il disait Jésus, doux enfant, et Marie, Avec sa faible voix doucement attendrie, Les y eux mêlaient leurs pleurs aux larmes de sa voix.

Oh! oui! ce qu'il prêchait il l'a tenu, cet homme : Toute sa vie il fut humble et modeste, comme

Le fils du pauvre en son berceau :

Et dans son ame blanche et sa noble pensée, Comme au lac pur du ciel, nulle ombre n'est passée,

Qui ternit l'azur de son eau!

Dieu, quand il va juger son ministre fidèle. Peut ouvrir «n sa main la balance immortelle Par qui tant d'ici-bas se verront condamner; II peut de son soleil appelant la lumière, A l'éternel flambeau mirer sa vie entière' Il ne trouvera rien quil ait à pardonner.

A lui doue, saiuls du ciel, votre large héritage ! A lui, qui de son or fit toujours le partage ; Lui, qui dans le secret commit toujours le bien ; Lui, qui de secourir fit sa plus chère étude. Et ne connaissant pas le mot, ingratitude! A donné pour son cœur et ne demanda rien!

Immortel bienfaiteur, il va prendre sa nlacc Ah livre de splendeur dont la page retrace Le beau qui fut au monde, et lègue à l'avenir Les noms canonisés, afin qu'en sa prière, Soir et matin, l'enfant redise avec sa mère Ces noms, près du Seigneur,quinous font bien venir.

Adieu! mes fils, adieu, disait-il ; voici l'heure ; El tous lui répétaient avec David qui pleure : Le juste va sans crainte au Seigneur, son appui; Mais il leur répondait avec le psaume auguste. Oh! c'est trop beau pour moi! c'est Dieu qui sait

le juste :

Mais la rédemption est grande auprès de lui!

fe. C6 <^

Cepeudaut sur ion front, ro}ale mélroijoli-, Fénélon, et François, el le héros dfi Paiile, Trinité de vertus, symbole glorieux.

Du saiijt lieu descendus sur un rayon de flammé,

Dans lecrs brnseiilr'ouverls recueillirent sou ame, El, fiers de leur trésor, remoulèient aux rieux.

M™2 Heumaxce Lesguillon.

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