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D'UNE DESCRIPTION DE LA VILLE DE CALCUTTA

( Traduit de l'Hiodoustani. )

Calcutta , aujouiJluii la plus vaste et la plus peuplée des villes de l'Inde, est agi'éablement situe'e sur le bord de la Baguirati (Ougly). Ses édifices variés, d'un genre d'architecture jusqu'alors inconnu aux Indes, surpassent en beauté ceux de la Chine et d'Ispahan... Les gouverneurs anglais du Bengale se sont fait un plaisir de contribuer à renibellissemeut de celte \ille , et ont consacré à cet objet des sommes énormes. Welleslev (frère de loi dWellington), s'en est surtout occupé avec succès. On lui doit entre autres le palais du gouvei-nement, monument remarquable qui n'a pas son pareil sur la terre...

Malheureusement l'air de Calcutta est humide et salin... Les couleurs des élcffes s'y allèrent promptement , le rouge s'uvlout s'elïâce tout à fait; les sorbets, les sirops, les électuaires s'y corrompent et les robs les plus secs s'y gâtent souvent. L'humidité est telle que le sol des maisons est toujours mouillé, et même les murs jusqu'à deux ou trois coudées de hauteur; aussi les habitations qui n'ont qu'un étage sont-elles fort incommodes, car on n'en peut guère habiter levez-de-chaussée — On boit l'eau des étangs qu'alimente la pluie ; on ne saurait se servir de 1 eau des puits qui est saumâtre, ni de l'eau courante qui, près de la mer , est toujours lourde, surtout pendant la marée, lorsque l'eau amcre de l'Océan refoule l'eau douce des sources...

Parmi les édifices qui embellissent la métropole actuelle de l'Inde, on dislingue, dans le quartier des Arméniens, leur magnifique église, situéeentie le grand bazar et le ckmi'^ba&nr, plué belle sans conlreditquetoutcâ celles des Anglaiset des Portugais. Ce monument vaste et majestueux, un dos plus remarquables de Calcutta, fut bâti par le prévôt des marchands arméniens, en 1724 de Jésus-Christ ; l'horloge surtout est un chef-d'œuvre d'art et de travail...

A une petite distance de la ville, du côté du midi, se trouve le fort William, bâti sous le gouvernement de lord Clive, après la fameuse bataille du Plassey./.

A l'ouest de ce fort majestueux, et audelà de la rivière, est situé sur le bord de l'eau le jardin de botanique dont l'étendue est telle qu'on n'a pu l'entourer d'un mur de clôture. ..Au carrefour de quatie allées, on a érigé un monument il la mémoire du colonel Ryd, qui donna aux directeurs ce vaste emplacement. Il est de forme octogone , et surmonté d'un dôme soutenu par huit colonnes. Quatre portes conduisent dans Uintérieur. Là s'élève une belle colonne, en marbre brillant comme du cristal, sur laquelle est placée la figure du colonel que soutient une statue allégorique. Voilà donc ce Kyd, jadis le pilier du gouvernement, dont le corps aujourdhui ne se distingue pas de la poussière. De même, un jouj-, celle co-

lonue sera lenveisce, ce dôme s'écroulera, ce majestueux édifice, en un mol, s'effacera de dessus la terre. Oh! cessons de bâtir des monumens inutiles ; songeons plutôt à nous élever ])ar nos \erUis une demeure pour leternilé. Celle-là subsis-

tera toujours, tandis que les édifices matériels que l'on construit en ce monde ne doivent avoir que quelques instans de durée. N'oublions pas pour ceux-ci, le seul qu'il soitiniporlant d'édifier.

Gakcin de Jussy.

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