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VLADIMIR-LE-GRAND

Vladimir, par la mort de ses deux frères se trouvait donc seul maître du trône.

Vous vous attendez certainement à voir le règne de ce prince tout rempli de crimes; aussi serez-vous bien surpris de ce que je vais vous raconter.

Vladimir étailidolâtrc comme son père, qu'Olga n'avait pu convertir ; il était tellement attaché à sa fausse religion , qu'il allait jusqu'à inventer de nouveaux dieux

pour les faire adorer au peuple. Ce fut lui cependant que le Seigneur choisit pour convertir toute la nation des Russes.

Un jour qu'un prêtre grec, lui parlait de noire sainte religion , du jugement dernier , des joies du paradis , des souffrances de l'enfer , Vladimir,, fiappé des paroles du prétie , reconnut combien il était fou d'adorer des idoles qu'il avait créées lui-même ; il jura de se faire chré-

tien , et d'engager tous les Russes à embrasser aussi le christianisme.

Mais pour obtenir le baptême , il eût ■ fallu l'aller demander au patriarche de Constantinople , et Vladimir était trop fier pour vouloir s'abaisser à une prière ; il 1 ésolut d'exiger le baptême les armes à la main.

Il pai l donc à la tête des troupes , arrive sous les murs de Kherson, ville siiue'e sur les bords de la mer Psoire , et qui appartenait à l'empereur grec ; il en fait le siège , s'en empare , et envoie dire à cet empereur, Constantin ( le Macédonien) , qu'il vient lui demander en mariage la princesse Anne , sa sceur : qu'à cette condition seule il acceptera le baptême.

Constantin, effrayé de la surprise de Kherson , consent à tout ce qu'il demande.

Vladimir avait alors un mal d'yeux tellement violent , qu'il ne pouvait plus les ouvrir ; mais on dit qu'au moment où l'archevêque lui versa de l'eau sur la tête pour le baptiser , le mal disparut , et le prince recouvra entièrement la vue ; ce miracle convertit tous les boyards , c'està-dire tous les seigneurs de sa suite ( car c'est ainsi qu'on les nomme en Russie ) , et persuada bien plus encore à Vladimir qu'il venait d'embrasser la bonne et véritable religion ; de sorte qu'au lieu de garder Kherson , il fît vœu d'élever près de là une belle église en mémoire de cet événement, puis il revint dans ses états, emportant avec lui des reliques de plusieurs saints.

C'est alors que ce grand prince , qui dernièrement élevait lui même des idoles, ■voulut êtie le premier à les renverser ; il fit attacher et traîner à la queue d'un cheval celle que le peuple aimait le plus ; puis on la précipita dans le fleuve de la ville.

Aussitôt après sa conversion, Vladimir devint tellement doux et bienfaisant , que les Russes ne reconnaissaient plus en lui le meurtrier d'Yarop*)lk ; il se montrait maintenant le père des pauvres ; il leur faisait porter par la ville les meilleurs plats de sa table, allait visiter les malades, et ne pouvait même plus se décider à condamner à mort les criminels qui l'avaient bien mérité. L'exemple de toutes ses vertus , joint aux instructions des prêtres , convertit une foule de peuple , et Vladimir eut le bonheur de voir souvent plusieurs milliers de Russes recevoir à la fois le baptême dans les eaux du Dnieper.

V ladimir avait eu douze fils ; l'un d'eux qui se nommai! Yaroslaf , eut la barbarie de se révolter contre ce bon père. Vladi mir , forcé de marcher contre lui , en conçut un si violent chagrin qu'il en tomba malade en route , et comme le roi de France Louis - le - Débonnaire dont vous connaissez bien l'histoire, il mourut des suites decechagiin. Le pauvre prince était bien à plaindre d'avoir un si mauvais fils I Mais peut-être que Dieu voulait par là lui faire expier en ce monde les crimes de sa vie passée.

Quand les Russes apprirent sa mort , ils poussèrent des cris de douleur : les pauvres, le peuple , les boyards , tous le pleurèrent comme le père de la patrie , et l'Église russe le mit au nombre des saints.

Cette histoire doit vous prouver, mes enfans , qu'il faut bien que la religion chrétienne soit la meilleure , puisqu'elle a le pouvoir de changer les cœurs les plus endurcis au crime ; vous devez donc vous estimer bien heureux de n'être nés pas au milieu des idolâtres ; n'oubUezpas d'en remercier Dieu dans vos prières.

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