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DES ORACLES

Après avoir interrogé les songes, tiré des pre'sages des météores, du niouvcin..nt des animaux dont ils étaient environnés, et l'on pourrait ajouter, d'une foule d'objets qui nous paraissent complètement insignifians, les hommes ont eu des oracles atlitrés : on a entendudes voix mystéjieuses sortir du sanctuaire ou de la statue de la divinité, et parlant en son nom; d'autics fois le dieu s'est servi clireciemeni de l'organe d'un homme ou d'une femme pour liansmellre ses ordres ou révéler l'avenir- H est à remarquer qu'il n'y a pas ou toujours fraude chez ceux qui se sont mêlés ainsi de prophétiser sous linspiraliondu di 'u. Très souvent, d'ailleurs, on a eniploj é des agens physiques pour provoquer, chez ceux qui rendent cies oracles, un désordre dans les oiganes, une exaltation religieuse dont ils ont été dupes eux-mêmes, et dont les femmes sont plus susceptibltfs encore que les hommes. Les sauvages de l'Amérique se procurent une sorte d'ivresse prophétique avec ia fumée (\u tabac; les peuplt^s de l'Océanie emploient la cava; les RamlchaJa'ies usent d'une espèce de champignon qui pioduit les effets les plus énergiques et les plus prompts. JNous savons que les Siiniies sVssavaient sur des siégos qui les soumettaient à l'action immédiate de certaines vapeurs éniviantes. Ce qu'il v a (Je cerlai:), d'un autre côlt, c'est que chez presque tous les peuj-les dans i'eniance , la fraude a aidé à une exaltation produite par des movens divers. Lorsque les Espagnols arrivèrent à Saint- IJominguc, ils découvrirent un tuvau d'argile cachéilans l'herbe, et au moyen duquel les prêtres faisaient rendre des oracles aux statues de leurs Zamès.

Le fameux Kircher a admis un moven •emblable pour expliquer les oracles de

l'antiquité; seulement il le complique de toutes les ressou<ces de la mécanique , pour r<q)pli(juer à un peuple avancé dans la civilisation,

L'évéque d'Alexandrie , Théophile , lorsqu'il fit détruire les temples des faux dieux, acquit la certitude que les oracles sortaient de statues creusées intéiieurement, et aboutissant par divers canaux à des souterrains. Du reste l'oracle, clans l'antiquité, se révélait ordinairement à l'homme de quatre manières différentes : par la voix sortant d'une statue ou du sanctuaire , par la bouche du prêtre ou celle de la Pythie , par des songes mystérieux, et enfin par écrit.

Les oracles les plus anciens ou les plus célèbres étaient ceux de Dodone, de Jupiter-Ammon, de Delphes, de Trophonius, et d'Apollon-Ciarien. Héiodote, en flonuantune origine communeauxoracles de Dodone et de Jupiter -Ammon , ne fait peut-être que nous mettre sur la voie d'une antique révélation religieuse, commune à ces deux oracles, li paraît que la voix prophétique ne se faisait entendre au milieu des chênes de Dodone, fju'apiès une \iolente percussion de vases d'airain suspendus aux arbres. On a lait peu de détails sur les oracles cpii étaient lendiis dans les temples souterrains tles Egvptiens ; cependant on sait que celui de Séiapis transmettait ses ié[)onses en songes. Quelques savans pensent que lea Israélites n'étaient point privés d'oracles, et qu'à une certaine époque de l'année, une voix mystérieuse sortait du propiliatoiie.

De tous les oracles de l'antiquité , le plus célèbre est celui de De'()!ies j le lieu où le tenq)la s'éleva, fut découvert par des chèvres qui, à ce qu'il païaît, furent étourdies par les vapeurs qui s'en exhalaient.

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Uoracle était rendu par une Femme, connue sous le nom de Ja Pvlhic 5 elle prolîoncait ses oracles en vers, au nom d'ApoHon : elle était assise sur un trépied îixé au sanctuaire, et disposé de manière à ce qu elle pût recevoir intérieurement les vapeurs qui s'exhalaient de la terre.

Il paraît que rexakalion religieuse qui s'en:j)arail des Pythies, en rerlaines occasions, n'élciii pas sans danger, et qu'on en a vu mourir à la suite t!es convulsions au milieu desquelles elles rendaient leurs oracles. Leurs vers, bien qu'inspirés par la divinilé, étaient quelquefois fort mauvais, ce qui servait de prétexte aux lailleries de certains philosophes épicuriens, se plaignant avec raison de ce que le dieu qui avait si Lien ins[)iré Homère, rclusait ses faveurs à la prêtresse interprète de ses volontés. On sait condjien étaient ambiguës les réponses de la Pythie, et combien il est i)robab!e que la plupart de ses oracles ont été ariangés après coup.

Pour consulter l'oracle de Trophonius, qui était presque aussi célèbre que celui de Delphes, il fallait s armer d'un certain courage. Pausanias nous a conservé les pratiques quOn exigeait de celui qui osait aller interioger la divinité. Après avoir adoré une statue qu'on ne vovait que dans cette occasion, on descendait dans une caverne qui avait la forme d'un ibur , muni d'un morceau de pâle pétrie avec du miel; on se glissait dans une fosse ; on se sentait alors entraîné au fond, et l'oracle vous était révélé par la vue ou par l'ouie;

on soi tait comme on était entré ; mais il fallait s'asseoir sur le trône de Mnémosyne et dire tout ce qu'on avait vu. 11 serait trop long de décrire tous les genres d'oracles en usage chez les anciens ; nous nous contenterons de dire qu'on s'aperçut bientôt qu'ils étaient fiéquemmenl gagnés; c'cit ce que voulait faire entendre Déraosthènes quand il disait que la Pythie philippisait.

QUESTIONS

1. — De quelles manières les oracles étaient-ils transmis aux hommes?

2. — De quel moyen se servait-on pour provoquer un désordre dans les organes de ceux qui rendaient des oracles?

3. — Par quels stratagèmes les piètres de l'antiquité faisaient- ils rendre des u:ac!es ?

4. — Par combien de manières les oracles de l'antiquité se révclaient-ils aux iiommes ?

5. — Quels étaient les oracles les pluâ anciens et les plus célèbres?

6. —Quels étaient les oracles des Egyptiens et des Israélises ?

^. -- Par quoi lotacle de Delphes étaitil remarquable?

H. — Comment consultait - on l'oracle de Tro[?honius?

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