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APRÈS LA CHUTE DE PHÈDBE

(Sujet donné au Cours de M. Lévi.)

11 est des êtres que le tnonde n'est appelé ni à connaître ni à juger, parce que le génie ne peut être véritablement apprécié que par le génie.

Quand l'ingratitude et les crimes du genre humain eurent provoqué la vengeance céleste , Dieu se montra clément jusque dans sa colère, et il envoya aux hommes l'espérance, pour les consoler et les soutenir.

La haine a prévalu : l'œuvre de ton génie, Phèdre tombe, ô Racine! et la douce harmonie. Et l'accent toujours pur de tes vers enchanteurs. Et tes accords touchants qui pénètrent les cœurs N'ont pu de la cabale écraser la puissance; Car la foule est vendue à l'or de la vengeance; Car tu n'as, pour juger tes chefs-d'œuvre nouveaux, Que lâches ennemis et per6des rivaux.

Comme l'oiseau des nuits redoute la lumière Et craint de soulever sa pesante paupière. Ainsi leur cœur se ferme aux sublimes beautés Que ton hardi pinceau trace de tous côtés.

Mais ce dernier tribut qu'on paie à l'ignorance, La honte n'en doit pas rejaillir sur la France, Elle en fera justice : oui, l'orgueilleux Pradon, Même avant de mourir verra périr son nom; Et toi, tu régneras !ô prince des poètes! ït, faisant parmi nous revivre les prophètes. Tu verras, en tumulte, accourir à ta voix. Et les grands, et la cour, et le peuple, et les rois.

Si ce n'est pas assez pour effacer l'outrage Que maintenant subit ton immortel ouvrage, Kacioe, il estencor, dans la religion.

Un plus vaste sujet de consolation ^

Des préceptes sacrés ta patrie éclairée,

La scène, par tes soins, désormais épurée ;

Et l'Europe, en un mot, te devant ses plaisirs.

Et la postérité, jusque dans ses loisirs.

Apprenant à bénir le Dieu que tu révères,

Sonl-ce des résultats que les vertus sincères

N'oseraient acheter au prix de ton repos?

Parle, si de ton cœur tu veux calmer les flots,

Si, pour rendre la vie à ton âme brisée,

11 te faut, loin du bruit, replonger ta pensée •

Dans le sein de ton Dieu, fuis ; mais auparavant

Conçois du moins l'espoir d'un retour plus brillant;

Contemple, dès ce jour, contemple avec ivresse

La noble récompense offerte à ta vieillesse ;

Dans les murs de Saint-Cyr vois tes admirateurs.

Des siècles à venir fidèles précurseurs,

Dans leurs justes transports prédire à ta mémoire

Pour ce triomphe heureux , une éternelle gloire ,

Et te placer au rang de ces esprits divins

Que le ciel a donnés comme exemple aux humaina.

M"« Pavt.

HISTOIRE

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