‹ La Mère-institutriceChapitre 218 sur 224 · LETTRE A UN JEUNE POÈTE · texte numérisé non relu

LETTRE A UN JEUNE POÈTE

Vous me demandez des conseils, ce sont plutôt , je crois , des «Mogcs que vous voulez. Vous vous adre.<!S<'Z à moi comme au plus sage et au plus compe'lcnl de vos amisjmais un instinct secirl «e vous dit-il pas aussi que , malgré ct-tte sagesse dont vous me gratifiez sans raison , je suis , entre tous , le plus disposé à encourager votre noble folie? Vous n'avez rien é[)argné pour me convaincre et pour m'iirraclier , à force d elo(jueuce , ce suffrage tant désiré.

Sous quelle inspiration maudite m'avezvous écrit ? quel layon vous a soudainement illuminé ? quelle main chérie a pressé la vôtre ? quels parfums inconnus avez- vous respires, pour que votre cœur épanche dans le mien d'aussi biûîanles confidences ? Votre jeunesse s eveil'e et chante comme un oiseau à son premier printemps ; c'est un luth éolien où chaque brise trouve son accoril dans le silence des nuits sereines , c'est un buisson en fleurs d'où s'échappe déjà le joyeux gazouillement des illusions naissantes. Et ce tumulte voluptueux de vos sens et de votre ame, ces éneigiques sollicitations de vos désirs dans la toute-puissance de leur virginité, ces élans douloureux veis la science de la vie , tout cela vous avez essayé de le rendre dans la langue divine des vers , et vous me faites votre juge. Vous voulez que je prononce si vous êtes poète ou si vous ne l'êtes pas ; vous attendez mou arrêt pour embrasser ou pour fuir à jamais ce que , dans volie profonde

inexpérience, vous appelez une carrière.

Ma vieilleamiiiépour vouspn-nd l'alarme, et je vous en veux de venir troublfr ma re-traite «mi m'imposaut un si grave souci. Quelle que soit ma décision, vous en soufl'rir'.'z amèremen'. Si je vous dis que vous n'êtes point poète , vous senz blessé à l'endroit le plus tendre de vous-mêcue.

Cms murmures intérieurs qui demandent impérieusement un écho au dehors , ces iressadlemens divins, ces lêveries soutlaiues et inspirées , en vous aveitissant de votre géni<' , démentiront mon arrôt. Vous ne ni'écoulerez pas , vous penserez quej'ai bit^n pu metrom|)er, et vous resterez l'esclave d'un penchant si plein d'attr.iits dès le début. El supposons que , grâce à mes consL-ils , vous dirigiez les ressources de votre ii.lelligence et de votre imagination vers un aven:r positif, n'aurez-vous pas d'éternels regrets d'avoir dit adieu à la gloire, votreillusion chérie? Votre ame mxstique et contemplative pouna-t-elle s'absorber, sans douleur , daus les détails matériels d'un métier , et ne me reprocher» z- vous pas un jour d'avoir été trop sévère et de vous avoir méconnu ? Mais si j'encourage vos travaux, si , pour me servir de la formule antii|ue, je vous affirme que le miel de l'Hymète repose sur vos lèvres , et que vous êtes le bien-aimé des nuises ,à (pioi vousservira mon suffrage } A vous précipiter aveug!6« ment dans une roule où vous rencontrerez plus de chances mauvaises qu'un autre , parce que vous éies pauvre, et qui devien-

dra pour vous un abîme dont vous ne sortirez pas. Je vous entends d'ici vous écrier dans votre enthousiaste : Et moi aussi je suis poète ! Vous voilà donc élevé' au dessus de la foule par cette appellation magique , et pour la justifier que n'allez-vous pas faire ? Déjà vous partez pour Paris , ayant drame , roman, poésies en portefeuille ou dans la lête. Déjà vous voyez votre nom rayonner pompeusement dans les annonces d'un journal ou derrière les vitres des cabinets de lecture. Déjà une salle entière de spectateurs transportés s'émeut et s'ébranle à vos paroles souveraines ; votre triomphe est proclamé par d'unanimes applaudissemens. Cette gloire , rebelle à tant d'autres , et dont les couronnes sont d'épines pour ceux qu'elle favorise , vous l'avez conquise sans effort , vous en jouissez sans amertume. Vous êtes Télu de la destinée , rien ne vous manque ici-bas.

Telles sont , n'est-ce pas ? et dès à présent , vos envies les plus profondes , vos espérances les plus caressées ? Oh ! Dieu me garde de lès entretenir ! N'ontelles pas assez d'aliment fatal en elles-niémes , sans que jy ajoute encore le poison de la louange. Non, je ne vous dirai pas: Vous êtes poète, vos vers sont assez beaux pour que vous en puissiez vivre ; vous êtes artiste par le cœur et par la pensée , tentez de le devenir par le talent. ISon ^ je ne vous le dirai pas. Si ma voix amie vous trouve docile , je priverai peutêtre votre patrie d'un grand homme de plus, mais ma conscience aura un remords de moins. Combien de jeunes hommes , comme vous , pleins de sève et d'ambition , et ne sachant comment dépenser leurs forces , ont été victimes des trompeuses fumées de leurs désirs ! Combien , séduits par la déplorable facilité d'écrire quelques ligues , se sont jetés imprudemment dans une carrière qui ne leur convenait pas , soit parce qu'ils n'avaient pas en eux le germe du talent, soit parce que

leur position de fortune ne leur permettait pas d'attendre qu'il fût développé par des études faites à loisir.

Et croyez-vous que ce soit une petite affaire que de se créer son talent , que de choisir sa spécialité? Il faut plus d'un jour pour découvrir les tendances réelles de son esprit ; il faut plus d'un essai pour savoir par quel côté on doit le moins désespérer de soi inêrae.

Voulez-vous écrire l'histoire ? commencez par l'étudier. Ce n'est pas dans vos souvenirs de collège que vous puiserez voli e science et la nouveauté de vos aperçus. Le roman vous tente-t-il comme plus facile et plus populaire ? Connaissez les hommes et vivez de leurs passions. Ce n'est pas dans votre village , où les cœurs sont droits , ou les mœurs sotit pures , oii les types sont peu variés , que vous apprendrez à donner de l'intérêt à vos situations , de la vérité à vos caractères. La renommée biuyante, mais de courte durée, des succès de théâtre vous séduitelle davantage ? Mais songez alors que vous n'entehdei; rien ati maniement de la scène , à la manière dont se chafpentent Mtx drafne, Une comédie. L'habitude est encore plus néccssaiie dans ce cas que dans tout autre ; il vous en coûterait cher pour l'acquérir. Peut-être enviez-vous la puissance du critique , et la besogne la plus courte et la moins épineuse est-elle à Vos yéùx un feuilleton ? Mais vous seriez en peine , j'imagine , de vous prononcer sur le mérite intrinsèque d'un livré quelconque. Vous n'avez encore rien lu , lien comparé , ou du moins , si Vous l'avez fait, vous n'en avez tiré aucun fruit ; ce n'est pas dans la solitude que vous avez pu former votre goût et mûrir votre jugement. Le sentiment de l'art n'a pas encore eu l'occasion de se développer chez vous.

Ainsi , vous le voyez , les premières bases de vos travaux, les élémeus les plua indispensables , vous ne les avet pas , et ,

les auriez-vous , qu'il vous manquerait encore une qualité' suprême, sans laquelle les autres ne sont rien : le style. Oîiprendrez-vous votre style ? N'est-ce rien que le style ? Cela vous semble peut-être chose de peu d'importance et de facile conquête. 0 illusion entre les illusions ! Mettez-vous à l'œuvre pendant quelques heures, et si vous n'êtes pas de cas vaniteux qui s'extasient devant les moindres mots sortis de leur plume , assurément vous serez mécontent de ce que vous aurez fait. Votre expression, vous la trouverez si faible et si bornée auprès de l'infini de votre pensée que la difficulté de faire mieux vous apparaîtra dans son effrayante étendue. Lorsqu'une e'molion inaccoutumée , prenant sa source dans la colère, dans l'amour ou dans toute autre passion, vient s'emparer de voire cœur, votre sang circule en vos veines plus rapide et plus brûlant ; votre cei'veau s'échauffe et semble ravagé par uti torrent d'idées tumultueuses qui cherchent partout une issue. Pour la leur donner, pour les faire éclore aussi grandes, aussi belles, aussi énergiques, aussi passionnées qu'elles ont été rêvées , vous pensez peut-être qu'il ne s'agit que de le tenter. Cet état fébrile et qui n'est que passager , c'est ce que vous appelez l'heure de l'inspiration. Eh bien ! ne la perdez pas puisqu'elle est venue. A l'œuvre , grand inspiré '.mais pourquoi votre main ne courtelle pas sur le papier? Est-ce que les mots se feraient attendre et ne viendraient pas se ranger docilement sous votre plume ? votre verve à peine allumée se serait-elle éteinte déjî ? Vous aviez de magnifiques choses à dire , que ne les dites- vous ? Ces paroles si chaudes, qu'elles devaient brûler votre lèvre eu passant , que sont-elles devenues ?

En vain vous vous frappei le front , la fin de la phrase commencée n'en arrive pas plus vite. — Ah I vous jetez votre plume , vous y renoncez , artiste sans

courage et sans patience , vous désespérez. Alors vous sentez donc que le style n'est pas l'esclave du premier venu. Ce n'est pas en feuilletant des traités de rhétorique , qui eux-mêmes ne sont pas toujours des modèles de style , que vous vous ini'.ierez à l'art d'écrire. Travaillez lentement ; méditez sur la valeur, sur la place , sur l'harmonie de chaque mot.

Soyez sévère pour le peu que vous ferez ; n'abandonnez jamais une phrase avant qu'elle ne satisfasse complètement votre oreille et votre intelligence. La prose doit être Une musique comme les vers. Voti'e pensée , quelque sérieuse et quelque profonde qu'elle soit, doit revêtir une formé simple, élégante et la plus poptilaire possible en même temps. Soyez moins originbl , mais soyez compris du plus grand nombre , cela vaut mieux. N'écrivez pas pour un public chosi, mais écrivez pour tout le monde. Votre voix en aura plue d'échos , et vos enseignemens en seront plus salutaires. N'affectez pas une forme plutôt qu'une autre , mais sachei; voua servir de toutes dans l'occasion. Si voS productions se distinguent par un cachet particulier , que ce soit à la nature de vos pensées plutôt qu'à la manière dont feUéS seront rendues qu'on le reconnaisse.

N'allez pas croire , mon jeune ami , que je regarde ces obstacles comme insurmontables pour vous. Vous avez une organisation qui n'est pas ordinaire , je le sais. \'ou3 auriez la conscience de votre noble entreprise. Le travail vous aiguillonnerait au lieu de vous rebuter , sans nul doute , si vous n aviez d'autre souci que le tiavail. Mais vous êtes pauvre, je ne saurais trop vous le répéter. Et, pendant ce long noviciat, qui vous nourrirait? Où trouveliez-vous le pain de chaque jour , et avec lui la tranquillité de l'esprit, le calme nécessaire aux graves méditations? Vous avez trop de fierté , trop de délicatesse pour rester plus long-temps à la charge tie votre famille que vous aimez tant , et

qui déjà a épuisé le inellleur de sa faible fortune pour vous faire apprendre le peu que vous savez. Vous n'avez donc i irn à attendre de ce côté. — El si vous persistez, il ei- vous à l'avenUiie, confiant dans voire étoile, tenter dans une position précaire un avenir chanceux el incertain ?

La misère vous paraît-elle donc chose si douce el si allravante que vous puissi<-z vousy exposer de gaieté de cœur ? Vou lez-vous augmenter le nomlire de ces lalens avortés ijue le besoin a flétris dans leur fleur , de ces lamentables victimes qui , venues à Paris pour y chncher la gloire , n'y onl rencontré que la faim ? Quand vous en serez réduit à cette douloureuse extrémité , vous jcllerezvous dans les br.is du suicide ? Faudra-l-il que votre vieide mèie reçoive une si triste lécompense de ses saciifices , et que sa drslinée soii de vous pleurer juscpi'à son dernier jour, vous qui éliez son espciir et sa joie ? — PSon , non , cela ne sera pas ainsi. EcouUz encoie , je vais porter le dernier COUD à votre ambition.

Franchissons un graml intervalle , el admettons (|ue par la puissance de votre volonté el à force de privations de toutes sortes, vous avez eufîn pénétré dans le sancluaiie de l'ail , que vous êtes devenu un de ses initiés les plus chéris et les plus fervens. Eh bien ! vous n'aurez pas encore passé par les épreuves les plus trislfS elles plus décourageantes. — Vous avez fait un livre ; vous v avez mis tout ce qu'il y avait en vous de science de pensée el de science de style ; l'exécution satisferait aubesoiule critique leplusexigeanl C'est uneœuvred'unhaut mérite, capable d'apporter beaucoup d'éclal à un début, el de commencer dignement votre réputation.

Mais les mo\ eus de la mettre au jour, cette œuvre , fruit de tant de veilles el sur laquelle reposent tant d'espérances , (pu vous les donnera? Quel esl 1 éiliteur (jui voudra se charger île la dangereuse responsabilité de publier une production

signée d'un nom inconnu , et qu'aucun succès, quelque petit qu'ii soit, ne recommande à ses yeux de marchand? Qui lui a dit que votre livre esl bon? Peul-il vous' croire sur parole, et s'engagnr si légèrement à des fiais peut-être inutiles? I\on , il ne le fera pas, soyez-en sûr. Il vous faut donc préalablement popularise»' votre nom ^1 écrivant dans les journaux quotidiens ou dans les revues htléiaircs. El jiour être admis dans tes inabordables colonnes, le talent ne sulfit pas ; il est encore nécessaire d'être connu. Souvent aussi la place est prise el bien occupée par une spécialité semblable à la voue. V^ous vous tournez d un autre côté; peutêtre là où vous serez accueilli , ne serezvous point payé. Ce serait déjà beaucoup que d'être accueilli, si le be^oin n'était derrière vous, el si vous pouviez attendre une occasion nieilleure. Celles, c'est un grand supplice que d'être obligé de restreindre sa pensée dans un esjiace limité, ilans un cadre voulu, de la jelei çà et là à qui voudra la ramasser, mais c'en esl un plus douloureux encoie que de le subir sans profit, sans résultat.

Abordez le théâtre avec une jiièce qui, p le veux bien, réunira toutes les conditions désirables de succès ; vous ne serez pas plus heuieux. Un directeur acceptera votre manuscrit , jiromctlra de le lire, le liia peut-être, le gardera cpiinze jours, un mois, davantage même, puis vous le renverra en vous priant iVy faire des cliangeniens. Vous suivez à la lettre les indications qu'on vous donne; les changemens sont faits, vous les soumellez, et après quelques si-maines d'attente vous recevez pour réponse que votre pièce ne peut pas se jouer pour mille el une raisons dont on n'est jamais avare. \'ous pouvez quelquefois perdre la nioitiéd'une année, une année entière en espoirs presque toujours déçus. Je ne parle pas îles inconvéuiens d'une collaboration qu'il est raie qu'on r.e vous impose pas, el qu'il est sage d'accep-

(cr puisque cVst l'unique planche de salut qui icslc. Il est oDcore d'autres tracasseries, d'autres coiilrariéles dont il me répugne de vous fuiie le détail. Qu'il vous suliise de savoir que sans appui, sans foilune pour lutter contre les retards imprévus , vous ne pouvez pas réussir au theutie. même en y présentant une œuvre consciencieuse et habilement élaborée.

"Vous ne vous ferez pas davantage illusion sur voire recueil de Poésies. Vous ne le regardeiez ni comme une ressource ni comme un titie de gloire, et vous aurez raison. Les vers ne sont pas en crédit de notre lemps; peu de poèi<;s ont le privilège de se faire lire. Les écoles poe'liqucs ont disparu; il n'y a plusde maîtres avoués ni de disciples enthousiastes. Chacun suit son chemin sans bannière et sans cri de ralliement ; et à côté de l'Art véritable, immuable, éternel on se ciée lui autre art moins sévère et moins exigeant. La sainte mission du poèie ne fut jamais moinscom|)rise ni moins ;icconiplie que de nos jours. Aussi 1 indillerence publique fail-elie justice de ces monotones élégies dont pas un chant ne pénètre au cœur, puisque pas un n'en est venu; de ces poèmessymboliques.i i.licules charadesoù \iennenls'accuiiiuler, à proposde l'avenir, les ulo[)ies les plus giotesnut-s, Us rêves h'S plus impossibles Delàiiiévilablemcnt plainte.s et nialédiclions contie le sièch.' ingrat. Ouvrez vingt n-cueils, ils se resseiiiblenl tous, et vous erili'ndrez un concert charmant de vingt muses dédaignées et fiiiieuses, qui vous apprendront (pu; la poésie est morte h jamais, parce que leurs vers ne sont jias lus: (|ue rég.jsme empoisonne les plus pures sympathies, que lesbeilesanies ici- bas restent ineoniprises, parce (pie leurs vers ne se vendent pas.

Oh ! pauvres enl'ans égares, la Poésie, sachez-le bien , est l'cssen-e immorttîlle; elle est aussi nécesbaire au inonde que la justice et la liberté.

Si vous avez vingt ans^ si la vie vous promet de magnifiques jouissances, si 1 aniour vous enivre de ses premières volupléo, g irdez-vous bien de prendre pour du génie la fougue de votre jeunesse, et pour une impérieuse vocation le besoin d epanchement qui vous dévoie. Le seul désir do la renommée n'est pas Ij source des grandes inspirations, et la vanilé ne dicta jamais que des œuvres mesquines et sans durée. Mais attendez un peu : u.ie ri le précoce sillonnera bientôt votre front, les jouissances promises vont vous échapper, votre cœur saignera de blessures inconnues, et alors la science de la vie vous étant acquise, si la muse vient vous visiter, vous serez l'historien de lame, le glorieux écho de la douleur humaine. Malgré vous, la parole soriiia de vdtre bouche, vos larmes en seront l'aliment divin, et vous n'aurez à demandera l'élude qu'une forme harmonieuse et simjile pour vos pensées.

Si vous vivez dans un siècle plein de graves événemeiis , si les luttes sociales lenlenl votre inttlligenceetvotiecourage, s'il vous convient d apporter à la cause de votre choix votre part de déxouemenl et d'utilité, vous serez le chanirc d» s gloires lie la pairie, linleipicte de ses besoins, le soutien de ses ilroiis; vous serez le poète du peuple. Ces! être dans le viai, si Ion moi, que d'envisager la po('sie sons ce point de vue sérieux. C'est la voie la plus sûre pour arriver h la gloire et à la populai il(:. Mais, encore une fois, mon ami, rempliii<z-\0U3 parl'aiicmeiit des coiidilioiis si sévères, qu'il vous sérail bien difficile, pour ne pas dire impo?sii)le , de trouver un éditeur qui sechaig ât seulement de faire imprimer votre Iimt.

Ce ne sont pns des paradoxes <|ue je développe à plaisir, ce sont des aiguihens positifs dont vous comprendrez Joute la eravit('', eldcvaiil lesiiuels il est nécessaire (jue vous reculiez quoi qu il vousen coule. Le sacrifice de votre chimère e'iant accoin-

If6

pli, vous ne saurez de quel côté diriger vos espérances; mais je viendrai à voire secours, et je vous apprendrai comment dans

l'obscurité on peut encore trouver des illusions et du bonheur.

Michel Pallas.

Page 1