‹ La Mère-institutriceChapitre 78 sur 224 · PAR MADAME L. DE G. , SA NIÈCE · texte numérisé non relu

PAR MADAME L. DE G. , SA NIÈCE

Oh! que de fois mon cœnr, appelant l'harmonie, Vouhit chanter l'appui le plus cher de ma vie! Mais trop craintive, hélas! en ma témérité Je n'osais espérer un regard de bouté!

Pourrais je m'élever jusqu'à l'esprit sublime Qui de tous les savoirs a dccouvert la cime? Je ne puis le tenter!... Arrélez-vous mes vers!..* Ce que vous pourriez dire est su de l'univers. Maif vous pouvi'Z parler du fover domestique ; C'est là que, parmi nous, mon bim oncle pratique Et les vertus du cœur, et les jeux de l'esprit. Après le mol touchant vient celui dont on rit. Il se plaît à parler des jeux de son enfance. Carde Prony toujours il garda souvenance , Et souvent de sa mère un pieux souvenir Rend sa voix plus émue et vient nous attendrir. J'arrivais près de loi, pauvie enfant en bas âge ; Près de lui je trouvai le port pendant l'orage. Je fis mes premiers pas au niili.^^u des jardins Embellis et plantés par de bien chères mains !... Oh! pourrais-jc oublier les rivages d'Asnièrcs.^ C'est là que je trouvais la plus tendre des mères ; Sa main semait partout des bienfaits ei des fleurs.. Taisons-nous., dans tes yeuxje vois naitre des pleurs!. Je grandis à ton ombre et par la bienfaisance Tu fis développer ma faible intelligence. Je connus l'harmonie et lu sais que parfois A mes chants tu daignas mêler la uoLle voix !

Oh! quels douxsouvenirs! qn'ils enchantent mon âme!

Non .' tu n'as jamais su de quelle sainte flamme

Mon pauvre cœur d'enfant pour toi fut agité!...

Je fus toujours craintive; et pourtant ta bonté

Encourage les cœurs; car ma fille chérie

Sait mieux que moi répondre à ta parole amie ,

Et lorsque tu veux bien d'un regard caressaul

Encourager l'essor de son jeune talent :

La douleur du veuvage en devient moins amère,

En toi je vois pour elle un bon et tendre père.

Ah !puisse-t-elleun jour,en marchant à l'autL-I ,

S'appuyer comme moi sur ton bras palemei!

Mon cœur l'espère aussi pour ma nièce chérie ;

Ce bonheur bénira leur innocente vie!

Nouvel Anacréon , la jeunesse te plaît ;

Pour elle aussi combien ton langage a d'altraii !

El lorsque sous les doigts la harpe harmonieuse

Vibrant avec amour rend notre âme rêveuïe,

On dirait d'Ossian les accords enchantés

Et le si noble front aux cheveux argentés !

Ah ! mon cœur le prédit, tu verras un grand âge!

Aimant , aimé toujours , et charmant le voyage

Par les arts, le génie et le doux souvenir

D'un passé sans remords ; l'immortel avenir ,

Inslrnit par les travaux , prépare une couronne

Que déjà la patrie avec amour te donne ;

Et si de la pairie elle a paré ton nom,

C'est de ton auréole un bien faible ravon !...

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