‹ La Mère-institutriceChapitre 82 sur 224 · VOIR LES POURQUOI ET LES PABCE QUE DE M. LÉVL · texte numérisé non relu

VOIR LES POURQUOI ET LES PABCE QUE DE M. LÉVL

Cours supérieurs et secondaires.

1' Pourquoi les eaux de la mer, qui depuis tant de siècles fournissent de toutes parts le sel marin, ne s'en trouvent-elles pas épuisées, ni même appauvries?

1*^ Parce que le sel qu'on extrait de la mer ne s'anéantit point; qu'il n'est que dispersé; qu'étant fixe, il ne peut que se répandre à la surface de la terre ou s'y enfoncer peu profondément. Les eaux douces doivent nécessairement s'en charger dans leur route ; or, cosame toutes aboutissent à la mer, le sel qui en était sorti y rentre coatinuelleraent; si ces eaux terrestres ne conservent pas moins leur douceur, c'est que la quantité qu'elles eu portent est trop faible pour qu'elles s'en trouvent sensiblement affectées.

Ain.si Dieu, sagesse, beauté, douceur, puissance infinie, reste toujours le même , depuis le commencement du monde; sa charité , bien qu'étendue sur tous les hommes, ne diminue point; son amour, si souvent manifesté, n'éprouve aucune altération , ne se ralentit jamais, parce qu'il est fécond, inépuisable, iumicnse; parce que SCS rayons vivifiants, ses trésors de grâce portent en nous des fruits salutaires, et que tout ce qu'il y a de vertu , de désintéressement, de grandeur, de vraie noblesse ici -bas remonte incessamment vers lui, comme à sa source, dans la prière, les sacrifices, les aumônes et les larmes.

n" Pourquoi, quand on place sur la braise un tube de fer dont les deux extrémités sont bouche'es avec des bouchons de

liégr, le b(iu(h'j!i par'-il?

2° Parce que la chaleur a augmenté le volume d'air contenu dans le tube ; l'air, occupant ainsi un plus grand espace, chasse l'obstacle qui s'oppose à ce qu'il s'étende.

Ce phénomène est causé par la dilatabilité, c'est-à-dire par la propriété qu'ont les corps d'acquérir une augmentation de volume sans changer d'état.

Ainsi, ce n'est guère qu'après de fortes commotions politiques , quand la terre s'est en quelque sorte ébranlée, qu'apparaissent ces hommes de progrès, ces êtres à part qui fixent les regards de l'univers.

En temps de calme, chacun repose dans une sphère bornée; le génie s'assoupit et se cache, ignorant de lui-même; pendant les troubles tout se remue , tout s'agite ; le sol est brûlant, les imaginations s'exaltent, les distinctions de rang et de fortune s'aplanissent et s'effacent. Obligé d'être quelque chose par soi-même quand les titres ne comptent plus, on ose se montrer, on se sent fort de sa propre énergie, on grandit en raison des circonstances. Compagne inséparable de l'histoire, la littérature, secouant alors sa vieille poussière, se relève brillante et radieuse. Les croisades enfantent nos troubadours; les guerres civiles de Florence donnent à l'Italie le Dante et Pétrarque ; le règne tumultueux de Louis XIII ])rép;»re la gloire des Français, au 18* siècle ; la régence du duc d'Orléans , fatal mélange de grandeur et de dépravation, nous jette Voltaire; la révolution, Gilbert et Chénier. L'écrivain n'est le plus souvent que l'écho, le résumé de son siècle , la gr.inik éj'OqiiC fut le grand homme.

3* Pourquoi le Tolume d'une éponge augraente-t-il dans l'eau?

3° Parct que l'eau pénètre dans les porcs de l'éponge, elle en écarte les molécules, et parvient ainsi à donner à ce corps un volume plus considérable. Ce phénomène est causé par la porosité , c'est-à-dire par la propriété qu'ont les corps d'avoir des espaces entre leurs molécules.

Ainsi, dans un temps qui n'est pas encore très éloigné de nous , l'éducation des femmes, presque nulle en France, se bornait à charger leur mémoire de mots qu'elles répétaient le plus souvent sans les comprendre. La superficie était ornée, le dedans restait vide de réflexions et dépensées. Avec l'apparence de l'instruction , elles ne sivaient rien, ou presque rien. Une fois dépouillées de ce fatras d'expressions pompeuses qui leur étaient étrangères , de ces lambeaux d'histoire dont elles n'avaient saisi que la forme, leur ignorance paraissait dans tout son jour; et elles en venaient au point de se demander à elles-mêmes quel fruit elles avaient retiré de ces belles années de leur jeunesse employées si tristement, si laborieusement à d'arides études. Voilà où nous en étions, dans un siècle qu'on nommait cependant le siècle des lumières.

Toute science aux hommes, rien aux femmes.— Les femmes en savent toujours assez, disait-on. — Oh! délrompez-vous; plus l'esprit humain s'agracdit, plus aussi l'âme s'épure et se divinise. Et ne l'a-t-il pas bien compris celui qui, plus habile à lire dans le cœur humain, jeta en quelque sorte les fondements d'une civilisation nouvelle, en consacrant ses spins, ses veilles, ses talenls, à l'instruction de cette partie de la société si négligée jusqu'alors , si heureuse aujourd'hui de l'avoir pour guide et de répondre autant qu'il est en elle ù sa tendre sollicitude !

4° Pourquoi l'eau éteint-elle le feu ?

4" Parce qucXc^w isole le corps enflamme

du contact de l'air, le prive par conséquent à'oxigène, et que le feu s'éteint avant d'avoir pu décomposer l'eau.

O vous dont les passions excitées à chaque instant s'enflamment et s'irritent, vous que l'ambition dévore , jetez un regard en arrière; voyez le torrent qui vous entraîne , arrêtez-vous au bord de l'abîme ! La Providence vient à votre aide, elle vous offre un abri dans la tempête, un dernier port de salut. Fuyez le monde, fuyez ses charmes; venez retremper votre âme dans la solitude; là seulement vous goûterez \e& joies pures et réelles de la vertu, la paix de la conscience, le bonheur de pouvoir vous estimer encore ; et vous bénirez le ciel de vous arracher à la corruption et d'éloigner de vous ces plaisirs bruyants et trompeurs quis'évanouissentcomme un songe et ne laissent après eux qu'amertume etlocgs regrets.

5° Pourquoi la pluie donue-t-elle plus d'activité à un incendie ?

5° Parce que, quand il pleut sur un édifice incendié, la chaleur réduit promptement en vapeur l'eau de la pluie et décompose cette vapeur; les deux éléments dont elle était formée se séparent; Vhjdrogènc, qui est combustible, fournit un aliment de plus à l'incendie , et l'oxigène , qui sert à la combustion, augmente l'activité du fou.

Ainsi, le malheur, loin d'abaltre ime âme grande et noble, ne fait que redoubler son énergie et sa vigueur; ce n'est qri'un aiguillon de plus qui la pousse à la gloire. Kiche, l'homme de génie se serait amolli dans une vie de délices, les flatteries prodiguées à désœuvrés peut-être imparfaites auraient éteint dès ses premières années sa soif de renommée et d'illustration ; fier d'une célébrité éphémère, il aurait laissé reposer sa muse sur des coussins de soie; mais pauvre, mais privé de tout, mais en butte aux injures cl à la haine, quelles

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passions ne viennent pas l'agiter chaque jour et faire jaillir de son esprit de nouvelles étincelles. Il a la conscience de son génie et les hommes le méconnaissent, et ils lui préfèrent des ignorants qui n'échappent à l'oubli qu'à force de dissimulation et d'intrigue. Rejeté des grands, calomnié par ses rivaux, abandonné de tous, pourquoi écrit-il encore, le poète? pourquoi touîe espérance, toute ardeur n'est-elle pas éteinte en lui? Oh! c'est qu'il a faim, c'est qu'il lui faut du pain.... Et il chante , pendant que de grosses larmes coulent de ses yeux et sillonnent son visage pâle et amaigri. Il chante , et les traits de la malignité dirigés contre lui seront désormais l'origine et la base de sa gloire; car il v a une justice dans le monde, et quand elle éclate le génie est vengé, l'immortalilé devient son partage.

6° Pourquoi les objets renfermés avec

des flacons d'essence sont-ils imprégnés de Todeur qui s'en exhale?

G" Parce que ce sont des molécules on petites parties déliées du parfum qui se sont dégagées du flacon et ont embaumé tous ces objets. Ce phénomène s'opère par la dwisibilité , c'est-à-dire par la propriété que les corps ont de se diviser.

Ainsi^ les idolâtres, touchés du dévouement et de l'inépuisable charité des chrétiens, adoucissaient leurs mœurs et les purifiaient à mesure que la bonne odeur de îa vertu parvenait jusqu'à eux. Les apôtres n'allaient point les armes à la main imposer leur religion nouvelle; il ne fallait pas avec eux croire ou inrnrir, mais la douce per- STiasion coulait de leurs lèvres; Dieu se révélait dans leurs actions et malgré soi l'on se sentait entraîné à les imiter et à 'es suivre.

Mademoiselle Faîs'ny P.

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