ACTE I, SCÈNE VIL
Un beau jour la fit veuve à la fleur de ^n âge , Lui laissant, pour remède à ses chagrins cuisans^ Une grande fortune et deux jeunes enfans^
C*est plus qu'il n*en fallait , je crois j pour la distraire.
LISETTE
Madame avait bon cœur; mais elle était légère. Elle aimait ses enfans, il £Eiut en convenir; Mais elle aimait encor un peu plus 1^ plaisir. Dans la société Madame était goûtée , Et par le tourbillon bientôt fut emportée.
COMTOIS , malicieusement.
Et ses enfans?
LISETTE
Le monde était-il un séjour Convenable pour eux ? elle place un beau jour , Pour s'affranchir d'un joug qui certes n'eit-pas mince, Son fils en pension , et sa fille.... en province. Elle se livre alors , avec sécurité , A ces plaisirs bruyans dont son cœur est flatté.
COMTOIS
Et ses enfans?
LISETTE
D'abord , quelque temps on y pense.
L'éloignement bientôt produit l'indifférence; Et de l'indifférence à l'oubli, n'est-ce pas? Quand on est à Paris , il n'est guère qu'un pas ; Il était déjà fait, lorsque Mademoiselle, A l'improviste un jour se présenta chez elle.
M LA MÉAE RIVALE,
Un retour ei subit , en cette occasion , Dut ajouter, Lisette, à la progression.
LISBTTB.
Sans doute; il fallut bien voir quelle était grandie.
COMTOIS
Diantre !
LISETTE
On eut le cbagrin de la trouver jolie.
Une mère, Yois*tu ? qui commence à décheoir , Regarde tour à tour sa fille et son miroir.
Lorsqu'un attrait de moins dans sa personne brille, Elle en trouve toujours un de plus à sa fille ; Et quand de ce qu'on perd une autre s'enrichit , On peut en ressentir quelque peu de dépit Ce n'est pas pour Madame : elle est belle et sait plaire. Mais un autre chagrin et l'agite et l'altère. Ma maîtresse est encore à la fleur de ses ans ; Elle est riche, jolie; une foule d'amans Se disputent l'honneur de charmer son veuvage;
( Lui parlant à Voreille. ) Et je sais, entre nous, qu'on pense au mariage.
COMTOIS
Je m'en doutais ! .
LISETTE
Parmi ceux qui lui font la coui* , Il en est un....
Je sais, le chevalier Belcour ?