‹ La mère rivale: comédie en trois actes et en versChapitre 17 sur 44 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

BELCOUR, Mm« DORVAL, LA MARQmSE, LA COMTESSE, GERMON.

LA COMTESSE

Mais on vous a dit absent, monsieur Belcour.

Depuis quand, s'il vous plaît , êtes-vous de retour ?

BELCOUR

J étais allé passer quelques jours en Bretagne; L'ennui m'a pris.

LA MARQUISE

Monsieur s'ennuie à la campagne ?

BELGOUR.

Je ne puis la souffrir.

LA COMTESSE

Quoi! sérieusement y Ce séjour vous déplaît?

BELGOUR.

Epouvantablement.

LA COMTESSE

£h ! mais c est une horreur qu'un langage semblable !

BELGOUR.

A mon avis, le seul agrément véritable, Que présente des champs l'insipide séjour,

3o LA MÈRE RIVALE,

C'est d'embeUir Paris quand on est de retour.

(^ji la comtesse.) Mais vous qui me parlez , tous pensez donc , Madame y Que vous l'aimez ? ^

laJL COMTESSE.

Sans doute , et de toute mon âmç.

BELCOUR

Vous vous trompez.

LA COMTESSE

Comment ?

. BELCO.UR.

C'est une illusion , Vous dis-je.

LA COMTESSE

Mais j'y suis plus souvent qu'ici.

BELCOUR

Bon!

Cela ne prouve rien. Je sais une douairière Qui passe , tous les ans , six grands mois dans sa terre. Aussitôt qu'elle voit le printemps revenir, L'air de Paris lui pèse , elle veut en sortir. Les relais sont mandés. Dans 'son champêtre asile Elle a soin d'emmener ses plaisirs de la. ville. Ce sont les mêmes goûts , les mêmes passe-temps : Le jeu , la médisance occupent ses instans ; Son perroquet la suit, son singe l'accompagne ; Et cette dame-là croit aimer la campagne!....

(// regarde madame Dorval,) Une autre , celle-là nous la connaissons tous , Sait du moins y jouir d'amusemens plu3 doux.

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