‹ La mère rivale: comédie en trois actes et en versChapitre 31 sur 44 · ACTE II, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE X

( Haut et tendrement, ) Sophie , écoutez moi. VoUs êtes jeune encore > Vous entrez dans la vie : à votre âge , on ignoi'e • Que les galans propos , le langage flatteur Que l'on nous tient sans cesse , ont bien peu de Vateuh Peut-être il vous a dit que vous étiez.... jolie ; Qull vous aimait. Mais , vous, n ayez point la folie .' De prendre au sérieux quelques mots obligeans ^ ^K Que toute femme obtient de tons les jeunes gensv

SOPHIE

Mais il ma bien juré....

M** DORVAL

Des sermens de tendresse !

Ce mot change de sens , sitôt qu'on nous l'adresse. Le prononcer, n'est plus qu'un simple compliment; Et qui dit : je vous aime , est poli seulement.

SOPHIE

Ab ! ne l'accusez point de n'être pas sincère ; • ' Sa conduite. Madame, a prouvé le contraire.

Il m'aime....

M^^ DORVAL

Vous aimer l j'admire , en vérité , Et votre suffisance et votre vanité !

Vous aimer ! ... dites-moi , qu'avez-vousdonc pour plaire? Un enfant , qui ne sait que rougir et se taire !.... Vous n'avez pas quinze ans !.... ni grâce , ni maintien; Et vous vous figurez !.... mais détrompez- vous bien. De lui ne croyez pas que vous soyez aimée !

H lui faut, mon enfant, une beauté formée ; n faut , poiu* le toucher , pour captiver ses vœux ,

5o LA MÈRE RIVALE,

Une femme qui plaise à lesprit comme aux yeux Ayant les qualités que nous donne lusage,.

Sans avoir rien perdu des charmes du bel âge; En un mot^ ( recevez cet avis en passant ) ' Il lui faut une femme , et non pas un enfant.

SOPHIE

Pour moi votre tendresse à tort s est alarmée :

Ah ! rassurez-vous bien : votre fille est aimée.

Tout me répond de lui ; son cœur ne peut c hanger.

Tenez ! écoutez-moi , vous allez en juger.

Ce qui Tamène ici , vous l'ignorez, ma mère :

C'est le désir qu'il a de m'y voir, de vous plaire.

Trompé dans son espoir, rien ne l'a rebuté.

Ce tendre empressement , cette assiduité ,

Ah ! ne sont-ce pas là des preuves de sa flamme ?

Chaque soin complaisant qu'il a pour vous , Madame ,

Est un gage nouveau qu'il donne de sa foi ;

Et chaque égard pour vous , un hommage pour moi.

M«" DORVAL , haut et à part.

Me tromper! ....

SOPHIE , aifec vivacité.

Jugez mieux de sa délicatesse !

S'il vous a témoigné des soins, de la tendresse. Je puis vous protester qu'il sentait tout cela ; Avant de vous connaître , il vous aimait déjà ! Son unique désir est celui de vous plaire , Et son amour, celui d'un fils pour une mère.

{Madame Doryalfait un mouvement dHm,patienee^\ Il ne connaît, pour vous^ que ce doux sentiment y

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