‹ La messe (volume 2)Chapitre 11 sur 245 · Bull, monum., 1870, 10e art. de l’abbé Barraud · texte numérisé non relu

Bull, monum., 1870, 10e art. de l’abbé Barraud

Ferrari, 223.

AMBONS

rhéteur, fit profession de foi chrétienne du haut de l’ambon ; c’était aussi de ce lieu que l’on dénonçait les excommuniés au peuple.

Voici ce que nous lisons dans le Cérémonial ambrosien : « Subdiaconus qui versum in alléluia canta- « turus est, expectat donec archidiaconus dixerit, « munda cor meurn, ac deinde procedit ante eum im- « médiate solus, dum vadit ad Evangelium cantan-

« dum de ambone . cantato Evangelio postquam

« de ambone descendent.... secundus subdiaconus « pro alléluia descendit statim, ut possit in tempore « fungi officio suo in associando ad ambonem archi- « diacono pro Evangelio.... Diaconus procedit ad « locum in quo lectus est liber Evangeliorum ; quo « ambabus manibus accepto et ante oculos decenter « in altum elevato, sociatus ab acolythis naviculam et « thuribulum fumigans, itemque binos cereos accen- « sos ex ordine præferentibus, accedit ad gradus al- « taris ; ibique in medio cum reliquis omnibus ejus- « modi ministris, necnon etiam cum subdiacono illic « morato, debitam facit reverentiam. Tune ascendens « ad medium altaris, collocat ibi librum Evangelio- « rum; moxinsupremogradu genuflexusdicit: Munda « cormeum.... eoque dicto resumit librum, ipsumque « ut supra gestans ac neminem prorsus, quantæcum- « que dignitatis ille sit, interea salutans, procedit ad « locum ubi cantandum erit Evangelium, sive locus « ille sit ambo, sine planum chori 1 . »

Ces dernières paroles sont pour distinguer les jours où l’on monte sur l’ambon, de ceux où l’on n’y monte pas pour chanter l’Évangile.

V' SIÈCLE

Au commencement du v' siècle, il y avait un ambon dans l’église de Saint-Thyrse, près de Constantinople, car Sozomène et Nicéphore parlent d’un tombeau proche de la tribune des lecteurs.

Nous avons vu que saint Basile de Séleucie mentionne un ambon dans la vie de sainte Tècle. Saint

i. Thiers , Jubés, 179.

Grégoire de Tours, au tombeau de saint Ferréol, signale un ambon avec inscription. Saint Perpet fait bâtirau Ve siècle uneéglise en l’honneur de saint Martin dont le choeur était percé de trois portes et séparé de la nef par l’ambon 1 . Ce devait être une disposition analogue à celle de Sainte-Sophie.

Georges, patriarche d’Alexandrie, raconte saint Flavien, faisait souvent réciter dans l’ambon de son église les homélies de saint Jean-Chrysostôme et lui-mème y prononça son premier discours; après qu’il fut élevé sur le siège de l’église de Constantinople, il prêcha d’abord à l’autel ou dans sa chaire patriarcale, mais à cause de l’affluence des auditeurs, il fut obligé de parler dans l’ambon des lecteurs. Ce fait établit assez clairement la cause qui amena peu à peu les évêques à abandonner les cathedræ d’où ils se faisaient facilement entendre dans les étroits sanctuaires des premiers temps, mais qui dans les basiliques constantiniennes les éloignaient trop des fidèles.

Ce fut un motif nouveau pour construire des ambons, et, sansnul doute, toutes lesbasiliquesdu vc siècle en furent pourvues. Le fondateur de la Libérienne n’oublia point cette tribune, de plus en plus indispensable (432), ainsi que nous le raconte Platina dans sa Vie des Papes : « Ornavit et ambonem ecclesiæ por- « phyreticis lapidibus quem nos suggestum appella- « mus ubi evangelium et pistola canitur. »

Il ne nous reste aucun marbre de ce monument.

Les mosaïques de l’arc triomphal (432)qui sont contemporaines du pape Sixte, nous offrent encore des images d’escabeaux fort ornés de pierres et de cabochons ; ne faut-il pas y voir le style de l’ambon et la manière dont les plaques de porphyre étaient encadrées? Je ne pense pas qu’au ve siècle, le porphyre fût encore taillé pour les oeuvres auxquelles on le prêtait, mais on se servait d’anciens fragments en ne faisant les frais que de la mise en œuvre et des bordures.

La colonne au sommet de laquelle Siméon Stylite mena sa vie extraordinaire et dont M. de Vogué a retrouvé l’emplacement à Kalat Sem’an peut, jusqu’à un certain point, être considérée comme une chaire à prêcher, car de là il exhortait les peuples, et chez les Orientaux l’ambon s’appelait souvent pyrgus, c’està-dire une tour . La base qui subsiste encore aujourd’hui occupe le centre d’une église en forme de

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