‹ La messe (volume 2)Chapitre 125 sur 245 · Forster, Mon. d'arch., IV, 76. — ld., de Sculp., II · texte numérisé non relu

Forster, Mon. d'arch., IV, 76. — ld., de Sculp., II

CHANCELS.

pilastre, et surmontées de coupoles avec des perspectives variées d’églises dans les intervalles. L’arcade centrale est trilobée, elle abrite la Sainte-Vierge, debout, tenant dans ses bras l’enfant Jésus dont elle caresse la main. Cette figure est d’une finesse exquise et d’une expression extraordinaire pour l’art roman.

Dans l’arcade voisine, à gauche, l’apôtre saint Pierre tourné vers le groupe divin, tient les clefs de la main gauche et un phylactère de la droite. L’arcade suivante nous offre un saint vu de face qui fait de la gauche un geste d’enseignement et porte un phylactère de l’autre main. La dernière arcade de ce côté renferme un saint qui tient une crosse et une légende.

Si nous revenons aux arcades opposées, nous trouvons d’abord saint Paul ; il a une légende à la main, au lieu des attributs qu’on lui prête ordinairement, mais sa position près de Marie, le type classique de sa figure ne permettent pas de se méprendre. Ensuite un saint muni d’un phylactère s’éloigne et semble se diriger vers la dernière figure qu’il nous reste à décrire, celle de l’évêque Bernward fondateur de l’église en 1001. L’édifice, le vêtement et la crosse qu’il porte le font aisément reconnaître.

Une frise ornée de chimères affrontées, aux têtes enlacées, surmonte la belle arcature du bas et sert de base à un attique composé d’une seconde série de douze arcatures à jour et beaucoup plus petites que les premières. Leurs colonnes enrichies de chapiteaux variés et de fûts enrichis de diverses arabesques supportent des anges, lesquels sont assis et déploient les ailes. La clôture entière est couronnée d’une cymaise feuillagée. L’église ayant été incendiée en 1 164, il est probable que cette clôture date de la restauration qui suivit.

Le chanoine Wilmowsky donne dans son ouvrage sur le Dôme de Trêves une perspective intéressante des anciennes clôtures. Le chœur est fermé par deux avant-corps qui accompagnent, comme à Pavie, l’escalier du milieu et qui sont ornés chacun de trois arcades surmontées d’un attique. Devant l’arcade centrale est un autel. Les extrémités des collatéraux sont fermées, sauf quelques variantes, par des clôtures du même genre.

XIIIe SIECLE.

A l’article des Ambons nous avons parlé des clôtures de Barga qui datent du xne siècle, mais qui inaugurent en Italie un style tout nouveau pour les chancels, et nous montrent de grandes dalles de marbre entourées de cadres en mosaïques. Le monument le plus remarquable de ce genre en Toscane, est incontestablement le chœur de San-Miniato de Florence. Il nous offre une suite de panneaux vraiment admirables par leur variété, leur richesse et l’art d’unir les reliefs aux marqueteries de marbre dont la Toscane semble avoir eu depuis ce temps le monopole. Ce beau chancel traverse toute l’église au-dessus des perrons qui conduisent au presbyterium; il est interrompu par trois portes et se rattache à l’ambon dont il soutient un des côtés. La partie centrale se compose de six grands panneaux divisés chacun en quatre compartiments avec rosaces en relief appli quées sur marbres noirs. Un entablement les surmonte qui contient dans sa frise des animaux ou des dessins géométriques ; derrière ce chancel s’étendent les stalles L (PL CCXII.) '

A Pise les chancels du baptistère étaient du même style ainsi que la célèbre cuve baptismale 2 .

Tandis que Florence préludait dans la construction de ses chancels à l’art de la marqueterie de marbre qu’elle devait pousser si loin sous le règne heureux de ses grands-ducs, Rome était soumise à l’influence des Cosmati, ses fameux marbriers qui la remplirent de leurs œuvres au xm* siècle. Ce n'est plus de la marqueterie mais de la mosaïque, c’est-à-dire une peinture dont chaque touche est un cube monochrôme. Ici les ouvriers ont sous la main de magnifiques matériaux tout préparés, des plaques de porphyre et de serpentine qu’ils n'ont plus qu’à dresser et à encadrer. Us mettent moins de leur propre génie et prennent moins de peine que les sculpteurs toscans, et cependant, grâce aux marbres antiques sur

1. Gaillabaud, Mon. anciens et modernes, t. II. Les dessins que nous en donnons ont été faits d’après le relevé de mon grand-père.

Page 1