Ugonio, Stalioni
dalles ornées d’aigles et d’animaux d’un relief presque insensible. Sans les moulures d’encadrement et les petites pommes du haut, qui me paraissent du xm° siècle, on se croirait devant une sculpture antique.
On trouve en France peu de monuments de ce genre aussi anciens. A Saint-Seine, en Bourgogne, l’église conserve une clôture en maçonnerie grossière, mais s’il fallait la dater d’après les peintures qui la recouvrent on ne pourrait remonter au delà du xvi° siècle.
Au xvii* siècle, il y avait encore dans les églises des vestiges plus nombreux que maintenant. « On trouve aujourd’hui, dit Thiers, beaucoup de vestiges des balustres qui servaient autrefois de clôture au chœur des anciennes églises, lorsque la disposition des lieux le pouvait permettre. Ils sont enfermés dans les murailles du chœur, ou, pour mieux dire, ils ne font qu’un corps avec les murailles du chœur; en sorte néanmoins qu’on les voit par le dehors, ce qu’on ne fait pas partout par le dedans, à cause que de ce côté on enduit uniment les murailles ou qu’on lésa revêtues de lambris qui les cachent entièrement. »
A Saint-Thurian (Morbihan) onvoit encore un chancel en bois sculpté en trilobés à jour, posés deux par deux sur des colonnettes à base simple et chapiteau feuillé, comme à la chapelle de Notre-Dame-de-la- Houssaye (Napoléonville).
Vers la fin du xm' siècle nous voyons élever en France de hautes clôtures de pierre autour des chœurs des cathédrales. L’une des plus anciennes est celle dont il reste des fragments derrière les stalles de la cathédrale de Paris; elle fut achevée en 1351 par Jean Le Bouteillier. On y a représenté des scènes de l’Évangile en ronde bosse, au-dessus d’un riche soubassement d’arcatures, le tout est couvert de peintures.
Le chœur de Bourges fut clos vers la même époque, il ne reste des sculptures que de beaux fragments déposés aujourd’hui dans la crypte.
Les chœurs des cathédrales de Limoges et de Narbonne sont fermés en partie par des tombeaux d’évêques L
II y avait aussi les clôtures en fer forgé ; Dom Doublet dans son Histoire de saint Denys nous dit que Gilles quarante-huitième abbé (xiv° siècle) fit entou-