‹ La messe (volume 2)Chapitre 130 sur 245 · Revue arcb., 1848, p · texte numérisé non relu

Revue arcb., 1848, p

Smith., Dict. of antiq., I, 366.

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ICONOSTASES

taillée dans le roc et qui nous offre un des types le plus reculé des iconostases. (PI. CCXXIX.) Quoiqu’on y arrive de plein-pied, elle se trouve sur le flanc d'une falaise en tuf de Capo-di-Monte. Le rocher à l’entrée s’ouvre largement et prend la forme d’une calotte hémisphérique sur laquelle on a peint un grand Christ. Plus loin il est taillé en voûte d’arête; c’est là qu’on remarque encore les arrachements des trois arcades qui composaient l’iconostase et séparaient le sanctuaire de la nef. On peut recomposer facilement cette arcature; M. l’abbé Galante, si savant dans l’antiquité chrétienne et que nous avions eu la bonne fortune d’avoir pour guide dans cette exploration, nous a fait voir dans les galeries supérieures des catacombes une arcature de même sorte d’après laquelle on peut baser cette restauration ; derrière l’iconostase on voit le presbyterium, la chaire épiscopale et l’autel également pris dans le rocher et relevés sur un degré de om 50. Devant l’autel est un trou pour les reliques qui n’a pas plus de om 50 de profondeur, om 45 de large et om 30 de haut. On prétend que les reliques de saint Janvier qui mourut à Puteoli, en 303, furent transférées là par l’évêque Jean au commencement du ve siècle.

Jean Diacre assure que Jean (-J- 432) et que Paul (f 764) voulurent que leurs restes fussent déposés près de ceux du grand Saint et, qu’à cet effet, on creusa dans la paroi méridionale les arcosolia qu’on y voit. J’ai dessiné l’un deux qui a dû servir à deux corps; il est coupé par une tablette de marbre, sur sa voûte on distingue encore des entrelacs peints en mosaïque. J’ai peine à faire descendre ce curieux monument jusqu’au ve siècle; il me semble qu’après la paix, les chrétiens, libres de construire de magnifiques églises, n’auraient pas choisi ce grossier rocher comme lieu de sépulture d’un Saint si vénéré, du moins que si les souvenirs vénérables les y portaient, ils l’auraient creusé avec plus de soin et décoré avec plus d’honneur.

IVe SIÈCLE.

Les iconostases, dont nous avons saisi les commencements dans les catacombes, prirent une magni¬

fique extension au iv° siècle ; celui de Saint-Pierre1 est un des plus célèbres et des plus remarquables comme architecture; composé d’une double colonnade il formait une sorte de portique en avant de l’autel. Nous possédons encore ces colonnes, qui sont certainement antiques, dans les quatre tabernacles du Dôme, à la chapelle du Saint-Sacrement et à celle de la Pieià; l’une d’elles aurait été perdue*.

Une certaine obscurité règne sur leur origine, la tradition rapporte qu’elles proviennent du temple de Jérusalem, et le Livre pontifical nous dit qu’elles furent élevées par Constantin au-dessus de la confession de Saint-Pierre. « Supra ex columnis porphyre- « ticis et alias columnas vitineas. » Il est probable que les colonnes de porphyre ici mentionnées étaient celles du ciborium; mais une difficulté surgit du second passage du Livre pontifical, où il en est question, lorsque nous lisons que Grégoire III (731 i*74 1 ) disposa devant la confession six colonnes d’onyx en spirale que l’exarque Eutychius lui avait données. « Columnas sex onychinas volubiles duxit in eccle- « siam B. Pétri quas statuit circa presbyterium ante « confessionem, très a dextris et très a sinistris juxta

« alias antiquas sex filiopares . » Et pour achever

d’obscurcir l'histoire de ces origines, entre Silvestre et Grégoire se place la description de saint Grégoire de Tours qui énumère longuement les colonnes des nefs, les colonnes du ciborium et qui ne parle pas de cette colonnade.

Comment expliquer que ces colonnes d’onyx aient pu si bien être appareillées avec les colonnes de Constantin, et surtout comment pouvaient-elles être en onyx, variété de Chalcédoine offrant des espèces de raies parallèles, de teintes diverses, si éloignées des beaux marbres blancs que nous admirons dans les colonnes vitinées de Saint-Pierre ? N ’est-on pas obligé d’admettre une erreur chez l’auteur de cette description ou chez ses copistes? Quoi qu’il en soit les colonnes en question faisaient partie de l’iconostase, et la tradition, a«x xve et xvie siècles, quand elles étaient encore en place, ne se dément pas à leur égard. En voici quelques témoignages.

L’inscription du Cardinal des Ursins (1438) gravée au soubassement s’exprime ainsi : « .... Que una cum

1. Ce monument fut restauré au ixe siècle auquel il appartient en partie. Nous compléterons ici malgré cela tout ce que son étude comporte.

2. Wii.kelman (II, 631) prétend qu’on la cassa en l’enlevant de la confession.

IV' SIÈCLE

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