‹ La messe (volume 2)Chapitre 131 sur 245 · SAINT-PIERRE DE ROME · texte numérisé non relu

SAINT-PIERRE DE ROME

« aliis undecim hic circumstantibus de Salomonis « templo, in triumphum huius basilicæ hic locata « fuit. » Cette colonne était autrefois, dans l’ancienne basilique, placée dans le transept droit, elle faisait pendant au chandelier pascal. Un dessin de Heemskesk (1536-^1539) publié par M. de Geymüller, nous la montre sur un piédestal octogone.

Raphaël dans son tableau des apôtres Pierre et Jacques, guérissant le paralytique, a copié ces colonnes pour celles du temple de Jérusalem.

Panvinio (f 1568) nous dit : « Ante altare S.

« Pétri ad basilicæ ornamentum duodecim columnas « vitineas elegantissimas ex Græciâ translatas. »

Alfarani en 1590, peu d’années avant les travaux de Clément VIII : « Ante altare majus Constantinus « imperator piissimus duodecim columnas vitineas « e pario marmore elegantissimas e Salomonis templo « vectas, quæ altari circumirent ac sanctuarium cons- « tituerent posuit ' . »

On m’a communiqué à Paris, au Cabinet des Estampes, une gravure qui représente un projet de ciborium pour Saint-Pierre ; on y voit employées les dix colonnes vitinées, c’ést-à-dire leur nombre complet, sauf celle de la Pietà et celle qui a disparu.

Les colonnes, qu’au premier abord on prendrait pour l’œuvre d’un contemporain de Boromini, considérées de près, ont un cachet antique qui authentique leur âge d’une façon certaine. (PL CXXXI.) Les colonnes du rétable de l’autel du Saint-Sacrement sont les plus faciles à étudier à cause de leur situation. Leur fût se compose de cinq spirales partagées en trois parties à peu près égales entre la base et le chapiteau. La première, la plus rapprochée de la base, est ornée de dix-neuf cannelures en hélice qui sortent d’une rangée de huit feuilles d’acanthe pour se perdre au collier supérieur; ce collier semble serrer une autre rangée de feuilles, d’où s’échappent des pampres chargés de raisins que becquètent des

l. Voici ce qu’en dit Torrigio ( Le sacre grotte vaticane, Viterbe, 1618, p. 105) : Quelle belle colonne fatte a vite et intagliate con varie figurine et uccelletti ed altre si fatte cose, che in capo la chiesa si vedono furono portate da Gierusalemme, e stavano nel superbissimo tempio di Salomone, e dicesi, che Constantino Magno ne facesse costà portare dodeci, una delle quali che è quella cancellata di ferro, è segnalata perche N. S. G. C. quando in esso tempio predicava visi appoggiava, cheperô è di molta divotione et è chimata con ragione colonna santa, e spesse volte gli ossessi dal demonio ivi scongiurati rimangono liberati. Giordano card. Orsino creatoda Eugenio IV la cinse di tal ferrata nel 1438.

oiseaux. Ces reliefs peu accentués sont d’un beau style. Les capricieuses tiges de vigne y sont distribuées avec tant d’art que le fût de la colonne est enveloppé d’un réseau complet. Le troisième tambour est semblable et garni aussi de pampres qui sortent d’un collier de feuillages. La base est formée de deux tores encadrant deux scoties et une baguette. La plinthe est fruste. Les chapiteaux sont singuliers et d’un effet peu gracieux; au-dessus de l’astragale, la corbeille n’est pas ornée comme d’ordinaire par des feuilles qui soutiennent les caulicoles, mais par de simples feuilles plates et des rinceaux peu en relief, ce qui laisse les volutes trop isolées ; on dirait ce chapiteau mutilé.

Nous devons à M. Si mil , l’éminent artiste auquel on a confié le soin d’achever l’ouvrage de Letarouilly, la description des autres colonnes.

Celle de la Pietà ne devait pas faire partie de l’iconostase d’après l’inscription du xve siècle, qu’y fit graver le cardinal des Ursins; elle était sans doute remplacée par une colonne étrangère 1 . Cette colonne a 4“ 88 de hauteur, compris base et chapiteau, sa circonférence au droit de la première bague égale im 76. Elle se partage en quatre tambours qui correspondent avec les milieux des spirales. La première de im 10, compris la base, est garnie de cannelures qui sortent d’une souche de feuilles d’acanthe. Le second tambour orné de branches de pampre, au milieu desquelles se jouent des enfants ailés, a om 90 de haut. Les pampres sortent d’un collier de feuilles de vigne alternées de nénuphars. Au-dessus sont des cannelures, et enfin le dernier tambour sous le chapiteau est décoré d’enroulements et de feuilles d’acanthe. Le chapiteau est composite, mais sans oves entre les volutes, le pied de sa corbeille est environné d’une bande de feuilles 2.

M. Simil considère cette colonne et celles de la coupole comme plus anciennes et d’un meilleur style que les colonnes de la chapelle du Saint-Sacrement. Voici quelques observations qu’il a recueillies dans la coupole. — Pilier de saint Longin : Chapiteaux composites, feuilles d’acanthe bien conser-

1 . Di fuori rincontro alla capella da un canto, è in una nicchia rinchiusa con ferrata una colona à vite, simile aile sopradette, alla quale accostandosi i spiritati si è visto moite volte per divina virtù esser liberati. (Ugonio, delle Stationi.

2. On les imita plus tard dans les colonnes de bronze de la chapelle Saints-Judes-et-Simon. (Ciampini, De sac. ædif., pl. XVI) et dans le fameux baldaquin qui existe encore aujourd’hui.

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ICONOSTASES

vées. Dans le premier tambour, enroulements et torsades d’acanthes, d’un style tout à fait grec, bases ornées. — Sainte Hélène : Des cannelures en spirale ornent le chapiteau; dans les parties vitinées on remarque des enfants ailés et des oiseaux. Les bases sont riches, la conservation est bonne, on observe peu d’éraillures. — Sainte Véronique : Les mêmes chapiteaux qu’aux précédents, mais d’une exécution plus grossière. — Saint André : Les chapiteaux sont fouillés d’une main plus rude, et la conservation est moins complète.

Il me paraît certain que les colonnes vitinées de l’iconostase n’étaient pas les seules qui fussent dans Saint-Pierre. Jean VII (705 f 707), en construisant la chapelle del Presepio, avait disposé sous la mosaïque de la Sainte- Vierge une sorte de ciborium composé de deux colonnes vitinées qui portaient une archivolte avec cette inscription :

DOMVS SCÆ DEI GENITRICIS MARIÆ

Chapelle del Presepio dans l’ancien Saint- Pierre (d’après un manuscrit de Grimaldi conservé à la bibliothèque ambroisienne.)

Ces colonnes que l’on voit dans le dessin de Grimaldi 1 sont absolument les mêmes que celles de la

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