‹ La messe (volume 2)Chapitre 133 sur 245 · VI* SIÈCLE. — SAINT-PIERRE DE ROME · texte numérisé non relu

VI* SIÈCLE. — SAINT-PIERRE DE ROME

l’église du Saint-Sépulcre, suivant la description de Eusèbe, il y avait aussi dans le chœur douze colonnes surmontées de vases d’argent et destinées à symboliser les apôtres. On verra qu’à Saint-Jean-de-Latran les quatre colonnes de bronze du chœur étaient surmontées de statues.

L’iconostase de Sainte-Sophie se composait aussi de douze colonnes. D’ailleurs le Livre pontifical ne dit pas un mot qui fasse supposer l’existence alors d’une architrave ; le mot ornavit indique même l’idée de colonnes purement décoratives.

Je ne crois pas qu’il ait été question de trabe longtemps avant le vie siècle. Hormisdas (514) paraît avoir le premier placé une architrave sur les colonnes vitinées. « Apud Petrum apostolum fecit trabem « quam ex argento cooperint quæ pensan. libras « mille et quadraginta. »

Grégoire III (731 -J- 741) ayant renouvelé le portique, il fallut en même temps refaire son couronnement; il recouvrit comme son prédécesseur, deux siècles avant, les trabes d’argent et de plus il fit sculpter des bas-reliefs représentant : au dehors le Sauveur et les apôtres, au dedans, Marie entourée de sa cour de vierges. Ces trabes n’étaient pas seulement des entablements, mais aussi des herses de lumières, c’est ce que fait comprendre la fin du passage d’Anastase. « Posuitque super eas lilia et « pharos argenteos pens. in unum lib. septuaginta. » A cette époque elles devaient être très-élevées et recevoir en bas-reliefs les processions de vierges, de saints, comme celle de Saint-Apollinaire de Ravenne, ou de Sainte-Cécile, à Rome, dans la mosaïque détruite.

D'après un passage du Livre pontifical, le pape Adrien éleva des statues sur le regulare ' du presby-

1. Liv. pont., p. 257, Adrien 772. — Fecit etiam imagines sex ex laminis argenteis investitas ; ex quibus très posuit super rugas, qui sunt in introitu ecclesiæ presbyterii, ubi et regularem ex argento investito fecit, et posuit super eumdem regularem præfatas très imagines, in medio quidem unam existentem habentem depictum vultum Salvatoris et ex utriusque lateribus imagines habentes depictas effigies. Unam beati Michaelis et aliam beati Gabrielis angelorum. In superiori ruga, id est, in medio presbyterii faciens alium regularem ex argento investito, constituit super eum reliquas très imagines, in medio quidem habentem præfiguratum vultum S. Dei Genit.icis, et ex duobus lateribus unam, habentem vultum depictum S. Andreæ apostoli; et aliam S. Joannis evangelistæ, utrasque vero sex imagines, utdictum est de laminis argenteis nimis pulcherrimi factas deauravit, in quibus imaginibus posuit argenti libras centum.

Ce passage d’après lequel on pose des images sur le régulons, où l’on voit qu’on le recouvre d’argent ne peut pas

terium, d’un côté le Sauveur entre les anges Michel et Gabriel, de l’autre la Sainte-Vierge entre saint André et saint Jean Évangéliste. Les mots : in introitu presbyterii, paraissent désigner le portique de l’iconostase. Mais je n’oserais l’affirmer, lorsque nous voyons quelques années après Léon III s’occuper du même objet, et compléter ainsi son ornementation : Léon III « fecit in basilica beati Pétri calices majo- « res ex argento mundissimo, qui sedent super trabes « argent, munero decem et octo pensant simul

« libras centum octuaginta duas . Investivit vero

« super trabem ex argento mundissimo, quæ est « super imaginem auream in ingressu vestibuli, pence san. libras centum viginti sex, et semis ’. »

Les lys et les vases lumineux ne suffisaient plus à orner cette trabe et nous voyons, au ix° siècle, apparaître des figures tout entières et debout; Léon III « fecit imaginem Salvatoris auream quæ stat in « trabe, super ingressum vestibuli pens. libras septua- « ginta novem. » Plus loin, on dit que cette figure du Sauveur était accompagnée de deux grands anges d’argent et de quatre autres d’une moindre dimension : « Angelos duos . qui stant in trabe major!

« super ingressu vestibuli in dextra lævaque juxta « imaginem Salvatoris auream 2, pens. simul libras « sexaginta très. Et alios angelos quatuor mino- « res . »

On comprend la richesse et le mouvement que ces figures d’inégales grandeurs devaient donner à ce couronnement de l’iconostase. Bientôt le pieux Pontife voulut encadrer la statue du Christ dans un arc d’argent que nous avons reproduit dans notre essai de restauration 3. (PI. CXXXI.)

Le texte, dans la vie de Léon III, n’est pas fort explicite, mais à propos de la restauration de Nicolas Ier, on le comprend plus facilement. Ce pontife refit l’arcade d’argent, plus belle qu’elle n’était : « Arcum fecit argenteum, et melius quam olim « fuerat super excellentiorem trabem, quæ est ante « cyborium in medio posuit,... et très imagines arec genteas, una figura Domini Salvatoris, duabus vero « angelorum scalpsit effigies, ac illis novem lib. auri cc deaurans subposuit. »

s’appliquer à la définition qu’en donne Mabillon : e< Virgae ex quibus vêla et imagines dependebant. »

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