‹ La messe (volume 2)Chapitre 134 sur 245 · Lib. pont., p · texte numérisé non relu

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2. Il ne faut pas confondre cette image du Sauveur avec celle que le plan d’Alfarani nous désigne en avant du narthex ; il s’agit ici du vestibule du choeur.

3. On pourrait, d’une manière plus plausible, supposer l’attique passant sous cet arc.

ICONOSTASES

On reconnaît la répétition exacte de l’œuvre | de Léon III, mais plus clairement décrite; Nicolas surmonta l’arcade d’une croix d’or ornée de pierreries et pour en faire valoir la beauté il y suspendit une couronne d’or et deux croix d’argent.

On a cru que l’arcade d’argent traversait toute la largeur du presbyterium, c’est-à-dire i8m; il est facile de concevoir l’impossibilité d’une telle construction en argent. Cette arcade, sorte de fronton à jour, placé à l’entrée du presbytère, avait peutêtre été inspirée à Léon III par l’arc du même genre, posé sur les colonnes vitinées de la chapelle de Jean VII. En tout cas les miniatures carlovingiennes et notamment les canons d’Eusèbe dans les évangéliaires nous offrent des exemples multipliés de ce genre d’ornement.

N’oublions pas les dix-huit calices d’argent placés sur la trabedans les intervalles des anges, ni les riches rideaux de chrysoclave qui fermaient les entre-colonnements dans les moments solennels du saint sacrifice.

Il est question sous le portique d’une image d’or de saint Pierre; les deux seules expressions du Livre Pontifical sont d’abord : « in ingressu vestibuli » et plus loin : « in porta virorum ». On sait que le côté des hommes dans les anciennes basiliques était celui où se lit l’Épitre; mais faut-il croire que cette porte fut celle qui conduisait sous l’abside à la confession, ou une porte latérale du vestibule ? J’aimerais mieux lire dans le texte : in parte virorum, ce qui reviendrait à la traduction de M. Labarte : à l’entrée du vestibule, du côté droit. Ce savant pense qu’il s’agit ici d’un bas-relief; il serait plus facile d’imaginer une statuette qu’on poserait sur une colonne. Cette image pesait plus de dix-neuf livres d’or, elle était ornée de pierreries et une lampe brillant de ciselures et de gemmes brûlait devant elle en l’honneur du Prince des apôtres.

Une des questions soulevées dans la restauration que nous essayons est celle des grilles d’argent qui fermaient les entre-colonnements. Elles constituaient un des dons les plus magnifiques de Léon III, le mot præserlim semble l’indiquer : « Cancellos fusiles « in ingressu presbyterii seu in dextra parte lævaque « nec non et in ingressu vestibuli. » D'après ce texte on ne peut douter que le vestibule ne fut entièrement entouré, même du côté du presbyterium où les marches de porphyre donnaient accès. Il y avait dans ces clôtures seize colonnettes de douze livres chacune

et huit arcs qui les surmontaient, chacun de sept livres. On s’explique la présence de ces arcs, quand on se rappelle les formes cintrées qu’on voit dans les miniatures byzantines et surtout celles des portes de ces clôtures, dont les églises d’Orient gardent encore le type. Les chancels de bronze d’Aix-la-Chapelle, contemporains du monument que nous étudions, présentent de petits pilastres qui prouvent qu’alors on introduisait dans ces grilles une sorte d’ordonnance architecturale et nous expliquent les colonnettes indiquées ici par le Livre pontifical. Ces colonnettes étaient très-riches et ciselées : « columnellas ex ar- « gento deauratas sex in ingressu vestibuli depictas « historiis ». Il s’agit sans doute ici de la grille d’entrée et du plus large entre-colonnement. Chacune de ces pièces pesait vingt-quatre livres. On a cru que depictas historiis voulait dire émaillées, mais je crois, et Mgr Barbier de Montault est de cet avis, qu’il s’agit simplement de ciselures *.

Le document figuré le plus intéressant, ou pour mieux dire unique, qui nous reste de l’iconostase de Saint-Pierre est le tableau de la salle de Constantin représentant la donation de Rome au Pape. On y voit les colonnes torses montées sur un haut stylobate, soutenant une architrave et au-dessous les tringles auxquelles sont suspendues les lampes. Il nous est signalé par M. de Rossi dans son mémoire sur l’église de Grotta-Ferrata.

Iconostase de Saint-Pierre, d’après une fresque de la salle de Constantin au Vatican.

Il est moins parlé dans le Livre pontifical de l’iconostase de Saint-Paul que de celui de Saint-Pierre; cependant ses dimensions (22™ au lieu de i8m), la ri-

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