IV' SIÈCLE. — SAINT-PAUL-HORS-LES-MURS
chesse des matériaux et le nombre de colonnes qui le composaient, le recommandaient aussi à l’admiration des fidèles.
Je ne doute pas que ce portique ne fut établi à l’entrée de la tribune dès le ive siècle, mais je ne puis dire s’il fut aussitôt couronné d’architraves. Nous savons cependant par le Livre pontifical que le pape Léon III les trouva surmontées d’un entablement de bois que le temps avait pourri et qui, par conséquent, datait de longues années avant lui. Le saint Pape posa sur les colonnes des chapiteaux ornés de lys, et au-dessus de ces lys il étendit un attique en dalles de marbre où il fit incruster des peintures en mosaïque d'une grandeur étonnante. Je traduis ici le texte par des peintures en mosaïque, car il n’est pas probable qu’on ait recouvert le marbre de simples fresques, surtout lorsqu’on songeait à donner à l’œuvre des éléments de durée qu'elle n’avait pas auparavant. Voici du reste le passage : « Supra colum- « nas vero marmoreas quæ stant in circuitu altaris *< ipsius Doctoris mundi, ubi trabes quondam ligneæ « positæ fuerant etiam nimia vetustate emarcuerant « hic sacer antistes super ipsas columnas lilios poni » fecit, et super ipsos lilios ex metallis marmoreis « platonias posuit diversisque picturis miræ magni- « tudinis opus decoravit. »
Nous avons vu à Saint-Pierre Grégoire III représenter une procession de vierges et de saints sur les frises de l’iconostase, je suppose qu’on peut interpréter ici en ce sens le Livre pontifical. A Sainte-Cécile, l’arc triomphal décoré par le pape Pascal, avait ainsi des vierges séparées par des palmiers et se dirigeant avec leurs couronnes vers la Reine du ciel assise dans le milieu.
Ugonio qui vivait sous Sixte V, nous raconte avoir vu encore cet iconostase debout; sa description de témoin oculaire est trop importante pour que nous négligions de la rapporter : « Au delà du grand arc, « dit-il, il y a le transept de l’église, au milieu du- « quel s’ouvre le presbyterium ou chœur antique tout « entouré de marbres. Il était orné de vingt colonnes , « la plupart en porphyre et, au chevet, de la chaire « épiscopale faite par Léon III. Mais ces colonnes « qui se trouvaient derrière l’autel et la chaire ont « été enlevées depuis que le très-religieux pasteur, « aujourd’hui régnant, Sixte V, a élargi l’espace der- « rière l’autel des Saints-Apôtres et fait enlever tous « les obstacles qui gênaient la vue entre l’autel et le « Souverain- Pontife.
« Le maître-autel, environné de fortes clôtures, « conserve dans un reliquaire solidement fermé, les « vénérables reliques des apôtres saint Pierre et « saint Paul. Au-dessus de l’autel s’élève un cibo- « rium de marbre bien travaillé, soutenu par quatre « colonnes de porphyre. Sous l’autel est un petit « oratoire que les anciens appelaient Confession de « saint Paul auquel on descendait par derrière, du « côté de la tribune, par plusieurs marches qu’avait « fait faire le pape Léon III. L’auteur de cet ouvrage « était désigné parl’inscription suivantequ’on y lisait : « LEO GRATIA DEI TERTIVS EPISCOPVS HVNC INGRESSVM <( SANCTE PLEBI DEI MIRO DECORE ORNAVIT.
« Vis-à-vis de cette entrée, il y avait une autre « chapelle appelée l’oratoire de San-Giuliano, à la « quelle on descendait par quelques degrés et où on « voyait un autel qui recouvrait les corps des saints « martyrs Celse, Julien, Basilisse, Martianille. « Cette chapelle a été fermée l’année dernière et le « sol nivelé, afin de rendre la pompe plus facile aux « messes pontificales ordonnées par notre seigneur « Sixte V *. »
Suivant ce texte, contrairement à la restauration de Hubsch s, qui suppose l’entrée de la confession en avant, il faut reporter, comme le dit Ugonio, l’escalier et la chapelle de Saint-Julien du côté de la tribune. On voit d’après cela que du temps de Léon III, le maître-autel se trouvait déjà dans la situation qu’il occupe aujourd’hui et non tel que celui de Saint- Pierre renfermé dans le presbyterium. Je conclus de cette disposition que l’iconostase était relié à l’autel par des chancels de peu de hauteur. Selon Panvinio 3, la chapelle San-Giuliano aurait été dans la tribune. (PI. CCXLVIII.)
La disposition du chœur de Saint-J ean-de-Latran était singulière, au lieu que l’autel et la confession fussent compris comme à Saint-Pierre dans le presbyterium, ils avaient été placésdès l'origine en tête de la grande nef, où nous les voyons encore maintenant. Le presbyterium se trouvait ainsi séparé du sanctuaire. Ugonio mentionne explicitement les tables de pierre et les grilles formant cette division qu’enleva Sixte V, qui n’aimait voir aucun obstacle entre son trône et l’autel.
Devant la tribune ou presbyterium, il y avait autre-