Muratori, %.erum ital.,v ol. I, part. II, p
4. Je dois dire que ce manuscrit porte en tête les paroles suivantes : « Incipit tractatus sanctæ memoriæ domini Raynaldi natione Mediolanensis... » (Ricci, Guida, p. 13.) S.Rinaldo mourut en 1321. M. Ricci auquel je me suis adressé au sujet de l'âge de ce manuscrit, pense qu’il le composa à l’occasion de la restauration considérable qui eut lieu alors dans l’église, mais qu’il y inséra d’autres écrits fort anciens et des fragments copiés textuellement : Si servisse d’altri scritti antichi, riportandone an\i de' frammenli alla leltera, cosa che ad ogni piè sospinto s’incontra negli scrittori d’allora. ( Lettre du 2 dècemb., 1878.) O11 voit d’après cela que nous pouvons maintenir notre appréciation et notre confiance dans le témoignage de ce document.
ICONOSTASES
aux études de notre ouvrage, et devient nécessaire pour justifier notre restauration.
On sait que Galla Placidia (f 450) assaillie par une grande tempête dans l’Adriatique avait promis à saint Jean de lui élever une église s’il la sauvait du péril. Parvenue à Ravenne, cette princesse songea à remplir son vœu et voulut que la plus grande activité présidât à la construction. « Il manquait dans la ville, « dit l’Anonyme, un terrain ferme pour asseoir un si « grand ouvrage qu’elle voulait rendre digne de sa « promesse. Impatiente de commencer l’entreprise « elle réunit un conseil d’hommes exprimentés et ré- « solut, après avoir pris leur avis, de choisir pour sa « basilique un terrain voisin de la porte qu’on appelle « Arce-Meduli. Elle vint elle-même avec son fils <c Valentinien désigner le lieu de l’église et fixer les « limites des fondations. Alors on appela une multi- « tude d’ouvriers qui devaient, chacun selon son « aptitude, se livrer aux divers travaux que la cons- « truction nécessitait...
« Tout étant prêt pour recevoir la décoration, Pla- « cidie livre cette dernière tâche à la multitude des « ouvriers ; les uns décorent la partie orientale de « l’église de mosaïque de verre et d’or, les autres,
« sur un lit de chaux, couvrent le sol d’un dallage de « mosaïque. Placidie ordonne de représenter de tous « côtés l’histoire de son naufrage, afin que toutes les « faces de l’édifice rappellent ses dangers et sa recon- « naissance ; on forme sur le pavé comme une mer « agitée par la tempête. La face de l’église soutenue « par un arc immense, manifeste dans sa magnifique « décoration la piété de la princesse et l’habileté de « ses ouvriers. En haut de la muraille qui termine « l’église et où commence le chancel (et cancellum « incipit) on figure le péril et la délivrance de Pla- « cidie, l’image des vaisseaux battus par une furieuse « tempête, les passagers effrayés et le bienheureux « Jean qui vient les délivrer.
« La nef de l’église se compose de vingt-quatre « colonnes avec leurs bases en marbre de Tibur ou en « pierre avec des chapiteaux et des sculptures, au- « dessus desquelles s’ouvrent des arcs magnifiques et « des murs avec le même nombre de fenêtres. Du « côté de l’orient l’abside s’élève derrière deux co- « lonnes d’une merveilleuse grandeur et recouvertes « d’argent. Enfin au-dessus de l’arc triomphal s’é- « tend une admirable mosaïque de verre et d’or « représentant le Sauveur offrant un rouleau au disci- « pie bien-aimé. On lit sous ses pieds : Sanctus Joli hannes Evang. »
« Ici et Jà on aperçoit la mer bleue avec deux « navires auxquels saint Jean sert de pilote. On y « voit de tous côtés des palmiers et d’autres arbres « sous lesquels on lit des vers. On voit encore cette « inscription sur la tête des empereurs Constance,
« Arcadius, Valentinien et d’autres personnages: « Amore Chrisli nobilis et filins tonitrui sanctus Joli hannes arcana vidit, Galla Placidia Augusta pro se « et his omnibus hoc votum solvit. »
« La crypte de l’abside soutenue par des colonnes « de pierre blanche polie s’aperçoit par des fenêtres « réservées pour cela. Cette abside est décorée de u magnifiques mosaïques; au milieu, l’image du Sau- « veur d’une admirable beauté, répand son éclat dans « toute l’église ; dans le monde entier on ne saurait « en trouver une pareille. Chaque pas dans cette « basilique excite un nouveau sujet d’admiration.
« Sous les pieds du Sauveur, au pourtour de l’abside,
11 on peut lire cette inscription : Sanclo ac Beatissimo u apostolo Johanni Evangelistce Placidia Galla Au- « gusta cum filio suo Placido Valentiniano Auguslo, u et Jilia sua grata Honoria Augusta, liberationis pe- « riculum maris votum solvent.
VIe SIÈCLE.