‹ La messe (volume 2)Chapitre 14 sur 245 · VI* SIÈCLE. — SAINTE-SOPHIE · texte numérisé non relu

VI* SIÈCLE. — SAINTE-SOPHIE

« que d’une part il regardait le béma, et de l’autre le « naos et les belles portes. » Cet auteur nous informe que la coupole s’écroula encore en 987, mais qu’elle fut promptement réparée.

On lit dans la vie de saint Ignace, patriarche de Constantinople (ix0 siècle) *: « Et cum ad ambonem

« venissemus, spectati sunt veluti duo . se-

« veri ac truces, quorum alter ipsum imperatorem « vinctum capiens, et ad dextrum latus tractum è « solea pepulit et veluti noxium damnatum. »

Léon l’Arménien y est couronné en 8 r 3 .

Nous avons un document que je crois pouvoir ranger parmi les témoignages que nous cherchons, une miniature du fameux ménologe de l’empereur Basile (97Ôfi025), qui représente un ambon surmonté de colonnettes et d’une coupole crucifère. Le peintre Georges, qui en est l’auteur, reproduisait ici le martyre de saint Jacques qui fut tué par le peuple dans le temple de Jérusalem : n’est-il pas naturel dépenser qu’il ait voulu figurer l’ambon de Sainte-Sophie, le plus majestueux sanctuaire de Constantinople, que Justinien comparait avec orgueil à celui de Jérusalem? Cet ambon est conforme à nos descriptions et de plus, détail curieux, le dessous de sa coupole en abatvoix est orné de canaux semblables à ceux que j’ai relevés sous l’ambon de Saint- Apollinaire de Ravenne et qui sont du via siècle. Les colonnettes paraissent en porphyre et vert antique, mais leurs chapiteaux et leurs bases sont en or, ce qui a bien pu donner le change aux historiens.

Léon le grammairien s’exprime ainsi : « Il s’ap- « proche des portes saintes, et, se retournant, il monte « trois marches de l’ambon. »

L’Anonyme nous dit que Justinien fit l’ambon « en onyx, avec une coupole ornée de pierres précieuses, de colonnes, de cristaux, de cabochons et saphirs 2».

Le Livre du pèlerin, itinéraire de 1200, nous apprend qu’on voyait encore alors les fragments de l’ancien ambon de cristal qui avait été brisé par la chute de la coupole. Il est probable qu’il s’agit du premier dans lequel les descriptions signalent des cristaux. Ce voyageur avait sans doute sous les yeux, en place, celui de Basile, dont il décrit ainsi les cérémonies : « Après matines on lit le prologue du haut de l’am- <( bon lequel étant fini, on commence la messe; à la

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