‹ La messe (volume 2)Chapitre 145 sur 245 · ld., I · texte numérisé non relu

ld., I

3. Ces chapiteaux ont un diamètre un peu plus grand que celui de la colonne; il ne faudrait pas en conclure qu’ils ont une origine différente, car on remarque cette particularité aux grandes colonnes de la nef.

VII' — VIIIe SIÈCLES. — TORCELLO. — SAI NT-RIQU I ER.

ceux des grandes colonnes à une époque reculée. Hubsch les croit du vic siècle et suppose qu’ils firent partie des marbres tirés d’Altinum. Les marbres des chancels, de l’ambon et la chaire épiscopale lui paraissent postérieurs et contemporains de la restauration de l’église au ixe siècle. Il est assez difficile de constater entre ces marbres une notable différence chronologique, en tous cas, nous croyons avec Selvatico 1 qu’ils ne sont pas plus récents que l’église, c’est-à-dire que le vne siècle.

Certains traits communs, certaine manière de faire établissent l’identité d’origine entre l’ambon, les chancels et la chaire. On peut de ce point de départ et à l’aide de comparaisons étrangères au monument établir leur haute antiquité. Par exemple, les feuilles aiguës des colonnettes de la chaire, les palmes inclinées au bas de sa croix, la rapprochent des chapiteaux de la nef et du style des édifices de Ravenne. La frise qui orne le haut de son dossier offre des points de similitude remarquables avec celle de l'autel que nous avons relevé dans cette église et qui, sans conteste, appartient à ces époques. Rapprochons aussi l’encadrement de l’escalier de l’ambon de deux panneaux de chancel dans le vestibule de Saint- Marc, qui présentent les mêmes entrelacs, perles, etc., (pl. CCXXVIII), et qui sont marqués d’un caractère très-ancien. Parmi les chancels, les formelle pour prendre le mot italien, qui ornent les galeries supérieures de Saint-Marc, nous avons saisi également de frappantes analogies. Deux panneaux nous montrent des lions et des paons absolument conformes de style avec ceux de Torcello. Par ces rapprochements successifs, on peut se convaincre que nous sommes ici devant des marbres sculptés au viie siècle.

A l’époque carlovingienne, la France rivalisait avec l’Italie pour la magnificence des églises. Angilbert ( -J- 814) dans son monastère de Saint- Riquier (Centula) avait orné le sanctuaire d'un magnifique iconostase. Nous lisons dans la chronique d’Ariulphe, en 1088, qu’il y avait devant l’autel six colonnes faites de bronze, d’argent et d’or et supportant une trabe de môme métal; le chœur était entouré aussi de trois trabes d’une moindre importance, mais

1 . Archilellura et scullura di Venefa dal rnedio evo ai nostri giorni, p. 16.

On peut consulter aussi au sujet de Torcello :

Costadoni, Osservaijqni intorno alla ebiesa catledrale di Torcello e ad alcutie sue antichità.

égales pour la richessede la matière et qui supportaient dix-sept arcs de bronze, argent et or, sept de ces arcades encadraient des images de bronze figurant des animaux, des oiseaux et des hommes; aux autres pendaient des disques, cinq en argent et le reste en similor 1 .

Il faudrait connaître exactement le plan de l’antique église pour pouvoir lui appliquer cette description. On comprend aisément la fermeture du chœur par les six colonnes surmontées d’une trabe. Le nombre six que nous retrouverons souvent sur les iconostases devait avoir une pensée symbolique. Il n’est pas aussi facile d’imaginer qu’elles pouvaient être les trois petites trabes qui entouraient l’autel, d’autant plus qu’il s’agit à ce propos, non de leurs appuis, mais des arcades qu’elles supportaient et qui naturellement devaient jouer le rôle d’attique. La mosaïque de Saint-Ambroise de Milan du xne siècle, dans la représentation des obsèques de saint Martin, nous offre une série d’arcatures de ce genre auxquelles sont suspendues des couronnes, des croix, des calices, etc. Nous supposons que les trois séries d’arcatures que le texte semble diviser en sept pour la face, en cinq pour chacun des côtés, formaient une seconde clôture dans le chœur; à Saint-Jean-de- Latran, le chœur reçut une ornementation semblable sous Sergius II 2 . Le nombre trois est aussi à noter, car les constructeurs de l’abbaye de Saint-Riquier, l’avaient constamment présent à l’esprit pour symboliser la sainte Trinité, et le monastère tout entier avait été érigé sur un plan triangulaire.

Paul Warnefride (740 -j- 801) (in episcopis mettensibus) parle d’arcades autour du presbyterium : <> Fa-

Page 1