Dicl. de Larousse
Alb. Lenoir, Arch. mon.
Collationnée dans la traduction manuscrite de PI. Brunn. communiquée par M. Riant.
Le texte de l’itinéraire de Clavijo se trouve inséré dans la Colecion de las cronicas y memorias de los reges de Castilla, Madrid, t. III, p. 179.
IO
AMBONS
rent les colonnes d’or et la coupole fut supprimée. Les fragments de cristal de roche au lieu d’être rétablis furent conservés, comme des reliques qu’on montrait encore aux pèlerins au xme siècle.
Ce nouvel ambon dut être lui-même renversé par la seconde ruine du Dôme en 987 et restauré par l’empereur Basile (97Ôfi025) dans la forme que semble nous montrer la miniature contemporaine du ménologe, c’est-à-dire avec des colonnes de marbres variés et la petite coupole, souvenir du premier ambon. Le Livre du pèlerin qui nous offre la dernière description avant les pillages de 1203, nous dit que l’ambon et que les colonnes du chancel étaient d’argent; nous ne pouvons supposer qu’il s’agit de l’ambon de Justin dont la catastrophe du xe siècle nous sépare, mais nous devons penser qu’en voyant les chapiteaux, la coupole, etc., en métal, le voyageur moscovite attribua à l’ensemble la matière de certaines parties. En tous cas Clavijo (1403), si fidèle narrateur, nous parle d'un ambon appuyé sur quatre colonnes et surmonté de huit colonnesdejapses variées et d’une coupole, ce qui nous reporte textuellement devant notre miniature du xe siècle. Nous ne croyons donc pas que Sainte-Sophie ait eu d’autres ambons que ceux successivement construits par Justinien, Justin et Basile.
L’étude de l’ambon de Sainte-Sophie soulève l’importante question de son emplacement. L’église est orientée, c’est-à-dire qu’elle a son abside principale tournée vers le soleil levant, or, nous voyons dans les descriptions, qu'on montait à l’ambon du côté de la nef et de l’occident et qu’on en redescendait du côté de l’est et du béma 1 . Il s’en suivait que cette tribune sacrée offrait en ces deux sens aux auditeurs assemblés devant elle, non le parapet mais des escaliers. Notre savant ami, M. Paul Durand, auquel les monuments d’orient sont si familiers nous a fourni le dessin d’un ambon situé dans la cathédrale de Stagons-Kalabak, évêché placé au pied des Météores; on y monte par un double escalier de sept marches ; la tribune est abritée par un ciborium à six colonnes. Peut-être date-t-il de l’empereur Andronic (xne siècle) fondateur de la cathédrale 2. L’emploi du marbre pour ce monument indique une date ancienne, car depuis longtemps la Grèce est trop pauvre pour faire usage de matériaux si dispendieux. Si nous ne nous trouvons pas en présence d’un monu-
1. Goar dit que les escaliers des ambons en orient étaient construits de l’est à l’ouest.