‹ La messe (volume 2)Chapitre 166 sur 245 · ICONOSTASES. — JUBÉS · texte numérisé non relu

ICONOSTASES. — JUBÉS

des deux côtés de la porte; sur le devant étaient des tombeaux et sur les deux piliers de la nef que reliait ce jubé on voyait deux chapelles de même style

Le jubé de Saint-Ouen, à Rouen, a disparu aussi, nous en retrouvons heureusement une copie dans le Monasticon Gallicanum 2. Il se composait de trois travées, divisées entre elles par des faisceaux de colonnes et ornées de niches couronnées de clochetons. Au-dessus des arcades du centre et de l’entrée du chœur un grand arc à cintre lancéolé comprenait la travée entière portant au sommet le Sauveur crucifié, tandis que les deux statues des pinacles voisins représentaient la Sainte-Vierge et saint Jean, ce qui formait la scène du Calvaire. Sous le grand arc on voyait une pietà. Des autels étaient placés dans les travées latérales. Ce jubé commandé par le cardinal d’Estouteville en 1462, ruiné par les hérétiques en 1562, fut réparé en 1633, mais l’église en est aujourd’hui dépouillée.

Nous avons la bonne fortune de conserver dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale un dessin du xvie siècle 3 qui nous montre ce qu’était le jubé de la cathédrale de Reims. Ce jubé construit en 1417 par Colard de Givry, maître des œuvres de la cathédrale, avait ç1" 75 de haut sur4m 20 de profondeur et 12™ 99 de long. Il se composait de trois arcades de style flamboyant ; celle du milieu fermée par une grille toute en enroulements de ferronnerie donnait accès au chœur; elle était accompagnée de deux statues placées à droite et à gauche sous un dais trèsriche, lesquelles représentaient l’ange Gabriel et la Sainte-Vierge. L’arcade à droite dominait un autel dédié à la Sainte- Vierge et portant le nom de Notre- Dame-de-la-belle-Image. Sa statue accompagnée de deux autres figures était debout sous un élégant tabernacle; l’autel lui-même était enrichi d’arcatures. L’arcade du jubé à gauche de l’entrée avait la même décoration, l’autel qu’on y voyait adossé était dédié au Saint-Esprit et servait aux messes qu’on y disait pour la prospérité de la France.

1. Il nous reste un dessin de ce jubé au musée archéologique du Mans. M. Hucher l’a copié et restauré avec le plus grand soin. Il a eu la bonté de m’en donner un exemplaire.

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