‹ La messe (volume 2)Chapitre 167 sur 245 · T. II, pl. XXVII, Peigné-Delacourt · texte numérisé non relu

T. II, pl. XXVII, Peigné-Delacourt

3. Recherches de plusieurs singularités, par François Merlin, (1583, Biblioth. nation., f. français 9152. Dessins de Cellier.)

Tarbé, Notre-T)amede Reims, p. 118.

Aux extrémités du jubé on voyait deux tourelles d’une rare élégance en saillie du côté de la nef et dans lesquelles tournaient en spirale deux escaliers. Les arcatures à jour suivaient le rampantdes marches, les premières en bas étaient défendues par des colonnettes et des ogives découpées; au-dessus de ces arcatures on avait sculpté une grosse fleur de lys.

La partie supérieure portait un triforium et sous ses arcades des statues de pierre, enfin le monument était couronné par un calvaire.

Ancien jubé de la cathédrale de Reims, d’après un dessin de Cellier.

C’était sur ce jubé qu'aux jours de sacre se dressait le trône royal ; c’était là qu’avait lieu aussi la cérémonie de l’intronisation. Nous donnons d’après le manuscrit de la Bibliothèque, l’image de ce curieux monument dont il nous garde le souvenir. La tourelle de gauche que nous n’avons pas figurée est semblable à celle opposée. En avant de ce jubé était la place où saint Nicaise fut décollé, derrière s’ouvraient diverses précinctions pour le clergé : le premier chœur où était Vaigle, la division au centre de laquelle s’élevait le grand autel, puis le second chœur, et enfin le sanctuaire demi circulaire où il y avait encore un autel.

Citons encore parmi les monuments de cette

RÉSUMÉ

époque Saint-Florentin d’Arques, Sainte-Madeleine de Troyes ', où sont accumulées avec une profusion merveilleuse toutes les richesses de l’architecture flamboyante. Saint-Fiacre à Faouët (Morbihan) et plusieurs jubés de Bretagne, en bois, couverts encore de leurs peintures s.

Le xvi* siècle n’abandonna pas l’usage des jubés et le style qu’il y appliqua ne diffère pas toujours de ceux que nous venons d’examiner. Nous ne ferons que citer Limoges (i 5 5 5)1 2 3, Albi le plus merveilleux de tous, Saint-Étienne-du-Mont, à Paris 4, etc., l’église de Brou, près de Bourg, qui mériterait par sa finesse de sculpture d’être rangée parmi les œuvres d’orfèvrerie plutôt que parmi celles d’architecture 5. Le jubé d’Amiens devait être dans le style des clôtures latérales que nous avons dessinées et qui sont un chef-d’œuvre d’expression comme de richesse ; on y voit une série de bas-reliefs représentant l’histoire de saint Jean-Baptiste 6; ces sculptures sont couvertes de peintures, elles me semblent contemporaines des stalles, c’est-à-dire du commencement du xvi* siècle.

RÉSUMÉ

Après cette longue revue des iconostases, jetons un coup d’œil rétrospectif sur son ensemble et saisissons d’une main rapide le fil de l’histoire.

On ne peut affirmer que les premiers chrétiens aient toujours voilé les cérémonies de la messe; s’ils l’ont fait, l’usage n’en dut pas être général ; les chapelles cimétériales ou les oratoires privés avaient souvent des enceintes trop étroites pour qu’il fût possible d’y construire des ciboria et des iconostases 7, d’ailleurs les sanctuaires n’étaient ouverts alors qu’aux initiés

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