VI* SIÈCLE. — RAVENNE. — ROME
« en beaucoup d’endroits, elles font défaut. On voit « aussi des disques de porphyre et des marbres remar- « quables, tels que l’ambon de marbre grec couvert « de figures, d’animaux artistement sculptés, et qui « conserve ses escaliers et leurs parapets ornés de tous « côtés du même travail. Cet ambon fut construit par « l’archevêque saint Agnellus, dont on y lit la mémoire,
« Servus Christi Agnellus episcopus hune pyrgum « fecit. C’est un de ces pulpiti dont on se servait an- « ciennement pour chanter les épltres et évangiles,
« comme nous l’avons vu pour Saint- Apollinaire-le- « N euf et comme le prouve sa situation dans l’enceinte « du chœur antique qui se trouve dans la partie infé- « rieure de la nef du milieu, selon l’usage des vieilles « basiliques et de la façon qu’on voit encore à Saint- « Clément de Rome. Ce chœur était entièrement « fermé par de grandes tables de marbre qui existent « encore en partie. (Questo choro era tutto serrato (( da tavole grandi di marmoche anche adesso vi sono « in parte con moite piccole colonne.) » Les chapiteaux de ces colonnettes, selon le témoignage de Ambrogio, général des Camaldules1, étaient richement couverts de lames d’argent.
On voit d’après ce passage que l’ambon était dans la nef, mais enfermé dans le chœur central, ou, comme on l’appelait, le chœur inférieur.
M. Ricci ne doute pas que l'autel et l’ambon ne fussent au milieu de la cathédrale, ainsi que l’indique une gravure de Buonamici et une autre que l’on conserve dans la bibliothèque de Ravenne 2. Nous traduisons, après celle de Fabri, la description que nous en donne Buonamici : « Je ne doute pas que l’église « n’ait été consacrée au service divin et à la célébration « des saints mystères. Laissant donc ses extrémités au <( bruit des tribunaux, on avait recueilli au centre le « chœur, l’autel et le pulpito. Le chœur disposé en « guise decouronne environnaitl’autel, et de côté s’é- « levait le pulpito appelé ambone. Quant à l’emplacea ment de ce chœur, on en retrouvait encore de nos « jours des traces entre les colonnes de la grande nef, « que le chevalier Buonamici a dessinées et gravées « dans les dessins de la vieille basilique. C’était une « vaste enceinte de grandes dalles de marbre grec, « toutes ornées de figures variées et entremêlées de « colonnes équarries en marbre avec chapiteaux « couverts d’argent 3. » (P. 77.)