‹ La messe (volume 2)Chapitre 183 sur 245 · Rational (Trad. de Ch. Barthélemy, I, xvm · texte numérisé non relu

Rational (Trad. de Ch. Barthélemy, I, xvm

« sent pour chanter en commun, où la multitude du « peuple se rassemble pour assister aux saints « mystères. Le chœur (chorus) a pris son nom de « chorea (danse) ou de corona (couronne). En effet « autrefois les clercs se tenaient debout autour des « autels en forme de couronne et chantaient ainsi sur « le même ton les psaumes ; mais Flavianus et Théo- « dorus établirent qu’ils chanteraient ou psalmodi- « raient alternativement, étant instruits par Ignace, « qui sur cela avait d’abord été instruit de Dieu.

« Donc les deux chœurs de chanteurs désignent les « anges et les esprits des justes qui louent Dieu avec « une volonté réciproque et qui s’exhortent mutuelle- « ment entre eux à faire le bien. Les uns tirent le « mot (chorus) chœur de concordia, la concorde ou « mieux l’accord qui consiste et qui existe dans la « charité, car celui qui n’a pas de charité ne peut « pas chanter convenablement... Lorsqu’un seul « clerc chante, cela s’appelle en grec monodie et en « latin ticinium, et lorsque deux clercs chantent en- « semble on appelle cela hicinium ; enfin quand les « chanteurs sont en grand nombre on appelle leur « mélodie unanime chorus. »

Dans les chapelles cimétériales qui sont si étroites, il y était difficile d'établir les précinctions qui partagent les grandes basiliques, cependant nous y avons observé la présence de chancels autour du chœur. Dans les cimetières à air libre nous^avons vu à propos de l’iconographie de la messe, que l’office avait lieu

CHŒURS

dans un chœur isolé et garni de trois absides ; cette disposition trichorale subsista dans les basiliques constantiniennes, comme à Saints-Pierre-et-Marcellin, celle du pape Damase, de Sainte-Symphorose, de Tébessa, de Saint-Félix de Noie, etc.

Du manque de monuments originels, nous aurions tort de conclure que les chœurs n’ont pas toujours existé dans l’église. Il semble que saint Jean pour rendre en paroles humaines ses visions de l’Apocalypse rappelle une basilique comme il en avait sous les yeux lorsqu’il se sert de cette comparaison pour décrire le ciel. Il se suppose placé dans la nef et regarde le presbyterium par la porte ouverte qui est celle du chancel : « et ecce ostium aperlum vidi 1 ». Il aperçoit d’abord le trône épiscopal, « et ecce sedes posita est in cœlo », ce trône est accompagné des animaux évangéliques comme nous en avons des exemples dans la suite ; autour de ce trône s’étend le banc presbytéral sur lequel sont assis, comme le clergé de la primitive Église, les vingt-quatre vieillards vêtus de robes blanches : « et in circuitu sedis sediliaviginti quatuor 2» . Sur le sol du presbyterium s’étend une mosaïque aux ondulations cristallines qui rappellent les flots de la mer : « et in conspectu sedis tanquam mare vitreum simile crystallo ». Devant le trône, précisément comme dans les basiliques, s’élève l’autel d’or « altare aureum quod est ante thronum Dei3 ». Le thuriféraire vient, s’arrête et l’environne de la fumée d’encens ;

« angélus venit et stetit ante altare habens thuribulum aureum ». Sous l’autel est la confession oùreposentles reliques des martyrs égorgés pour la foi : « vidi subtus altare animas inlerfectorum propter verbum Dei 4 * ». Voici les sept chandeliers dont parle l’ordre romain et qui se plaçaient devant l’autel : « et conversus vidiseptumcandelabra aurea 5 ». Lesanges, comme les diacres dans la basilique, vaquent au service de l’église. Les chants du Gloria, l’ Alléluia, l’Amen retentissent au milieu d’une foule innombrable 6. Ne peut-on voir dans ces différents traits l’image d’une église primitive et de son chœur ?

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