‹ La messe (volume 2)Chapitre 187 sur 245 · Quæst. xxxvii, ad lAntiocb · texte numérisé non relu

Quæst. xxxvii, ad lAntiocb

CHŒURS

que Notre-Seigneur de sa croix regardait l’occident; de cette sorte ses adorateurs en se tournant vers l’orient se tournent aussi vers lui. Palladius (ive siècle) rapporte que l’abbé Elpidius avait habité pendant vingt-cinq ans, une grotte au sommet d’une montagne et ne regarda jamais l’occident, tant il était fidèle au rite de prier vers l’orient. Un jeune homme, sur le point d’être pendu, demandait aux gardes de lui tourner le visage vers l’orient pour qu'il put y jeter ses derniers regards. Les Grecs ont conservé la coutume de tourner les catéchumènes la facedu côtéde l’orient parce que, dit Lactance, l’orient est le symbole de Dieu et l’occident celui du démon.

11 y a deux manières d’orientation, la première qui consiste à tourner le narthex vers l’est, la seconde la tribune. — Sans qu’on puisse établir de règle absolue devant les monuments qui nous restent, on peut dire d’une façon générale que la première a été observée chez les Grecs jusqu'au milieu du vi° siècle, chez les Latins jusqu’à la fin du vin*.

i° Saint-Pierre et Saint-Jean-de-Latran à Rome, par exemple, ont leur entrée du côté du levant. — Saint Paulin nous dit qu’en ne tournant pas l’entrée de la basilique à l’orient il dérogeait à l’usage ordinaire.

Eusèbe 1 en décrivant la célèbre église de Tyr construite en 315, entre dans ce détail : « Le vesti- « bule de ce temple grand et élevé, se trouve exposé « avec ses portes aux rayons du soleil levant. » — Socrate (v° siècle) confirme cette règle en rapportant que « contrairement à toutes les autres églises celle d’Antioche en Syrie ainsi que son autel 2 regardait l’occident ».

Dans ce système, c’est par l’oculus et les fenêtres de la façade, regardant l’est, que le prêtre tournait les yeux vers le Paradis terrestre ; car tout ce qui est au delà de la porte de l’église, l’atrium, le narthex, représente, d’après Syméon de Thessalonique, la création de la terre. Aussi les Grecs, d’après le môme auteur, chantant l’office divin dans le narthex devant les portes fermées entendent signifier par là que nous sommes exclus du Paradis.

Isidore de Séville (-J- 636) exprime clairement la disposition : « Des quatre parties d’un temple, dit-il,

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