‹ La messe (volume 2)Chapitre 189 sur 245 · ABSIDES · texte numérisé non relu

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l’Évangile cornu sinislrum. Il devenait difficile d’observer dans la dédicace des églises les rubriques relatives à la formation des croix sur la pierre de l’autel, et surtout pour tracer en croix l’alphabet grec et latin sur le pavé de l’église. Le prêtre, si on comprenait l’autel dans ce changement, était obligé de se retourner pour parler aux fidèles.

Il y avait aussi inconvénient qu’on commençât à chanter l’Évangile vers le midi ; dans les églises où on a voulu conserver l’ancien usage de chanter vers le nord, on est allé jusqu’à placer l’ambon de l’Évangile du côté de l’Épître et celui de l’Épître du côté de l’Évangile. Malgré ces inconvénients le nouveau mode finit par prévaloir, surtout à partir du xie siècle.

Il est clair que nous ne parlons ici que du maîtreautel et que pour les autels secondaires, qui se multiplièrent tellement, l'orientation était plus libre. C’est une thèse que soutint le savant moine de Fulda, Walafride Strabon (f 845. j

Malgré la variation survenue ainsi dans la construction des églises le principe n’en fut pas moins maintenu comme on peut s’en convaincre par les écrits d’Amalarius, d’Alcuin, d’Honorius d’Autun, etc. — Une charmante légende de saint Dunstan nous prouve combien l’orientation était en honneur en Angleterre au x° siècle ; elle nous montre ce Saint pendant la consécration d’une église s’apercevant qu’elle n’était pas orientée, et la poussant de l'épaule, ce qui lui rendit miraculeusement sa position liturgique L

Parmi les églises qui conservèrent leur ancienne orientation nous trouvons, à la fin du xii' siècle, l’église collégiale de Saint-Benoît à Paris ; les chanoines voulurent obliger le chapelain paroissial, contrairement à ce qu’il avait pu faire jusque-là, de célébrer les offices de la paroisse à l’autel de leur église, qui était encore unique, et d’en ériger un autre pour ses offices dans l’un ou l’autre coin de l’église. On l’avait appelé Saint-Benoîl-maltourné, et après sa reconstruction sous François Ior et la nouvelle orientation, Saint-Benoit-le-retourné .

Dans le long enchaînement de la tradition catho-

1. Apud Magaveldam ligneam ecclesiam fabricavit, (Saint Dunstan) quam ipsemet dedicans, dum ex more circumiret et eam ad æquinostialem solis ortum minime versam perciperet, fertur quod trnnsiens humero suo illam ali quantulum pressit, moxque mutatam à proprio statu in medium orientis tramitem pro voto convertit. ( Chron . du xti® siècle , Ann. bénéd., VII, 705.)

lique aucun siècle n’oublia le principe symbolique de l’orientation des églises, d’abord sous la forme primitive, puis sous la seconde que nous venons d’examiner, quelquefois sous les deux formes ensemble.

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